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CHAPITRE IX

16 juillet.

Quand je crois déjà dans mon sein sentir un faible appel qui me bouleverse de joie, estce ma fortune que je porte? me dis-je. Doisje couver ce germe pour en faire ëclore de l'or et des diamans? Faudra-t-il baptiser d'un mensonge cette tête innocente? ou bien , l'être inconnu en frappant mes flancs avec inquiétude demande-t-il à être l'enfant d'Arnold? Tu le seras ! Je me réserve entière et pure à celui qui a créé nos deux êtres, ô mon fils!

2 août.

Infamie! Pourrai-je me l'avouer à moimême et le retracer? — C'était le soir....* Non! je n'oserai jamais l'écrire.

C'était le soir. J'avais souffert tout le jour d'une de ces migraines qui troublent jusqu'aux fonctions du cœur. Ma mère m'avait conseillé d'aller me reposer de bonne heure et elle m'accompagna dans ma chambre avec l'em-

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pressement et les petits soins d'autrefois, quand j'étais enlant. Elle entra dans les détails minutieux, et reprit en souriant les moindres exigences de la sollicitude maternelle sur les détails de ma toilette. Elle voulut me coucher, puis me préparer elle-même et me faire prendre une potion , une amandée, dit-elle, qui devait me calmer les nerfs. Enfin elle rattacha sur mon front avec plus d'élégance le mouchoir de l'Inde qui laissait passer quelques boucles de mes cheveux, me donna un baiser plus affectueux qu'à l'ordinaire, et se retira en m' augurant un sommeil favorable. — Bonsoir, Maman. — Bonne nuit, Madame!

L'effet du calmant ne se fit pas long-temps attendre. Mes paupières s'al)aissèrent sans efforts, la migraine se dissipa comme la rosée remonte au ciel ; et au lieu de cette pesanteur qui m'avait fatiguée depuis le matin, je sentais mes membres s'alléger et mon esprit acquérir des forces et une liberté surnaturelle au milieu du repos de mon corps. Il semblait

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