ASSOCIATION DES AMIS DE L'ORDRE
résistance malérielley vous vous concerteriez avec Tautorité militaire pour que force rest&t à la loi. Agréez, etc.
Le Ministre de V Intérieur ^ Lion Faucher.
OroQlalra aux prAtots sur l'Aaiooiatton dm Amis da Tordra. (5 mars 1849.)
Monsieur le Préfet, j*ai sous les yeux les statuts imprimés d*une société qui a été instituée dans plusieurs départements, sous la dénomination d'Association fraternelle des Amis de l'ordre. L'origine de cette organisation politique remonte au mois de mars de Tannée qui vient de s'écouler. A une époque où la société ébranlée chancelait sur sa base, le Gouvernement qui présidait aux affaires de la République ne paraissait ni assez fort ni assez résolu pour maintenir les principes essentiels de l'ordre. Les opinions les plus subversives, proclamées ouvertement dans les journaux, dans les clubs, et jusque sur la place publique où l'on délibérait en armes, allaient passionner les esprits. Les lois étaient suspendues ou impuissantes. L'autorité, malgré des efforts courageux, était dominée ù l'HA tel -de-Ville par les clameurs de la multitude; et l'anarchie trônait au Luxembourg. Le pays entier était livré comme une proie à ces funestes théories qui menaçaient le pouvoir, le travail, la propriété, la famille.
En face de cette désorganisjition sociale, des citoyens honnêtes purent légitimement croire que, pour sauver l'ordre et pour conjurer la ruine du pays, il fallait réunir dans une vaste association tous les éléments de conservation, de force et de sécurité qui existaient encore en France. Le silence des
lois favorisait cette entreprise ; car aucune règle n'avait limité ou déterminé l'exercice du droit d'association. C'était venir au secours du Gouvernement lui-même, dan? l'effroyable désordre qui entraînait toutes les institutions pêle-mêle, que de grouper quelque part et de tenir en réserve des forces, dans lesquelles il pût, au moment critique, trouver un point d'appui. On préparait ainsi dans les départements des démonstrations pareilles à cet élan spontané de la garde nationale qui affranchit Paris et l'État, le 17 avril, de la tutelle, disons plus, de l'oppression de l'émeute.
Depuis cette époque, monsieur le Préfet, les lois ont repris leur empire. Un gouvernement régulier a été fondé, qui embrasse tous les intérêts, toutes les forces vives du pays. Le décret du 28 juillet 1848 a réglementé l'organisation des clubs et interdit les sociétés secrètes. Le suffrage universel, appelant tous les citoyens à la vie politique, ne laisse plus d'excuse ni de prétexte à une organisation exceptionnelle, à Tiso* Icmenl des partis. La Constitution a posé les principes : le devoir de tous les citoyens est de se renfermer dans le cercle qu'elle a tracé.
Or, les statuts de Y Association fralerneVe des Amis de V ordre me paraissent incompatibles avec le principe même de la Constitution comme avec les dispositions plus spéciales du décret rendu le 28 juillet 1848.
Cette association, aux termes de ses statuts, est destinée à embrasser l'étendue de la France entière. Partout, elle est soumise aux mêmes règles : elle compte dans chaque cheflieu de département où elle a recruté des adeptes, un comité central, des sous- comités dans chaque arrondissement et dans chaque canton; enOn, ces diverses réunions sont affiliées et correspondent entre elles.
L'Association des Amis de Vordre se divise en légions, en centuries et en décuries. Chacune de ces fractions a un chef