‹ Léo (volume 2)Chapitre 70 sur 174 · CHAPITRE XV · texte numérisé non relu

CHAPITRE XV

héritier, défendez-le ! retrouvez-le, Monsieur, au péril de votre vie ! rendez-moi mon enfant ! Puis vous m'avez déclaré peu de jours après que cette alerte était une épreuve essayée sur ma tendresse ; que vous aviez envoyé vous-même Daniel auxeauxdeLouesch (ce qui par parenthèse était une fiction) et aujourd'hui vous vous irritez de nos démarches? vous vous défendez de retrouver l'orphelin ? C'est un abîme de contradictions, je le répète. Que signifient tous ces mystères ? Seriez-vous complice du ravisseur?.

— Eh! Monsieur, si l'homme innocent qu'on soupçonne et qu'on persécute ici, était, dit Eve, non pas coupable d'enlever votre héritier, mais assez résolu, assez puissant par sa volonté seule pour avoir reconquis un trésor qui lui appartient , son bien par le droit naturel, son sang., oseriez- vous le dénoncer ? oseriez-vous le faire punir?

— Certes.

— Et., quelles peines lui feraient encourir vos lois ?

t(T8 A PARIS.

— Je croyais vous l'avoir déjà dit, Madame : dix ans de travaux forcés .

— Dix ans ! . Un être généreux et noble , un ange tomberait au bagne! Le martyr d'un dévouement sublime et d'un si pur amour... Ah! Monsieur, à quoi vous exposez-vous en prêtant la main à ce crime? Est-ce à de si puériles recherches , à de si mensongers renseignemens que vous perdez le temps et le pouvoir. Messieurs?

— Comment, dit le comte, recouvrer une part de sa famille...

— Vous, magistrat qui appartenez aux intérêts publics avant tout, membre du premier corps de l'état, auteur des lois, fraction de la pairie, vous menacez des enfans et des femmes ! Et à quoi détourne-t-on la toute et exorbitante puissance de la police ? Est-ce qu'il n'y a pas en France des soins qui vous soient plus exclusivement réservés? le peuple à armer contre le peuple? Courez donc! Vous voyez bien que la paix publique devient une calamité tous les jours: soutenez donc par une

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