BEAUX-ARTS. 5S
musées» les académies, entrant dans ces vues, les ont appuyées par de vives instances. Ta dû consulter spécialement l'Académie des inscriptions et belles*lettres, qui s'était, à diverses reprises, préoccupée de cette question. Elle m'a adressé un rapport, que j'aurai l'iionneur de vous communiquer, par lequel elle insiste pour la reprise immédiate et pour la continuation des fouilles entreprises sur le sol de l'ancienne Ninive.
Il y a plus, l'Académie des inscriptions et belles-lettres, reprenant plus liaut cette grande et intéressante question des fouilles à faire opérer dans les contrées de l'Asie centrale, qu'on peut considérer comme le berceau du genre humain et de la civilisation antique , a ouvert l'avis que le cercle des recherches devait être considérablement étendu, et que les ruines babyloniennes et médiques devaient être explorées et fouillées comme les ruines persanes et assyriennes.
Ne se bornant pas à émettre une simple opinion, l'Académie a voulu indiquer, dés à présent, la direction qui pourrait être donnée à ces recherches , et les localités qui devraient être étudiées de préférence.
Les ruines de Babytone, fréquemment visitées, mais où aucune recherche sérieuse n'a été faite; celles d'Ecbalane, examinées plus superficiellement encore, lui ont paru devoir appeler les premiers efforts de l'exploration. Ces ruines se présentent sous l'aspect de monticules informes, composés par l'écrasement de grands édifices construits en briques cuites ou crues. L'Académie pense que l'exemple de Ninive doit encourager l'explorateur, auquel le mode de construction à moitié souterraine de ces grands édifices permet d'espérer la rencontre de monuments bien conservés. Bnfln, à son avis, l'intérêt du sujet est tel , qu'on ne doit rien négliger pour constater, pour décrire et, au besoin, pour recueillir ce qui peut subsister encore.
Les villes de Babylone et d'Ecbatane ne sont pas les seules que l'on ait à visiter. L'Académie voudrait que l'exploration s'étendit aux grandes villes de la Mésopotamie et de la Ghaldée, qui couvrent les bords du Tifj^e et de ^uphrate , et dont les ruines considérables et souvent sans nom, se trouvent dans une contrée déserte et sur laquelle l'exploration anglaise, lors du projet d'ouverture de la route commerciale de l'Eupbrate, a seule donné quelques notions.
« Les ruines d'Iskéria, de Tell-Id, de Seu-Kerab, que Fra- « ser a visitées, ajoute le rapport de l'Académie, et qui l'ont c frappé d'étonnement par leur masse et par leur étendue ; « celles de Warkah que le colonel Ghesney a distinguées à
< seize milles de distance, et d'où M. Loftus a tiré depuis, « pendant une visite très-courte , des antiquités curieuses; c celles de Niffer que M. Rav^linson a découvertes et qu'il c compare à celles de Babylone , et, sans doute, d'autres que « personne n'a encore vues, nous offrent les restes de ces « grandes villes dont paiie la Bible, et que les inscriptions c assyriennes mentionnent, et dont on n'a pu encore fixer c l'emplacement. Dans quelques-unes de ces ruines, on voit
< sortir des collines artificielles d'innombrables sarcopbages c en terre cuite, et le sol est jonché de débris antiques de c tonte espèce. » L'Académie est d'avis que ces collines artificielles garantissent la conservation de nombreux monuments, et qu'il y a là une belle et grande exploration à en-treprendre, et toute une partie de l'histoire ancienne et des plus curieuses à remettre en lumière, toute une branche de la civilisation antique à retrouver.
Pour atteindre ce résultat , il faudrait donc qu'une expédition scientifique, dont la durée devrait être de deux ou trois années, fût dirigée sur la Mésopotamie et sur la Mëdie. On pourrait la limiter d'abord à la Mésopotamie, en réservant la Médie pour une exploration ultérieure. Cette entre-