‹ Léon FaucherChapitre 35 sur 60 · TRANSFERT DE CHEF-UBU · texte numérisé non relu

TRANSFERT DE CHEF-UBU

de la navette et du travail souterrain des mines, qui ne cul* tive pas le sol, qui ne vit pas des produits qu'elle créeî De quels produits agricoles voulez- vous qu'elle vive, sinon de ceux des autres arrondissements? Saint-Ëtienne est tributaire des arrondissements qui lui disputent dans ce moment ci le r61e de centre administratir. Saint-Ëtienne est tributaire de leurs produits; c'est un grand marctié pour Montbrison et pour Roanne. Saint-Étienne joue pour eux le même rôle que Paris joue pour les départements voisins de la capitale.

Tout le monde sait que ce qui manque en général aux produits agricoles, ce sont de grands centres, des marchés qui les vivifient. Tout le monde sait que les propriétés acquièrent une plus grande valeur dans le voisinage des grands centres de population. Pourquoi? Parce que la proximité d'un vaste marché augmente le prix des produits. Être à portée d'un grand marché, n'avoir pas de frais de transports considérables à subir pour y arriver, c'est se trouver en quelque sorte dans une position privilégiée.

Dans ma très-ferme conviction , confirmée par l'exemple de toutes les parties de la France et de l'Angleterre qui se trouvent dans une position analogue, Saint-Ëlienne communique la vie au département tout entier; la vie agricole, entendez-vous, et non pas seulement la vie industrielle.

Maintenant, messieurs, il est démontré pour moi que si les faits se présentaient entiers, s'il n'y avait pas de précédents, une possession de plus de trente ans en faveur de la ville de Montbrison, vous n'hésiteriez pas. Qu'est-ce qui vous fait hésiter? C'est précisément la difficulté que vous trouvez dans votre cœur à priver une ville qui est en possession de la préfecture, qui est le centre administratif du département, mais qui n'est plus le centre naturel des intérêts de ce personnel administratif, qui jette sur elle un certain lustre et qui y répand une certaine vie. Eh bien, oui, vous auriez lai-

son, s'il n'y avait pas une nécessité évidente de faire ce sacrifice. Cette nécessité existe, elle existe au double point de vue de l'administration et de la politique.

Parlons d'abord des intérêts administratifs.

M. de Gasparin annonçait déjà dans son rapport, en 1834, que les deux tiers des affaires sur lesquelles la préfecture est appelée à délibérer, qu'elle examine, qu'elle décide en premier ressort, avaient leur origine dans l'arrondissement de Saint-Ëtienne. Aujourd'hui encore l'administration articule que plus delà moitié des affaires du département ont leur origine dans cet arrondissement.

Lorsque les affaires les plus nombreuses et les plus graves ont leur origine dans l'arrondissement de Saint-Ëtienne, ne voyez-vous pas que vous êtes dans la nécessité d'y placer le centre de l'administration?

Placer le juge loin des faits qu'il doit connaître, est-ce une méthode administrative qui puisse supporter l'examen? Voilà pourtant ce que l'on vous demande. On vous disait hier que le préfet de la Loire était obligé de passer la moitié de l'année à Saint-Ëtienne, et j'ai vu l'Assemblée sourire lorsqu'on a parlé des fatigues de ce fonctionnaire. L'Assemblée avait raison : les fonctionnaires ne 'doivent pas compter leurs fatigues ; les foQClionnaires doivent leur temps, leur sauté, leur vie à l'administration qui leur a donné sa confiance.

Une voix. Au pays.

M. L|ÊoN Faucher. Mais, messieurs, l'administration représente le pays, et je n'entends pas qu'on se déyoue à l'administration autrement qu'en se dévouant au pays, cela va sans dire. (Très-bien ! très-bien!)

Mais, messieurs, savez-vous ce qui résulte de ces voyages fréquents du préfet de la Loire? Ce n'est pas une fatigue personnelle, ce n'est pas un détriment pour lui, c'est un détriment pour le département tout entiei\ Pendant que M. le

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