‹ LéoChapitre 4 sur 157 · CHAPITRE I · texte numérisé non relu

CHAPITRE I

— Qui nous enllaniineia ?

— Qui est-ce qui paie ? Voulez- vous un cadre plus modeste, de moins ambitieux panneaux? chargez -vous d'un maître autel ou d'un boudoir.

— Je craindrais de manquer de foi , ou d'images assez gracieuses.

— Vous peindriez la bataille de Valmy.

— J'ai à peine assez d'assurance , dit Arnold, pour exécuter mes propres entraînemens.

— Refusez- vous? Ce serait un tort : vous avez besoin de vous faire connaître. Nous allons faire un beau siècle, Monsieur, et vous pourriez en faire partie. N'allez pas vous fermer nos portes.

Arnold écoutait ces fatuités en pensant que servir un pouvoir étranger à l'avenir de la France et même à son passé, c'était renier nos pères et déshériter nos enfans. Puis il se rattacha aux dernières paroles, et pour ne pas montrer toute la distraction de son mépris :

— Les portes du salon, dit-il, me resteraient ouvertes.

— Non pas ! ou pour quelques tableaux de genre tout au plus. Mais avez-vous seulement un maître? Vous ne tenez à aucune école.

-:— Dieu merci!

— Eh bien ! le juri ne laissera jamais entrer de vous au Louvre une seule toile de plus de trente pouces. Réfléchissez.

Arnold avait déjà salué le vandale Mécène et s'était promis de voir sécher les pinceaux plutôt que s'asservir à cette domesticité dans les arts que professent quelques talens élevés. Il s'indignait d'une telle protection. Subordonner l'art à la commande ! se disait-il.

Il s'éloigna.

— Si je n'avais voulu être que ce qu'ils demandent, à quoi bon une éducation si longue et les pénibles études qui ont coûté si cher à mes vieux parens? Je resterai artiste par ma pensée et non ouvrier par la leur.

Il marchait agile de colère , comme nous l'avons dit; mais il était sans appréhension

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