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CHAPITRE III. V

Collets d'une lleur des champs, descendre sur le velours ras des pelouses. Bien avant le citadin qui dort , bien avant le sergent royal qui fera crier les portes de fer sous la clef officielle, les moineaux étaient en possession de la spîendide demeure. Ils ont déjà joui de la rosée de l'herbe, ils ont vu le soleil avant le roi.

Arnold s'efforça de s'intéresser à leurs évolutions variées, pour oublier son cœur. Il voyait l'un courir après la feuille qui vole, l'autre se mirer dans le cristal des bassins , puis, sur le sable tiède des sentiers, venir enfler sa plume comme une petite poule, et se sécher au grand air. Â midi le moineau est repu des gâteaux qu'on lui jette. Tout à l'heure pour disputer cette proie il descendait par volées comme les flèches d'un bataillon thébain , maintenant il ne connaît plus les hommes, il est ingrat comme eux. Il est aristocrate , il chante faux , il caresse avec fierté son sérail , il est roi du monde : il s'appelle Pierrot!

Si vous arrivez à lui, il ne se dérangera pas;

il jette aux yeux sa poussière. 0 promeneurs distraits, n'écrasez pas l'indolent seigneur de ce lieu. Mais l'oisillon déjà envolé a traverse le jet d'eau çt fendu vingt fois l'arc-en-ciel qui se forme au-dessus à toute heure.

Heureux d'occuper un moment ses yeux , le rêveur fit quelques remarques de science naturelle : l'âge du moineau se connaît aux plumes , aussi Ijien que chez les perdrix. Il sut qu'il vit de longues années. Tel patriarche , votre ancien , a vu dormir Lantara sur une chaise, il a entendu la motion de Camille Desmoulins. Celui-là porte la cravate noire, et ne sémeut pas plus au canon de midi, qui ébranle le Palais -Royal , que l'ancien grognard de Napoléon devant la mitraille d'Austerlitz.

— Chacun d'eux achève donc ici sa carrière, pensait Arnold : là où il l'a commencée'^ L'exemple des hirondelles ne peut rien sur lui; il ne s'informe pas même où sont nés les perroquets qui garnissent toutes les balustrades du troisième étage. Ignorant et

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