PRIVILËOB DE LA BANQUE DE BORDEAUX
La proportion du capital aux opérations est> pour la Banque de France, de 4,58; pour les banques départementales, de 2,67 p. O/o. Si l'on entrait dans les détails, on trouverait que cette proportion se réduit, pour la banque de Lyon, à 1 p. O/o; pour la banque de Marseille, à 1,58 p. O/o. Quant à la nature des opérations, il est telles banques qui poussent aux escomptes. Ainsi la banque de Lyon, avec son capital de 2 millions, a un portefeuille moyen de 20 millions. La banque de Bordeaux, au contraire, s*élait jusqu'à présent à peu près abstenue d'escompte ; les valeurs qu'elle acceptait sur la place, et encore au taux de 5 p. O/o, n'ont eu, pendant longtemps, qu'une échéance moyenne de neuf jours, et un peu plus tard, de quinze; ce n'est que depuis la concurrence dont elle se trouve menacée que cette banque a porté la moyenne de ses échéances à trente-sept jours.
La chambre n'oubliera pas que la moyenne des échéances admises parla Banque de France, en 1847, a été de quarantesix jours.
Messieurs, d'où vient cette exagération à laquelle se sont portées les banques départementales? Elle vient de c^que ces banques n'ont pas de boussole. La circulation fiduciaire n'est fondée sur des bases solides que lorsqu'elle se répand ou se resserre de la même manière que la circulation métallique et par les mêmes causes ; or, je vous le demande, comment les banques départementales pourraient-elles régler l'extension ou le resserrement de la circulation en vue de l'état de la circulation métallique?
Cet état de choses leur est complètement inconnu ; elles regardent de bas en haut, elles ne dominent pas la situation comme une banque qui est placée au sommet du crédit ; elles ne consultent jamais le cours du change entre les pays étrangers et la France, elles ne savent pas comment se règle la répartition des métaux précieux entre les divers États de
lOil GHAMBa£ DJS8 i^PUTâ$ (1848).
l'fittTope^ elles ne s'oceupeat que des besoins de la place qu'elles desservent; leur seule règle, c'est la demande qui leur est faite de leurs billels pour Tescompte. Cela est tellement Trai que, lorsqu'il survient une calamité publique, que cette calamité amène des dangers peur les établissements de crédit, que le principal de ces établissements, sous la pression de l'orage, comprend la nécessité de resserrer ses opérations, alors il arrive souvent que les banques départementales se livrent à un mouvement contraire, et qu'elles choisissent le moment même où la Banque de France resserre ses opérations pour étendre les leurs. Voilà, messieurs, ce qui est anivé l'année dernière. Pendant que la Banque de France réduisait sa circulaiioii moyenne de 268 millions à 247, les baa^iies départementales élevaient la leur de 86 millions 1/2 à 90. Le mëine phénomène s'est produit en Angleterre dans div^iee circonstances; on a vu, au moment où la situation des affaires faisait une loi à la banque d'Angleterre de resserrer ses opérations, les banques de province étendre la leur avec une témérité que les événements se sont chargés de ch&Uer. Pour citer un exemple, je dirai que de 1838 à 1839, pendant que la banque d'Angleterre réduisait la circulation de 1 500 000 liv. st., les banques de province augmentaient la leur de 1 million sterling.
Je viens de dire tout à l'heure que les excès auxquels s'étaient portées et auxquels se porteront encore,si on n'y met ordre^ les banques départementales, viennent de Tabsencc de règles. C'est qu'en effet il n'y a que deux situations eu matière de crédit : la banque centrale ou la fédération des bMques; ei encore je prouvem tout à l'heure que le deuxième de ces systèmes suppose le premier. Il n'y a donc que deux systèmes : la banque centrale ou la fédération des banques. Le premier, c'est le «ystème anglais j le deuxL4:^me, c'est le système de l'Ecosse»