CHAPITRE XVIII
flatteries, l'excommunication reste à l'église.
— Arrière, démon !
Et il se signa .
— Vous me faites pitié , termina en souriant la comtesse.
— Et vous horreur, murmura le prêtre.
Et dans le dernier coup d'œil de leur adieu
réciproque il y avait évidemment l'échange de ces paroles :
— Je vous maudis.
— Je vous méprise .
Tant que l'infortunée comtesse avait été dans le paroxisme de son irritation et en présence de l'ennemi , elle s'était sentie supérieure , parce qu'elle avait la conscience d'être plus religieuse que le prêtre. Mais rendue à la solitude , elle s'accusa et elle pleura . Car malgré les déviations de sa révolte et le but où l'avait conduite la pente d'un malheur qui touchait à la démence , elle était partie pour croire. Elle était si avide de secours et avait besoin de tant d'appui ! elle se sentait si isolée
sur cette route déserte, au milieu de cette vie qu'il lui fallait parcourir sans être aimée. Elle ne doutait plus de l'existence de Dieu ; elle était sincère dans sa confiance en l'immuable justice de ses fins ; mais elle ne comprenait pas encore , selon les étroites capacités de Tattention humaine , que le maître de tout pût s'occuper des moindres détails de sa moindre créature . Elle le supposait insensible aux souffrances privées de tant d'êtres qui suivent une destinée générale . Or, il fallait à sa faiblesse de tous les momens une providence plus spéciale . Elle appelait des secours intermédiaires. Enfant gâté qu'elle avait été toujours, elle n'était pas satisfaite d'être rentrée sous la protection universelle. En accueillant Texistence de la Vierge et des saints comme une idée poétique , elle avait désiré faire passer ce doux rêve à l'état de croyance ; c'est pour cela qu'elle avait frappé aux portes du catholicisme si brusquement fermées à son approche, |:>eut-être par sa faute et les dispositions de son esprit rebelle.