‹ Léon FaucherChapitre 44 sur 60 · L. N. BOMAPABTI · texte numérisé non relu

L. N. BOMAPABTI

Le Ministre de l'intérieur, L£0N Faucher.

(Envoyé aux bureaux avec prise en considération de l'urgence.)

Interpénatlons da M. Eaquiros relatlTM à la priaon de BèUe-Iale. (Séance du 20 mai.)

. M. LioN Faucher, Ministre de l'intérieur. Messieurs, l'orateur qui descend de cette tribune a débuté dans son discours par des allusions qui me sont personnelles : il me permettra d'en dire quelques mots.

J'ai passé une partie de ma vie à m'occuper du sort des détenus et à trayailler à la réforme des prisons, à une réforme dans laquelle plusieurs des nations de l'Europe et de FAmérique nous avaient devancés, et dans laquelle je désirais que la France ne restât pas en arrière. Le but que j'ai poursuivi comme publiciste j'e ne l'abandonnerai pas comme ministre ; j'y apporterai les dispositions que je demande à l'Assemblée la permission de lui expliquer.

A mon sens, il y a dans cette matière un double devoir à remplir: un devoir envers les condamnés, qui sont remis à

la garde de l'administration ; un devoir envers la société qui les a frappés.

Envers les condanfinés, c'est un devoir de ne pas aggraver la peine, de l'exécuter avec la sévérité nécessaire, mais avec un sentiment très-vif et persévérant d'humanité.

Vis-à-vis de la société, le devoir est de ne pas se livrer à une fausse philantliropie, de ne pas mettre le sort des détenus au-dessus du sort des hommes qui respectent les lois; de ne pas chercher à améliorer leur situation dans les prisons, leur situation matérielle, de manière à en faire un objet d'envie pour les hounêtes gens qui n'ont pas de fortune. (Murmures, interruptions à gauche.)

À droiu. Ouil oui! très-bien I

M. LE Ministre de l'Intérieur. Vous avec souvent lu, messieurs, dans les enquêtes parlementaires publiées dans un pays voisin , que les détenus dans les prisons étaient mieux traités que les soldats sous les armes; vous avez entendu les hommes les plus considérables et les plus droits se révolter à cette pensée, et je m'étonne de la contradiction qui accueille ici mes paroles.

M. ScHOELCHER. Je demande la parole.

M. LE Ministre de l'intérieur. C'est là le sentiment que j'ai entendu exprimer, et je ne veux ni aller au delà, ni rester en deçà.

Mais, encore une fois, ces réserves faites, c'est le devoir de l'administration de donner force à la loi, d'exécuter le châtiment que la loi a prescrit et de ne pas l'aggraver. Ce devoir, je le dis à l'honneur de l'administration française, tous les gouvernements ont cherché à le rempUr.

Maintenant, messieurs, il ne vous échappera pas, que nos prisons qui ont été faites en d'autres temps, ne sont pas toujours dans les conditions que réclamerait l'exécution complète des obligations que la loi impose à l'administration. Les

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