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RAPPORT SUR LES TRAVAUX DES DÉPARTEMENTS. 5S

XUipport à K. le Présld«nttda la BèpoUlqua Mir 1m fincwwax A dans iM dèpartaiiMiits.

(10 octobre.)^

Monsieur le Président,

Au moment où les préoccupations nées de Tincertitude de Tavenir viennent arrêter l'élan des affaires, votre constante sollicitude pour le sort des classes laborieuses s'est vivement émue des souffrances de ragriculture et de l'industrie. Il vous a paru que le premier devoir du Gouvernement était de consacrer tous ses efforts à ranimer la confiante» à releverle crédit, à donner de nouvelles garanties à l'ordre en assurant du travail aux bras inoccupés.

Sous votre inspiration, un grand exemple a été proposé au pays : les travaux de Paris vont réaliser les projets qu'avait légués à l'avenir le génie de l'Empereur. Déjà les halles centrales 8*élévenr. Bientôt la lumière, la vie et le mouvement vont pénétrer dans les quartiers que percera la rue de Rivoli, et les résultats ne tarderont pas à justifier les sacrifices au prix desquels ils auront été achetés. Celle œuvre, vous l'avez dit, monsieur le Président, n'a pas seulement le caractère d'une œuvre municipale. Vous l'avez envisagée de plus haut. Vous avez considéré que le travail ne saurait se développer à Paris sans accroître les relations de la capitale aVec les départements.

Mais vous ne vous ôtespasbornéàdonner aux départements cette preuve indirecte de bienveillance et d'intérêt. D'après vos intentions, je me suis occupé de propager dans les provinces le mouvement que l'initiallve de mon administration avait dirigé à Paris, et de concerter avec les autorités locales les mesures propres à atténuer les effets de la crise dont

l'activité industrielle est menacée.

539 MOTSTJIPP DS If^flO^^JUBUR (1851).

En provoquant la création de grands travaux d'utilité pu-

bUoyp» j'ai Ati imv epmpte dp l» «tn^tiQT) &ia|iqèiti des

communes.

Une année, en effet, s'est 4 peine écoulée depuis qu'un dégrèvement de 17 centimes a été accordé aux contribuables. Il eût été difficile de permettre qqe la réduction, si récemment consentie sur le montant de l'impôt général, fût annulée par des aggravations imprudentes de l'impôt local. Aussi un de mes prédécesseurs, dans une circulaire en date du 19 août 1950, recommandait-il aux préfets den*appuyer, dans le sein des conseils généraux, aucune proposition de dépense extraordinaire qui ne fût justifiée par la plus évidente et la plus impérieuse nécessité.

L'administration a respecté ce principe salutaire. Mais elle n'a pu se dissimulpr que le soin de renfermer l'impôt direct dans de justes limites n'est pas le seul qui doive préoccuper le Gouvernement, et que c'est peu d'alléger le poids des contributions, si le travail ne donne pas aux contribuables le moyep de s'acquitter envers l'État sans que leurs ressources s'épuisent.

J'ai pris soin d'appeler sur cette double considération toute l'attention des préfets, en les invitant à s'entendre avec Tad* ministratioi) municipale de leurs chefs-lieux, et à me faire connaître :

La situation financière de la ville chef-lieu ;

Les travaux publics extraordinaires projetés pour les derniers mois de 1851 et pour 1852^ ou susceptibles d'être entrepris durant cette période;

Enfin le détail des voies et moyens d^exécution, et le montant des ressources disponibles ou réalisables qui pourraient être affectées à ces travaux.

J'ai recommandé en même temps aux préfets de se livrer à la même étude au sein des conseils généraux, et de recher-

PBIMBS AUX AUTBURS DRAMATIQIJBS. 531

cher les moyens d'occuper, à défaat de Tindustrie privée, les bras de la populatiou rurale.

J'ai rbonneur de mettre sous vos yeux, monsieur le Président, 1-analyse méthodique des répcmses que j'ai reçues. Vous reconnaîtrez, j'espère, que vos intentions ont été se-! condées à peu près partout avec un empressement qui honore les conseils locaux. GrAce à la prévoyance de votre Gouvernement et à l'impulsion qu'il a donnée, la France ne verra pas s'ajouter la suspension du Uravail aux épreuves que l'année 185S lui réserve.

Veuillez agréer, monsieur le Président, l'hommage de mon

sincère et respectueux dévouement.

U ndnislrû de Vintérmir,

LéoH Faucher.

(Voir Appendice £.]

Bapport an 9r6«ident de la BApaUlqne pour laa primes à décerner aux antevTi draaatlffiiea.

(12 octobre.)

Monsieur le Président,

Op se plaint généralement de Tesprit qui inspire un grand nombre de nos pièces de théâtre; on signale à la fois et l'abandon des grandes traditions littéraires et une certaine ten» dance à aborder les sujets scabreux pour éviter les sujets rebattus, à confondre le scandale avec la nouveauté, à présenter les choses au rebours de toutes les idées saines et reçues, à transformer, en un mot, la pratique d'un art élevé, la principale 4e nos gloires, le premier des plaisirs de l'esprit, en une école d'idées fausses et de mœurs douteuses. Ce

n'estpaslà seulement, disent les plus sévères, la décadence de l'art, c*est encore un péril pour Tordre | moral dans la société.

Je reconnais que ce jugement n'est pas exempt d'exagération ; on pourrait citer» en effet, les noms de quelques auteurs dramatiques, et ce ne sont pas les moins connus ni les moins aimés du public, dont les ouvrages et les succès sont à l'abri de tout reproche. On ne peut nier, en outre, que l'opinion publique, parfois si indulgente, ne se montre id d'une susceptibilité qui n'irait à rien moins qu'à condamner les libertés les plus autorisées par l'usage et par l'exemple des grands maîtres, et à changer, jusqu'à un certain point, sous ce rapport, les conditions d'un art si difficile.

Hais n'y eût-il que cela, fùt-il vrai que le public soit devenu plus délicat et plus susceptible, fût-il vrai surtout que l'expérience des dangers que certaines doctrines font courir à la société ait rendu plus sensible l'inconvénient qu'il y aurait à ne pas fermer avec le plus grand soin, à ces utopies, la tribune retentissante des théâtres, ce ne serait qu'une raison de plus pour étudier les moyens d'encourager les écrivains à chercher le succès de leurs ouvrages dans un ordre d'idées et de sentiments plus conforme au bon goût et aux grands intérêts publics.

J'ai pensé, monsieur le Président, que rien de ce qui pouvait contribuer à amener ce résultat salutaire ne devait être négligé, et je me suis demanda en particulier si, à côté du devoir que la loi impose à votre Gouvernement de prévenir ou de réprimer, suivant les cas, les écarts auxquels s^ livreraient certains auteurs, il ne pourrait pas se donner la satisfaction de récompenser les efforts de ceux qui consacrent leurs travaux à des études plus saines et plus élevées.

Souvent, en effet, il faut bien le reconnaître, des œuvres consciencieuses et qui, dans d'autres temps, auraient suffi

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