TRANSFERT DE CHEF-LIEU
prérct de la Loire est à Saint-Étienne, les affaires administratives suivent leur cours et sont réglées, non par lui, mais par un secrétaire général qui ne peut pas avoir toute la pensée du préfet, qui n'a pas sa liberté d'action, qui n'a pas son expérience, qui ne peut avoir son autorité. Eh bien, messieurs, voilà le péril auquel est exposé le préfet de la Loire, c'est-à-dire auquel sont exposés les intérêts du département qui lui a été confié. Tajoute que vous faites encore autre chose. Vous créez par le fait deux centres administratifs du département; un centre fixe auquel le préfet manque une moitié de l'année, et un centre nomade, pour ainsi dire, dans lequel le préfet réside l'autre moitié de l'année.
En vérité, c'est là une situation intolérable, un état de choses contraire à toutes les règles de l'administration. Est-il possible d'admettre qu'un département reste ainsi gouverné?
Quoi qu'il en soitdes raisons administratives, l'intérêt politique est encore plus déterminant et plus pressant. Je dis, messieurs, que l'intérêt politique réclame la translation de la préfecture de la Loire à Saint-Ëtienne.
Voici mes motifs, je les exposerai en peu de mots. (Parlez I parlez 1)
Saint-Ëtienne, tout le monde le sait, est un foyer d'agitation en quelque sorte permanent. (Rumeurs.)
M. NoEL Parfait. On l'a dit.
M. LÉON Faucher. Je suis obligé de le répéter, car je ne puis pas traiter des faits sans les apprécier, et j'apporte assez de modération dans l'appréciation que j'ai Tlionneur de soumettre à l'Assemblée pour que, d'aucun côté, l'on ne puisse s'en trouver choqué.
On ne nie pas que le département de la Loire ne soit fréquemment agité, tantôt par les coalitions industrielles, tantôt par les soulèvements politiques. Mais on dit, et c'est le terrain
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sur lequel on s'est réfugié; je vais directement à l'objection pour abréger; on dit que toutes les agitations de Saint* Etienne ont leur source dans le département du Rhône, que Saint-Étienne vit de la vie de Lyon; que c'est peut-être une raison pour joindre Saint-Étienne au département du Rhône . mais que ce n'est pas une raison pour y placer le chef-lieu du département de la Loire.
Je reconnais que cette objection s'est produite pour la première fois en 1834; on a cité l'autorité d'un homme qui a laissé les souvenirs les plus honorables dans l'administration, de H. deGasparin. Je m'empresse d'ajouter, sans attaquer les intentions de ce fonctionnaire, que la position qu'il occupait a pu, malgré lui, exercer une influence considérable sur son opinion, et lui dérober les conséquences de la mesure.
Il en est des préfets comme de toutes les autres autorités; ils sont naturellement portés à étendre leur domaine. Le préfet, du moins, sans s*en rendre compte, a pu trouver qu'il était à sa convenance de porter les limites du département du Rhône jusqu'à Saint-Ëtienne. Voilà ce qui me parait aujourd'hui souverainement imprudent, souverainement impraticable et souverainement funeste. Le préfet du Rhône a bien assez de la difficulté de Lyon. Voilà un département qui est réduit presque à l'étendue du département de la Seine, un département qui est infiniment petit, qui est un échantillon de département. Eh bien, tel est le poids de la ville de Lyon, telles sont les difficultés de son administration, qu'on va chercher l'homme le plus capable qu'on puisse trouver pour le placer à la tète de cette résidence. Pourquoi cela? C'est que la difficulté de Lyon est, après celle de Paris, en matière d'ordre et en matière d'administration, la plus grande qui se puisse rencontrer. Et vous iriez ajouter à cette difficulté 1 vous doubleriez la ville de Lyon d'une deuxième ville de Lyon I (Réclamations diverses.)