‹ Léon FaucherChapitre 24 sur 60 · COLONNE D£ BRONZE AU PRÉSIDENT · texte numérisé non relu

COLONNE D£ BRONZE AU PRÉSIDENT

(L'Assemblée procède au scrutin de division.) Le citoyen Président. Voici le résullat du dépouillement du scrutin :

Nombre des votants 820

Majorité absolue 411

Billets blancs (p. l'adoption) 461

(Mouvement prolongé.) Billets bleus (contre). ... 359

L'Assemblée a adopté l'ordre du jour motivé présenté par M. le général Oudinot. En conséquence, la proposition d'urgence est rejelée..

(Cette majorité de 102 voix était une véritable victoire pour le ministère.)

CâTovàairm aux préfets à propos d'une coloime do bromo offerte au Préeldent do la République.

(19 février 1849.)

J'apprends qu'une circulaire a été adressée à tous les préfets, sous-préfets, maires et autres fonclionnaires, pour les engager à ouvrir dans leurs départements une liste de souscription ayant pour but d'offrir au Président de la République une colonne en bronze de deux mètres, qui est la reproduction de celle de la place Vendôme.

Je n'ai pas besoin de vous le dire, monsieur le Préfet, c'est sans ma participation que cette circulaire a été envoyée. Un témoignage de reconnaissance de la part du peuple, en faveur du Président de la République, ne pourrait avoir du prix qu'autant qu'il serait libre et spontané ; il perdrait ce caractère si les chefs de l'administration employaient leur influence pour obtenir des souscriptions.

J'ajouterai que cette circulaire émane d'une réunion privée et qu'elle ne saurait se prévaloir, à aucun titre, de Tassentiment du Président de la République.

Vous voudrez donc bien, monsieur le préfet, vous abstenir de toute démarche à cet égard, et prescrire la même réserve à vos subordonnés.

caroulalre aux préfets sur les mnWInnaB Bédittoaz. (3 mars 1849.)

Monsieur le Préfet, les ennemis de Tordre, dans le but de faire appel aux passions ou d'entretenir des souvenirs irritants, exhibent parfois en public le drapeau ou le bonnet rouge. Le seul aspect de ces emblèmes d'anarchie répand l'inquiétude parmi les bons citoyens et fait craindre le retour des excès qui, sous la première République, ont compromis la cause de la liberté elle-même.

Le drapeau et la cocarde tricolores sont les seuls insignes nationaux auxquels les citoyens se rallient; la République n'en reconnaît pomt d'autres : le drapeau rouge est un appel à Tinsurreclion; le bonnet rouge ne retrace que des souvenirs de sang et de deuil : c'est provoquer à la désobéissance aux lois et à la violence que d'arborer ces tristes emblèmes.

Le décret rendu par l'Assemblée nationale, le il août 1848, interdit < l'exposition dans les lieux publics de tous « signes ou symboles propres à propager l'esprit de rébel- « lion ou à troubler la paix publique. > Vous vous appuierez sur les dispositions de ce décret et sur les ordres du Gouvernement pour prohiber et pour faire immédiatement disparaître les emblèmes séditieux que je vous signale : et si, contre toute attente, vous aviez lieu d'appréhender quelque

Page 1