‹ LéoChapitre 118 sur 157 · CHAPITRE VIII · texte numérisé non relu

CHAPITRE VIII

— Nous sommes seuls , dit l'artiste eu allant fermer la porte. Je veux bien ne point disputer sur la vérité d'un fait : d'abord l^arce que le mensonge est étranger à mon caractère et ensuite parce que mon aveu rapporté à la mère la rassurera pleinement sur ce pauvre demi-orphelin ; mais comprenez que je nierais tout devant un tiers, et que vous n'auriez rien à gagner à une telle franchise: cette vertu, je la professe pour mon compte.

— J'estime cette candeur-là, dit hypocritement la baronne. Abordons les choses sans détours , et confiez-moi quelles sont vos prétentions.

— Je n'en ai qu'une , Madame : celle de remplir un devoir.

— J'aime les jeunes gens , renchérit la vieille femme : ils m'intéressent, ils ont des idées... qui n'ont pas le sens commun toujours., mais qui sont chevaleresques et hardies. Je suis faite pour comprendre ce caractère. Qu'est-ce que vous appelez votre devoir?

— Ne pas laisser élever par des étrangers l'être qui m'appartient, puisque vous savez tout.

— Ces étrangers, Monsieur, sont ses parens, ses protecteurs naturels. La tendresse de la mère et la position du mari répondent assez, je crois, de l'avenir, et le garantissent au delà de tout ce que peut désirer pour lui votre sollicitude.

— Je ne serai pas complice.

— Vous deviendrez victime !

— La conscience m'absout.

— Les lois vous condamneront. Enfin, Monsieur, vous avez dérobé un enfant...

— Je l'ai recouvré. C'est la mère qui l'avait volé : c'est vous, ce sont vos conseils qui ont fait accomplir ce sacrilège !

— En fûtes-vous si malheureux? osez vous plaindre ! — Ne nous emportons pas , Monsieur.

— Volontiers. Pourvu qu'on me laisse en paix possesseur, je ne poursuivrai point les remords des autres. Je ne demande qu'à

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