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CHAPITRE II

— Même de la tienne ?

— Oh ! moi , je n'aime que les braves : ne vous l'ai-je pas déjà confessé? reprit la belliqueuse enfant. — Vive l'empereur !

Octave, revenu au lieu où il était anxieusement attendu, se fit prêter un voile, un chapeau, un long scliall par la maîtresse du comptoir, et il en enveloppa la tremblante épouse qu'il s'agissait de faire évader bien vite.

— Ne puis-je la voir au moins? demanda Césarine, si je me sacrifie pour elle.

La maitresse de l'établissement sollicitait la même faveur par un regard et une moue un peu boudeuse adressés au protecteur ; mais Octave déjoua toutes ces prétentions , et offrant le bras à sa protégée , il sortit et tourna la position du mari toujours resté fixe à son poste. Il le vit de loin pendant qu'on échappait par la poterne , les yeux avidement cloués sur la porte principale de la citadelle.

Durant leur trajet à pied , rien ne lut

échangé entre les deux complices. Un bras légèrement appuyé, un regard dont elle enveloppait quelquefois à la dérobée son libérateur semblaient à la femme sauvée suffire à l'expression d'une indicible reconnaissance.

— Vous m'avertirez, Madame, dit Octave, quand nous approcherons de votre demeure : je vous laisserai. Voici une carte dont l'adresse indiquera au premier commissionnaire le lieu où il doit reporter le déguisement inutile.

Cette dernière délicatesse mouilla les yeux de la fugitive. Elle tendit la main en partant à son défenseur ; et celui-ci m'a avoué que jamais la plus tendre caresse n'avait remué son ame comme la pression perceptible h peine des doigts fragiles à travers les gants.

Pour Césarine , elle soumit bientôt à la puissance de sa volonté et à la fascination de ses mutineries l'équivoque chevalier qu'on lui avait livré. En vain M. Alfred, ami intime du mari, et forcé d'en passer par tout ce qu'exigeait le salut de la victime, restée innocente, voulut-il abréger la séance et en finir

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