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CHAPITRE VU. IZA

Un valet de chambre, puis un cocher, puis un garde-chasse parurent à l'instant, attirés par le bruit qui avait été fait, La comtesse était tombée d'effroi sur un fauteuil : elle releva alors arrogamment la tête, et murmura :

— Je suis sauvée !

Mais Arnold contint tout le monde par la puissance seule et l'ascendant de son regard. Armé de la clef du parc, qui reposait dans sa main droite entre ses bras croisés, il tint les mercenaires a la distance respectueuse qu'impose un pistolet entre des mains résolues.

— Braves gens! dit-il, on vous a réveillés à tort. Madame vous dira qu'elle se repent de son caprice. Je m'abstiendrai d'en expliquer la cause. Je sortirai d'ici sans votre aide. Allez, regagnez paisiblement vos lits; mais je laisse à chacun de vous, en témoignage de ma satisfaction pour votre zèle envers la comtesse et votre dévouement pour l'honneur de sa Seigneurie, dix francs pour chacun , à prendre sur ce double napoléon.

11 dé|»lia une \)U'cc d'oi", soigneusement

234 VA STATOB.

conservée dans un papier de soie, au fond de sa bourse , et ajouta :

— Distribuez-leur , Madame , cette faible largesse.

Puis posant les quarante francs sur les genoux tremblans d'Eve, il acheva d'une voix un peu plus basse :

— C'est le prix de leur discrétion, de leur silence où vous êtes intéressée. Acquittez s'il vous plail ma dette : le reste sera pour vous.

Personne n'osa le suivre : et en s'éloignant le front empreint de colère et de menace , il ajouta :

— Et au revoir !

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Mais il comprit bientôt, l'inconséquent jeune homme, dès qu'il retrouva le calme de sa retraite et eut reçu les conseils d'une nuit entière, qu'il venait d'échouer pour jamais dans ses moyens de persuasion sur l'esprit de la mère. Elle devait veiller désormais, crain-

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