CHAPITRE VII
mation si inattendue, elle en avait senti l'intime justice et le terrible droit.
— Vous n'avez rien à prétendre ici, ajoutât-elle avec une grâce nouvelle... que d'être mon maître et mon Dieu. Quanta cet enfant...
— Il n'est donc pas le mien?
— Ingrat!
— Eh bien , ne cherchez plus à élever une résistance qui se brisera contre ma volonté, je vous en avertis. Entendons-nous plutôt afin d'adoucir ce que mon devoir a de rigoureux pour vous. Épargnons-nous des peines réciproques , Madame ; et surtout gardons de punir l'innocent, par des adieux trop pénibles, de l'usurpation que vous lui avez fait commettre , du rôle révoltant qu'on lui prépare dans cette maison étrangère.
— Parlez-vous sérieusement?... mon Dieu !
— Aidez-moi, Madame, aie faire disparaître sans bruit de ce château.
— Que dirait le comte !
Arnold sourit.
— Pourvu , ajouta-t-il , que nous conibi»
nions une fable telle que vous ne laissiez pas croire à cet homme qu'il puisse jamais revoir mon fils, je ne vous priverai d'aucune consolation. Je vous garderai le bonheur d'être informée de son sort et de l'entrevoir quelquefois, tant que vous ne lui révélerez pasle secret de sa mère.
— Insolent ! dit la comtesse.
— Vous avez préféré la richesse à tous les biens du monde : gardez la condition que vous vous êtes faite, Madame.
— C'est mon sang !
— C'est le mien.
— Je lui ai conquis la fortune.
— Moi, je lui garantirai l'honneur.
— Allons, Arnold, vous ne pouvez pas exécuter une telle folie. Je suis insensée de m'épouvanter de vos menaces. Vous vouliez m'éprouver, n'est-ce pas? Ah! c'est une plaisanterie affreuse, ajoutait-elle en essayant un sourire sur des lèvres violettes. Ce n'est pas vous, d'ailleurs, sans puissance et sans fortune, qui auriez le droit de violer les domiciles et d a-