CHAPITRE I
chapeau de paille » enfin, comme il la désigna dans sa pensée tout-a-coup , par allusion à un des tableaux de Rubens, une des plus vivantes toiles que la main de l'homme ait fait respirer. En résumant dans sa mémoire tout ce qu'il avait gardé de cette image , il la compléta dans son ensemble , et, chose rare , il la trouva plus satisfaisante. Pour l'errante personne , elle attachait sur l'artiste une autre sorte d'observation. Il y avait dans ses yeux de l'étonnement, puis comme un vague effort à chercher dans le passé des souvenirs confus : on eût dit qu'elle tâchait de ressaisir une impression déjà ancienne, quelque physionomie autrefois observée ; mais il était visible aussi, par sa surprise même et presque son saisissement, que c'était le premier moment de la journée où elle eût appliqué cette attention sur Arnold.
Elle parut hésiter alors dans sa marche , elle baissa les yeux ; et le jeune homme, qui crut l'avoir vue rougir, laissa traverser à son cerveau une pensée, une fatuité vague qui
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n'est pas toujours étrangère aux conquérans d'ateliers.
Alors le chapeau de paille partit de l'angle de l'allée Jean- Goujon, et traversa le Carréde-Marigny, pour aller ressortir au quai de la Conférence.
Cette fois, Arnold n'obéissait plus à une simple chance du hasard ; il s'attachait h l'inconnue. 11 était évident qu'elle avançait au gré de sa subite rêverie ; car il n'y avait en elle ni cette égalité de pas , ni cette fixité de regards qui sont deux symptômes de volonté précise. Son front devenait soucieux, son œil s'était demi-voilé, et peut-être, à l'exception de tous les objets qui se présentaient directement à elle, le seul qu'elle observât bien, était le cavalier qui l'escortait en arrière ; car rien n'égale chez une femme la justesse et la portée de son regard., oblique.
Cependant quand le chemin arriva à son terme, c'est-à-dire devant un parapet sans issue et un miroir d'eau étincelant de soleil , la voyageuse parut embarrassée. Remontera-