CHAPITRE II. Si
culier habillé de noir , pantalon de nankin et chapeau gris.
— Grand Dieu !
— ^Que voulez-vous dire? interrompit le jeune homme .
— Que votre mari , Madame , ajouta Octave, attend en bas votre sortie.
— Alfred, nous sommes perdus : c'est lui ! Et le menaçant jeune homme chercha , en
prenant son chapeau , à passer entre Octave et le mur.
— On ne sort pas. Monsieur. — Je ne suis pas entré ici , Madame , pour vous effrayer, poursuivit TofQcieux oisif; si je me mêle de vos affaires , ce ne sera que pour vous servir. Les don Quichottes ne sont pas tous inutiles.
La jeune femme parut accueillir ce bizarre intérêt qu'on lui montrait.
— Si Madame accorde sa confiance au premier venu, dit le beau jeune homme, je me retire .
— Un moment.— Je pourrais bien, Madame,
VOUS indiquer une issue , trouver pour vous un moyen de fuir sans rencontrer peut-être celui qui vous surveille...
— Oh ! tout de suite, Monsieur ! sortons!
— Mais qu'y gagneriez -vous? Ce salufc d'un moment ne saurait vous tirer , je crois , de peine. Il y a peut-être ici des intérêts graves et l'avenir de toute une famille.... Prenez garde ! Une preuve dérobée n'éteint pas les soupçons , et ils restent pour empoisonner toute la vie.
— Mais ces soupçons ne peuvent être que bien vagues. Monsieur. Je ne puis avoir été reconnue... positivement. Le schall et le chapeau que je porte n'ont même jamais été vus à la maison . Sauvez-moi du déshonneur, Monsieur, je n'ai pas mérité de le subir!
Cet accent de la conscience à moitié pure encore , flatta Octave dans l'amour-propre de ses premières inductions , et il encouragea son zèle.
— Mais on n'a pas pu, dit -il, se méprendre sur Monsieur. Rien ne le déguise, lui ! II est