CHAPITRE XVI
parole , elle rejeta sa tête du côté de l'hôtesse qui lui tenait les deux mains.
— • Gerliez ! prononça- t-elle avec épouvante.
— -J'ai mal fait, pensa le chevalier Gerliez, de ne m'être pas caché derrière les rideaux avant qu'elle reprît connaissance. J 'aurais appris peut-être ce que je veux savoir, dans les premières questions qu'elle n'eût pas manqué de faire.
Ce Gerliez , émissaire du comte et chargé par lui sous l'autorisation de la police , de la tâche importante de retrouver le fils, d'arrêter le ravisseur et subsidiairement de donner des nouvelles de la comtesse s'il venait à la rencontrer, était comme on a dû le prévoir, un homme trop expérimenté pour s'arrêter à faire des demandes insidieuses et à tendre un piège à la comtesse sur ce qu'elle pouvait savoir de la destinée d'Arnold. Il suffisait à l'explorateur de sa certitude acquise de la présence immédiate dans l'auberge du voyageur traqué pour espérer qu'il ne perdrait
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plus ses traces et l'aurait bientôt en sa puissance. Il ne différa donc pas une heure d'envoyer à sa poursuite , et par deux routes différentes, les deux aides qu'il s'était adjoints. Pour lui-même il se réserva, comme étant le rôle le plus digne de sa croix d'honneur et le moins périlleux à jouer, la mission de reconduire à Paris l'épouse errante et de la réintégrer au domicile conjugal.
• — Madame, lui dit-il, après l'effet d'une bienfaisante saignée et quand un appareil eut déjà convenablement cicatrisé le beau front, nous "nous ennuyons, n'est-ce pas, tous deux dans cette auberge de campagne ?
— Qu'y a-t-il de commun entre vous et moi , Monsieur !
— ■ L'émulation de plaire à M. le comte, Madame. Je me félicite du hasard qui m'a amené dans un gîte où je vois qu'il manque les choses les plus nécessaires à votre retour.
— Qu'est-ce ?
Des gens , un équipage par exemple , et une volonté bien précise . Je suis heureux de poirvoir vous procurer tout cela...