CHAPITRE XIV
ques tableaux d'église, et j'ai traversé la France, défrayé par mes pinceaux.
— Eh ! merci , merci , interrompit en ce moment Léo , se débattant doucement contre les attentions d'une personne qui , debout derrière lui pendant qu'il soufflait sa soupe, voulait lui attacher au cou une serviette et lui couper son pain par petits morceaux.
Arnold leva les yeux sur l'officieuse personne et demeura frappé de la beauté naïve d'une jeune paysanne de seize ans.
— Ce petit garçon-là est donc à vous? dit Avenel.
— Et cette jeune fille? demanda le peintre.
— Ma nièce. C'est Hélène : c'était l'espoir de ma pauvre sœur. Ah! je vous conterai bien des choses!
— Mais je ne veux pas, continua Léo.
— Monsieur, vous êtes fort dégoûté et bien ingrat , dit le jeune père : remerciez plutôt de la bonté et de la grâce qu'on meta vous aider. Qu'est-ce que je vois donc ? on vous a mis sur la tête une toque de velours à la façon du
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couvent abandonné. Autour de lui l'atmosphère était tiède et parfumée, des tapis couvraient les planchers sans intervalle , le marcher était doux et égal sous ses pas , les rideaux descendaient amples et drapés, des bourrelets frileux enveloppaient chaque porte roulant sans bruit sur ses gonds faciles. Il ne rendit justice ni aux glaces partout claires , ni aux vitres uniformément transparentes. Il fut ingrat à tout ce bien être, détails minutieusement essentiels , indicibles riens qui constituent l'intelligence de la vie , donnent la paix des idées , et exhalent la senteur de cette distinction d'habitudes , aristocratie indétrônée qui appartient encore h un seul monde tout spécial.
Le jour n'avait pas reparu qu'Arnold était déjà debout. Il avait été reconnaître le parc entier, étudier de nouveau l'orientation du corps de logis qui renfermerait ses chefsd'œuvre , et réveiller Avenel afin d'obtenir les brosses , les échelles , les instructions écrites , les provisions de couleur et tout