LONGPONT
au fond de tout ce langage sans parole , sans suite, et sans fin.
Puis la jeune femme berça son ange, devenu docile, aux accens d'une naïve cantilène. Arnold ne perçut d'abord que la moitié des paroles emportées par le vent : « Endors-toi... ,..le jour a baissé,., la fée arrivera... » Mais il en reconnut la mélodie digne d'être italienne, pour une pensée maternelle de Masini. Enfin exhaussé qu'il était sur une pierre saillante , la tête au dessus du chaperon moussu , il entendit presque distinctement du fond d'un prochain massif :
je vois fermer ses yeux.
Ses yeux bleus comme les cieux.
Tu vas dormir, n'est-ce pas?
Chantons bien bas !
Endors-toi,
Mon fils , c'est moi.
H est tard , et ton ami L'oiseau bleu s'est endormi.
A la fin du couplet, Arnold avait poussé une exclamation si passionnée, que la mère en fiit frappée de l'autre côté de l'enceinte. Sans