‹ Léo (volume 2)Chapitre 72 sur 174 · CHAPITRE XV. 17 t · texte numérisé non relu

CHAPITRE XV. 17 t

core accompagné d'un orphelin : et cet enfant..

— Qui vous dit qu'il fût le vôtre ?

: — C'était Daniel, Madame.

— Après .

— Résolument devenez-vous folle^?

— Il y aurait de quoi peut-être, dit la comtesse. Mais l'horrible action de livrer à la justice un homme qui a été votre hôte, vous ne l'avez pas conçue.

— Pardonnez-moi.

— Vous ne l'accomplirez point.

— Pourquoi donc?

— Pourquoi? parce que j'ai un secret à vous dire, Monsieur, avoua Eve en changeant le ton de sa voix tout à coup tremblante et baissée.

— On n'attend , Madame , pour formuler la plainte , établir l'identité et expédier un mandat d'arrêt , que ma simple signature.

— Et vous ne la donnerez pas. Tenez, Monsieur, le jour est venu de parler : Voulez-vous assurer la paix entre nous, cimenter un pacte immuable ? Je vous dois un aveu , et après laissez-moi partir. Ne touchez ni au protec-

leur ni à l'enfant , jamais vous n'entendrez parler de la mère.

— Comment cela ferait-il mon compte?

dit froidement le sénateur. J'ai des droits sur vous, Madame.

— Les lois qui vous les donnent sont injustes.

— Sur Daniel.

— Aucun.

— Comment !

— Vous me forcez donc à cet aveu ?

— Eh parlez !

— Eh bien , Monsieur, cet enfant...

— Achevez donc.

— N'est pas le vôtre.

— La belle nouvelle !

Et qu'en savez- vous vous-même '/reprit ironiquement le comte.

Depuis long-temps le comte soupçonnait cette vérité, et sa philosophie ne s'en troublait guère parce que son ambition n'avait point à s'en inquiéter.

— Ce que vous hasardez-là , poursuivit - il ,

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