LA CINQUANTAINE
Musique d"A. Simiol.
Sonne, sonne, cloche fêlée, Pour moi sonne à toute volée, C'est le plus beau jour de mes jours; Après cinquante ans de ménage, Je viens, fidèle à mes amours, Renouveler mon mariage.
Dieu ! que Jeanne était avenante !
Elle avait quinze ans, moi vingt ans; Le maire la trouva charmante, Nous étions tous les deux charmants,
Moi j'étais brun, elle était blonde,
Elle était grande, moi bien pris.
Je suis voûté, la voilà ronde,
Mes cheveux sont blancs, les siens gris.
Ah 1 quelle fête 1 Les tambourins marchaient en tète,
Et deux bignous
Jouaient pour nous
Leurs airs si doux !
Si doux! si doux!
Vous dire que ce long voyage Fut toujours heureux; non, ma foi !
Je ne fus pas constamment sage :
Bonne Jeanne, pardonne-moi!
Pardonne-moi, et viens encore entendre A l'autel un serment plus vrai; Un serment peut-être moins tendre, Mais que diable ! je le tiendrai.
Ah ! quelle fête ! Gais tambourins, marchez en tête.
Que les bignous
Chantent pour nous
Leurs airs si doux !
Si doux ! si doux !
Eventrez mes vieilles futailles !
Guerre à mort à mon poulailler 1
Que les plumes de mes volailles Nous servent demain d'oreiller !
Buvons sec, rajeunissons-nous l'àme ; Car, dans cinquante ans !... Mais je vois Des pleurs... Sèche-les, pauvre femme, Va ! je t'épouserai trois fois.
Ah ! quelle fête !
Tambourins, sonnez la retraite.
Que les bignous
Chantent pour nous
Leurs airs si doux !
Si doux ! si doux!
Sonne, sonne, cloche fêlée, etc.
Cependant il est tout k coup repris par l'amour de l'Orient, même de lExtrèmp-Orient, de l'Inde, du Gange, de Brahma. Il ne s'agit plus du domaine de Victor Hugo, mais de celui de Thomas Moore et de Méry. — Puisqu'en ce moment, nous nous livrons à un travail d'archéologie littéraire, on ne nous en voudra pas de donner ici m extenso celte autre fantaisie poéti<(ue, si profondémenl diffi^rente des premiers essais de l'auteur: