‹ LéoChapitre 150 sur 157 · LA TERRE NATALE · texte numérisé non relu

LA TERRE NATALE

à forée d'attachement sincère. J'étais avant lui dans la maison, Monsieur, et sa naissance m'avait rajeuni.

— Raymond , me dit-il , quand je sortirai de ce vilain endroit , je serai grand , et tu me mèneras h la chasse, n'est-ce pas? avec un fusil , un fusil à deux coups ? oh ! promets que nous ferons une belle , une vraie partie de chasse le beau premier jour. Je le promis, et je suis sûr que pendant les quatre ans que nous vécûmes séparés, il n'a pas manqué un jour de s'occuper de cette idée-là. J'y pensais bien , moi , Monsieur !

Sa mère qui n'avait pas eu le courage d'assister à la séparation , ne voulut céder à personne le plaisir de l'aller chercher à la fin de ses classes. Elle alla le prendre en voiture, accompagnée seulement d'une femme de chambre. Mais j'étais impatient autant que l'écolier. J'allai à deux lieues au-devant de lui : J'apportais un fusil -Lefaucheux , que sa mère avait fait venir de Paris à son intention, et je tenais en laisse un épagneul tacheté de

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