BEAUX-ARTS
Après une discussion qui dura plusieurs jours, le projet de loi fut adopté, le 4aoûty par 477 voix contre 186.
(Voir pour le traité passé avec la Banque^ Appendice C.)
(Envoyé aux bureaux avec prise en considération d'urgence.)
Projet de loi tendant à ouvrir an Ministre de rintérieor, sur l'exercioe 1851, on Gr6dlt extracrdinalre de 30000 fr.. appUoable aux travaux de déblayement d'un temple dèdlè & Séraple (ruines de Memphis), pré* oèd6 de l'exposé des motifs.
(Séamce du 4 août.)
M. LÉON Faucher, Ministre de Tintérieur. Messieurs, je me proposais de demander à l'Assemblée un crédit spécial pour deux expéditions scientifiques importantes, réclamées par rinstitut national, et dont le plan a été tracé par les hommes les plus compétents. L'une a pour objet une nouvelle exploration des monuments assyriens et doit s'étendre à toute la Mésopotamie; Taulre a pour but de continuer en Egypte une fouille commencée par un voyageur français, M. Mariette, dans le Sérapéum de Memphis.
L'Académie des inscriptions et belles-lettres, dans un rapport que je lui avais demandé, témoigne le plus vif intérêt pour ces travaux.
Le monument exploré par M. Mariette , couvert de sables dès le temps de Strabon, est demeuré presque intact, et renferme, on le comprend, plus d'objets précieux que les temples autrefois dévastés par les barbares, et restés accessibles pendant tant de siècles.
Indépendamment de cette rare conservation, un intérêt
scientifique d*ime nature particulière s'attache au Sérapéum de Memphis. Cet édifice était consacré au seul culte où se fût opérée une véritable fusion entre les croyances grecques et égyptiennes y il présente à la fois des monuments de style grec et de style égyptien.
Tout donnait à penser que les fouilles seraient très-fructueuses, puisque M. Mariette, qui n'avait encore tenté, en quelque sorte, que des sondages, avait à chaque fois rencontré des objets importants, des bas-reliefs et des statues, entre autres une collection très-curieuse de portraits de philosophes grecs.
L'espoir que Ton avait conçu vient d'être réalisé de la manière la plus complète par la trouvaille d'une quantité considérable de figures de bronze, quelques-unes d'une grandeur et d'une importance capitales.
Un si riche trésor a, comme on le pense^ excité bien des jalousies, et des efforts ont été faits pour en disputer la possession à la France.
Vous voudrez sans doute, messieurs, en enrichir nos collections nationales, et donner au courageux voyageur les moyens de poursuivre ses heureuses explorations.
Un crédit de 30 000 francs suffira pour compléter les recherches vraiment merveilleuses dont je viens de vous entretetenir. Des considérations que vous apprécierez m'obligent à demander l'urgence.
PROJET DE LOI
AU NOM DU PEUPLE FRANÇAIS
Le Président de la République arrête :
Le projet de loi dont la teneur suit sera présenté à ^Assemblée Législative par le Ministre de Pinténeur, qui est chargé d'en exposer les motifs et d'en soutenir la discussion.
BEÂUX-ARTS. 5S1
Article premier* Il est ouvert au Minietre de Tintérieur, sur Tezercice 1851, un crédit extraordinaire de trente mille francs (30 000 fr.), applicable aux travaux de déblayement d'un temple dédié à Sérapis, découvert parmi les mines de Memphis, et au tra!hsport en France des objets d*art qui en proviendront.
Art. 2. Les portions de crédit qui n'auraient pas été employées dans l'exercice courant, pourront être reportées, en vertu d'une loi, sur les exercices suivants.
Art. 3. Il sera pourvu à la dépense autorisée par la présente loi, au moyen des ressources affectées par la loi de finances du 7 août 1850 aux besoins de l'exercice 1851.
Fait à l'Élysée-National, le k août 1851.
Le Président de la République^ L.-N. Bonaparte.
Le Ministre de Vintérieur^ Léon Faucher.
Le Ministre des finances^ Achille Fould.
(Envoyé à la commission du budget de 1851.)
Demanda de crédits appUoablee a une exploration soientiliqae sor les minée de Ninire et dans la Méaopotamie et la llédie.
(Séance du 8 août.)
M. LéonFauchkr, Ministre de l'intérieur. Messieurs , en apprenant les découvertes importantes faites par M. Botta, dans les environs de Mossoul, et au milieu des ruines de Tancienne Ninive, le Gouvernement proposa et obtint des Chambres un crédit extraordinaire destiné à donner une impulsion plus active aux fouilles entreprises par ce savanty et à recueillir les précieux débris d'un art jusqu'alors inconnu. L'emploi de ce crédit a servi à enrichir le domaine de l'art et celui de la science : de nombreux bas-reliefs et des sculptures, dont quelques-unes sont de dimensions colos-
sales y ont été retrouvés sur les bords du Tigre, et forment aujourd'hui la base d'une des plus curieuses collections du Louvre ; du musée assyrien.
Le crédit voté dans le principe pour seconder une première tentative devait être très-limité. On peut regretter, toutefois, qu'il n'ait pas été plus considérable. Par une déplorable coïncidence, peu de temps après l'épuisement complet de ces ressources, et au moment de la révolution de Février, le consulat de Mossoul fut supprimé.
Par suite de cette mesure, les investigations de M. Botta se trouvèrent forcément interrompues, et la France se vit dépouillée des richesses archéologiques recueillies depuis, sur le même terrain, par les Anglais qui ont suivi et fouillé, avec leur persévérance accoutumée, le riche filon que ce savant avait découvert.
Aussi, tandis que les collections du Louvre restent stationnaires et incomplètes , chaque jour le musée britannique s'accroît de nombreux et précieux spécimens de Tart assyrien : aujourd'hui, il possède plus de cent bas-reliefs monolithes et figures provenant de Khorsabad , de Nemrod et de Koyoudjek , édifices d'époques diflércntes, situés dans l'enceinte même de Ninive, sans compter un grand nombre de vases, bijoux, armes, armures, coffrets d'ivoire et sceaux, qui sont précieux pour l'intelligence de cette antique civilisation. Le musée assyrien du Louvre ne possède aucun de ces derniers objets, et renferme à peine le tiers des sculptures du musée britannique.
Cette infériorité, qui, par suite des sacrifices considérables que s'impose le gouvernement anglais, tend à s'augmenter chaque jour, devait émouvoir le Gouvernement. J'en ai fait l'objet de communications adressées aux membres compétents de mon administration, ainsi qu'aux corps savants.
Nos archéologues les plus distingués, les conservateurs des