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CHAPITRE I

soleil. Ce sera Tacquéduc de Lucieiines , devant qui ce pays prend une physionomie tout italique. Bougival est au bas du ravin.

— Eh bien! allons par là, dit l'empressée voyageuse.

Elle ne s'apercevait pas que ses brodequins de satin turc étaient un peu déchirés , et que sous la plante délicate de ses pieds , il se formait des cloches légères. Au seul aspect des chaumières elle parut délassée, et elle descendit la pente des collines en véritable écolier.

Mais il ne se trouva point là d'auberge. L'espoir du lait frais et de l'omelette au cerfeuil allait s'évanouir pour le couple affamé. On risquait d'aller jusqu'à Ruel, ou de se séparer là sans avoir cimenté, par l'agape rustique , les prémices d'une rencontre si hasardeuse. Heureusement pour les pèlerins, ils rencontrèrent enfin une providence au seuil de la dernière cabane de pêcheurs où ils avaient en vain demandé l'hospitalité : c'était une paysanne , eniànt de dix à douze ans qui rentrait.

4i LA PIROGUE.

— Oh ! ma tante, fit Toinette, après avoir salué les étrangers d'une révérence fortaccorte, pourquoi donc les renvoyez-vous? parce que mon oncle n'est pas là?... Mais je les servirai toute seule : ils n'ont pas l'air si difficiles. N'avez-vous pas cette matelote toute fricassée pour la fêle de demain ? donnez leur-z'en un peu , et de la galette , et h boire ; ils sont si gentils! Je parierais , ajouta-t-elle , en riant dans l'oreille de la bonne femme , que ce sont les deux amoureux !

— Au fait, dit la vieille, en les mettant sous la tonnelle du verger...

— Lu bas, reprit la nièce, près de la serre : ils seront comme des princes.

— Tu n'iras donc pas au catéchisme ce soir?

— Ah dam! si, fit Toinette; si fait! répétât-elle, en pensant que son petit voisin Charly devait la rencontrer sur la route. Quand ils seront servis je pourrai partir donc! Eh? Monsieur, ajouta-t-elle sans reprendre ha^ Jeine et s' adressant h Arnold qu'elle jugea

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