‹ LéoChapitre 147 sur 157 · CHAPITRE Z · texte numérisé non relu

CHAPITRE Z

— Un suicide, dit le vieux Raymond avec l'accent d'une sérénité entière, et d'une douleur encore plus profonde.

— Mais ce malheureux, quel est-il ?

— Un jeune homme.

— Il avait donc commis un attentat , quelque bassesse pour refuser ainsi de porter la vie et déserter son poste?

— Jugez-en par sa figure, dit le vieillard , Voyez s'il est possible de laisser sur un front humain transparaître plus de vertu , de calme et de bonté.

Et il écarta le linceul.

— Stanislas Clavières ! s'écria Arnold en pâlissant.

— Vous le connaissiez ?

— Je suis donc au château...

— Darpennas, dit le garde. Mais vous aviez connu mon maître?..

— Je l'ai aimé. C'était, de mes condisciples, celui que j'estimais le plus ; c'était le plus sage et le plus heureux de nous tous.

— C'est le plus heureux de nous îous ! répéta le vieillard.

— Vous êtes Raymond Thavenay, dit le peintre frappé de ces accens paternels , vous êtes son vieux maître d'armes, d'équitation et de chasse.

— Oh ! cher enfant ! il vous a parlé de moi ! Oui , il a été mon élève ; je suis un ancien soldat, ami de son père, et quand il l'eut perdu, nous devînmes nous deux inséparablement camarades. C'est ici, tenez, dans cette petite chambre qu'il habitait enfant, et où il a voulu revenir mourir, que nous nous enfermions souvent ensemble; voilà encore nos fleurets, Monsieur, voilà les premières couronnes , aujourd'hui séchées, qu'il a rapportées de son collège.

Et le vieux hussard détachait les armes de la muraille pour toucher encore une fois à ce qu'avait touché Stanislas..

— Sa figure n'a pas été atteinte, dit le peintre observateur; et en approchant. Comment le malheureux s'est-il donc donné la mort ?

— En plaçant sur sa poitrine une lettre

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