CHAPITRE XX
— 11 VOUS faut maintenant l'honneur .
Arnold , vous serez réhabilité . Mon testament renferme une déposition plus ample, plus irrécusable : ce procès inique sera revisé . Il est un lieu d'où ne descend jamais le mensonge, demain ma voix sera entendue.
— Je tiens de vous Léo , la liberté, l'espoir..
— Et morte , j'aurai encore un trésor à vous rendre : une patrie . Ne dois-je pas aussi à la France de replacer dans son sein un homme digne de l'honorer? Aimez la gloire, Arnold, et que la France vous aime : deux rivales , les seules dont mon cœur n'eût point ete jaloux. •uM.ui ^uu ^ aun.ijjiif, /i-jj'n,- —
— Enfin , goûtez la paix , Madame, vous qui avez tout souffert !
— J'ai blessé le monde par des fautes . Je ne sais tout ce qu'il demanderait en expiation ; mais là -haut on accepte les larmes et je crains Dieu moins que les hommes . Allez , il n'y aura point pour moi d'enfer dans l'autre vie , j'ai dans la première , épuisé toutes ses tortures .
372 I>B raONT GBNÈVRE.
— Nous abandonner au port !
— Je ne saurais que retarder votre fuite . Je ne puis que vous laisser mon ame , et je vous la laisse : voilà Léo.
— Léo privé d'une mère !
— Ne pouvons-nous rien pour lui?, dit Eve , solennellement et timidement à la fois.
Arnold hésita à répondre .
— Je vais donc le dire, reprit-elle , car le temps presse . Notre devoir est d'assurer à l'orphelin un état. Ne se peut-il que par un contrat , légitime enfin , ses deux auteurs le reconnaissent?
— Jeter, Madame , aux mains de cet enfant une fortune...
— ..illicite, je le sais. Rassurez - vous , soupira la résignée.
— Les biens du comte n'appartiennent qu'à la fille naturelle que vous lui connaissez .
— Et j'ai détruit ce dernier obstacle , afin que vous osiez rendre sa mère à votre enfant.
— Ainsi...
-— Vous pouvez m'épouser, je suis pauvre.