‹ Léo (volume 2)Chapitre 162 sur 174 · CHAPITRE XX. Zb · texte numérisé non relu

CHAPITRE XX. Zb

— Nous aurons du renfort! interrompit Fontaine se glissant à son tour dans le conseil de guerre. J'embrigade deux piëmontais qui ne sont point cousins des gendarmes . Mais le chemin qu'il faudra percer n'est pas pratiquable, Madame, à tout le monde. Ni vous ni l'enfant ne pouvez penser à le suivre . Il faudra , avec un guide et des mules, gagner la ville par leur prétendue grand'route. Nous vous donnerons rendez-vous au bas de la montagne. Vous serez attendue là près d'un chalet , où se fabrique de la térébenthine , par la femme d'un de nos chasseurs de chamois . Elle va être prévenue : son filleul redescend . Vous trouverez ce guide-là sur la route même au pied d'une croix et vous n'aurez qu'à dire : Est-ce là la Croix de bon secours ?

Eve sourit à la proposition seule de déserter un danger et ne prit pas même la peine de répondre, tant elle sentait croissante en elle la force et l'énergie du flambeau qui s éteint.

Nos voyageurs prirent sans retard les devans et allèrent attendre l'escorte dans un lieu

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assez propice , à Tangle même du chemin de passe, embusqués sous une voûte de granit creusée en arche de pont. Un reste de feu abandonné par des pâtres aida un peu à supporter l'inclémence des Alpes . Léo cherchait du cristal de roche. Les milans passaient avec des cris au dessus de leurs têtes ; et la comtesse regardait dans ce morne paysage quelques longues perches enfoncées par intervalles dans les neiges pour indiquer le bord des précipices. Elle s'était assise au pied d'un genévrier qui depuis le printemps n'avait pas entendu le clairon du réveil. — Mort comme mon cœur, se disait-elle ; il est dans la forêt ainsi que moi-même au milieu de mes frères vivans. Et elle écoutait Técho des avalanches précipitées au loin. Le temps était à la tourmente. Une nuit factice vint couper en deux cette journée d'hiver. Les superstitieux dauphinois qui formaient l'escorte , s'avancèrent enfin , mi-partie soldats , mi-partie gardes nationaux. Us psalmodiaient des noëls ou se racontaient de miraculeuses légendes,

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