‹ LéoChapitre 39 sur 157 · CHAPITRE xr · texte numérisé non relu

CHAPITRE xr

coutume de chercher l'aplomb ; et que le cartilage de l'oreille droite était chez lui légèrement déprimé par l'habitude de fixer là la plume du comptable. Octave n'entendit point les détails d'une négociation qui ne fut pas longue ; mais il put apercevoir qu elle se terminait à la satisfaction des deux parties, parce qu'après une main tendue et rapidement saisie , une promesse donnée et reçue, le vieillard occupa la citadine. Il en fit abaisser tous les stores, un seul excepté, celui qui s'ouvrait sur l'unique sortie du restaurateur et il parut s'établir là, immobile comme un homme à qui la patience doit tenir lieu de courage. Serait-ce un mari, se demanda Octave, qui subordonne ici sa colère aux chances d'une spéculation? Il serait bien plus que ridicule, il serait odieux. Est-ce jalousie ? Est-ce cupidité? A-t-on besoin d'une infidélité sur papier timbré, d'adultère dans les formes, de tutelle à exercer sur une double fortune? est-ce le soin de sa richesse ou de son honneur qui a planté ce bon homme en faction?

Ému d'intérêt, Octave remonta chez Neuville. — J'ai oublié mon foulard, dit-il en passant devant le garçon, mais de fait il alla droit au cabinet particulier dont le couple venait de prendre possession.

— Pardon , Madame : je crois avoir une chose essentielle à vous dire, un avertissement à vous donner.

La jeune femme rougit.

— Que veut ce Monsieur? dit le dandy.

Le connaissez-vous?

— Nullement.

— Vous êtes bien hardi , mon cher ! Oser vous permettre...

— Plait-il?

de parler à une femme qui est avec moi.

Mais c'est m'insulter.

— • Je n'ai pas ce temps-là à perdre.

— Sortez, Monsieur, ou...

— Madame , vous êtes arrivée ici dans une voiture restée à la porte. Vos pas sont suivis. II y a maintenant dans cette voiture un parti-

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