‹ Léo (volume 2)Chapitre 80 sur 174 · CHAPITRE ZV · texte numérisé non relu

CHAPITRE ZV

— Nommez donc le coupable!

— Je n'ai rien à répondre.

— Vous m'avez conseillé tout à l'heure de réfléchir, Madame : je vous donne à mon tour le même et charitable avis. Si jamais... — Qui vient nous interrompre ? — • .. le complot nouveau dont vous venez de me faire part avait un commencement d'exécution... — -On insiste : Qui est là ? Entrez !

— Monsieur le Comte , dit un homme de confiance qui avait apparemment reçu de lui une instruction récente , c'est quelqu'un de la part de son excellence.

— Quelle excellence?. Je croyais, dit monsieur d'Hacmon qui voulait faire l'esprit dégagé et présent, qu'il n'était permis de parler désormais que de l'excellence des pâtés et des dindons du Perrigord. C'est peut-être un messager d'état. Qu'il entre ! Madame le permet.

Et il se glissa dans le boudoir un personnage qui tenait du militaire et du valet tout à la fois. A la vue de la comtesse , il parut embar-

rassé ; mais le maître de la maison qui avait som'i en le reconnaissant s'avança au devant de lui avec une politesse affectée.

— Monsieur le chevalier Gerliez ! dit-il : mon ami , notre ami , Madame , que je vous présente : c'est un homme précieux et un cœur rare. Il a pris à notre perte un intérêt tout dévoué ; lui nous servira enfin spécialement et mieux que personne. Il sait quelle est la force des sentimens qui animent une mère , et il exaucera nos vœux. Chevalier, voici la mère à qui vous allez rendre son fils.

Eve se leva.

— Je tâcherai , madame la Comtesse , dit l'officieux agent, de me rendre digne de l'estime qu'on me témoigne et de la délicate mission qui m'est confiée. Je tiendrai la promesse qu'on vous fait , j'y mets mon honneur.

Eve avait déjà quitté la place; mais elle n'avait pu sans répondre s'empêcher de laisser tomber un regard sur ce personnage.

Elle le trouva terne et sinistre, malgré son urbanité. Il la fit trembler d'un impercepti-

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