CHAPITRE II
appelées, nous autres, pour sauver l'honneur des épouses vertueuses. Je ne comprends pas bien comment, par exemple !
— Mon moyen n'est peut-être pas selon la méthode homéopatique.
— Vous me dites-là sans doute une impertinence, puisque je n'y comprends rien ; mais je m'en vengerai.
— Non pas sur la pauvre recluse !
— Elle est donc bien jolie ?
— Elle te ressemble.
Et Octave expliqua alors dans ses moindres détails tout son plan de retraite.
— Voilà ce qu'il faut faire , ange sauveur, ajouta-t-il en attachant au nœud de la cravate de son auxiliaire une épingle en diamans. Voilà ce que nous exigerons du Lovelace à qui nous aurons à faire. C'est à vous de lui imposer le programme de sa conduite et de le lui faire exéculer... rigoureusement. Je livre à l'ingénieux esprit de ton sexe, à votre ascendant sur les maris que vous savez enlever à leurs plus séduisantes
Pénélopes , le soin de couronner l'entreprise.
— Soyez tranquille ! dit Césarine.
Elle avait pris goût à ce rôle tout-à-coup^ elle s'était capricieusement passionnée pour la réussite ; et de passif collaborateur, elle était devenue l'ame du poëme,
— Je réponds des événemens futurs ; mais que faudra-t-il faire du jeune homme avec qui vous me laissez dîner?
— Oh! pour lui, dit Octave, il ne m'intéresse pas assez pour le recommnader à votre indulgence.
— Non? c'est à sa compagne que vous pensez !
— Je la vois ce soir pour la première fois.
— Et ce ne sera pas la dernière... Vous la sauvez donc pour la perdre à votre profit ? car ce n'est pas sans espoir de récompense...
— Il y en a une dans le bienfait.
— Pathos ! Mais votre diamant est d'une eau royale: allez toujours! si nous réussissons, je vous conterai tout de point en point. Vous aurez le bulletin de toutes les défaites.