CHAPITRE II
duite. De quel droit? Sans doute je m'honore de recevoir vos conseils : vous m'avez montré plus d'une fois la sollicitude d'un père, mais enfin je ne suis plus un enfant. Si ma moralité n'est pas absolument irréprochable, elle n'a rien dont je doive rougir. Je suis libre , enfin ! Vous êtes mon protecteur et mon cousin, c'est vrai ; mais un peu de distraction est permise à mon âge. On pourrait plus mal faire.
— Et certainement!... bien certainement!
reprit le mari honteux. Je ne te condamne pas, mon garçon , au contraire. A vingt ans j'en ai risqué bien d'autres , moi qui te parle ; tu fais très bien! et avec des personnes... des personnes... qui ne valaient certainement pas mademoiselle...
— ■ Je le crois bien! dit Césarine.
— • Ni pour la beauté, ni pour la force... Elle est charmante ! — -Je te dirai... tu sauras... C'est une indignité de ma part. Je te demande pardon moi , mon cher, et à une autre personne encore, et à mademoiselle. Excusez-moi tous.
406 PRÉSOniPTION.
Où avais-je les yeux ! C'est qu'on ne pept pas se ressembler davantage ! Cependant ce chapeau, je me disais bien , je ne le connais pas... Laissez-moi descendre , Madame ; excusez, Madame ; je prive Madame de sa place. Au revoir, mon cher. Tu ne m'en voudras point , n'est-ce pas? Bien du plaisir; j'approuve ton choix. Oh! je suis un grand animal! Viens voir ma femme tantôt, je t'en supplie, mon pauvre Alfred.
— Allez donc , bœuf, reprit Césarine impatientée de sa bêtise et en lui adressant encore un coup de talon dans les os des jambes.
Puis, faisant fermer la portière :
— Il était temps, dit-elle, j'allais lui dire que je suis bien autrement jolie que sa femme !
Vous comprendrez , Messieurs , comment j'ai su... comment Octave, veux-je dire, a su tous ces détails, et par quel moyen aussi il m'est loisible de continuer l'histoire dans ses déductions logiques? Les deux femmes «nt tout raconté. Le mari rentra confus et heureux dans son ménage et trouva sa moitié