‹ Léo (volume 2)Chapitre 61 sur 174 · CHAPITRE XV · texte numérisé non relu

CHAPITRE XV

dication d'un hôtel à Blois, en ajoutant : pour Avenel.

— Et ma bonne Hélène? murmurait Léo.

— Tu vois bien que nulle ame n'a paru dans œtte maison : leurs portes sont fermées, les persiennes même immobiles. La maison est déserte, c'est un autre asile qu'il nous faut chercher. Chassé ! se répétait-il à lui-même, moi et cet enfant.

Alors il prit par la main le pauvre compagnon et descendit reprendre la vaste et libre route qui poudroyait déjà au loin sous le premier rayon du soleil .

La comtesse était si irritée, si malheureuse peut-être d'avoir cédé à l'impérieux emportement de son caractère, qu'elle partit aussi immédiatement par un autre chemin. Volontairement privée de ces deux êtres, ne pouvant vivre avec eux ni sans eux, elle avait hâte de rentrer dans son hôtel et de se venger sur son mari des torts que lui avait fait commettre envers Arnold l'injustice d'un soupçon qu'elle n'avait jamais le droit d'avoir.

146 A PjiRIS.

Sa mère la trouva maladive et changée.

Eve était loin de vouloir ouvrir son ame à personne et particulièrement à cette femme, la première cause du sort affreux contre lequel elle se débattait. Elle ne lui dit point de quel lieu elle revenait, de quelle vie de geôlier et de captive elle avait été à la fois victime. Mais comment lui cacher les traces de ses chagrins déjà longs, et la poignante et récente angoisse qui redoublait en ce moment son supplice! La jalousie peut-elle se dissimuler plus que l'amour ?

La baronne d'Alviane brûlait de regagner à tout prix l'affection de sa fille, du moins sa confiance. Elle voulait lui redevenir utile, si ce n'est chère ; la servir, fût-ce par un crime, plutôt que la voir s'éloigner d'elle et sentir sa vieillesse étrangère à l'avenir de celle pour qui elle croyait avoir tant fait , et conquis le bonheur par la fortune.

Il était échappé une fois à la jeune femme de s'indigner devant sa mère de l'obstacle à son bonheur. Elle avait osé lui demander à

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