‹ Léo (volume 2)Chapitre 74 sur 174 · CHAPITRE XV · texte numérisé non relu

CHAPITRE XV

sortez de la question. Vous vous méprenez sur la signification des mots , la valeur des choses , l'autorité enfermée dans la validité d'un acte authentique. La loi attribue Daniel à votre mari.

— Je réclamerai , Monsieur.

— Pourquoi faire ?

— Pour rendre hommage à la vérité d'abord , et ensuite faire valoir mes droits.

— Il n-y a point de droits contre la loi , Madame.

— Je confesserai tout aux juges.

— Ils n'auront à examiner que l'exécution des formalités. Et comment Daniel ne seraitil pas mon fils, s'il vous plaît? Toutes les conditions de l'état civil établissent ce fait .

— Il doit le jour à un autre.

— Ce n'est pas là une raison , ce n'est qu'une infamie . Comment ! suffirait-il de procréer au hasard un enfant pour qu'il fût à vous? Mais c'est l'état sauvage, Madame. Nos Codes ont bien une autre prévoyance, et sont plus protecteurs ! Il ferait beau voir

qu'on pût explorer de pareils mystères? mais il n'y aurait de sécurité pour personne : on troublerait des milliers de familles !

— Mais la nature, Monsieur, a disposé la première.

— Un décret de germinal an 7, Madame , a disposé plus récemment que la nature.

— Mais si un autre m'avait rendue mère et qu'il vînt réclamer ses droits , qu'auriezvous à lui opposer ?

— L'article 35 du Code. « L'enfant conçu pendant le mariage a pour père le mari . » Voulez-vous vérifier le texte?

— Eh bien! l'enfant. Monsieur, a été conçu., avant le mariage.

— Qu'est-ce qui le constate ?

— Sa naissance.

— Sa naissance a eu lieu, dit le comte, sept mois après notre acte important .

— Eh bien? .

— Eh bien ! ce terme n'a rien qui contrarie les régularités , et que la loi n'admette comme légitime. L'enfant n'est venu au monde

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