‹ Léon SayChapitre 10 sur 83 · r 11 ***"*fc«r e · texte numérisé non relu

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à Guillaumin, à J. Gamier, à Biaise des Vosges, et le mardi 6 avril 1842 eut lieu la première réunion de la Société d*économie politique. Depuis lors, la Société a pris un développement important; elle a perdu, en revanche, son caractère d^intimité, ses statuts ayant été roodiGés lorsqu'elle a été reconnue d'utilité publique. Mais il n'est que juste de faire remonter à Horace Say le mérite de sa fondation.

Un moment, il avait été tenté d'entrer dans la vie politique. C'était en 1842 : on lui offrit une candidature au Havre, où il comptait des parents et des amis dévoués. A ce moment la liberté du commerce n'avait que de rares adeptes. Horace Say accepta comme un devoir la mission de défendre des idées qui lui étaient chères, et dont le succès importait à la prospérité publique. Dans sa profession de foi il eut le courage, assez rare chez les candidats, d'exposer saps ambages et sans réticences son programme économique.

€ Déjà, écrivait-il, en défendant dans le conseil général du commerce les principes applicables de la liberté commerciale, en demandant que les tarifs douaniers ne fussent plus employés à encourager et à soutenir des industries artificielles, en cherchant à démontrer que le meilleur encouragement à donner aux industries agricoles et manufacturières consistait à leur ouvrir de vastes débouchés, en favorisant, au heu de les entraver, les rapports internationaux, je défendais par cela même les intérêts du Havre, en même temps que les véritables intérêts du pays... »

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sujets sérieux, écrivait-il ; je voudrais pouvoir influer sur la conduite générale des affaires et faire passer dans la pratique mes idées économiques, mais, à côté de cela, je me sens un certain fonds de paresse, une certaine envie de vivre tranquille et surtout un grand désir d'être avec toi, de te voir contente et de pouvoir me promener près et loin avec toi *. » Voilà le secret de sa philosophie.

Horace Say ne fut pas élu, mais il obtint une honorable minorité. Jamais, d*ailleurs, candidat ne prit plus allègrement son parti d'un échec électoral *. Il faut dire aussi que les consolations ne lui manquaient pas. La vie fut clémente pour lui. S'il est vrai, comme nous le croyons, que le bonheur consiste à mettre ses occupations en rapport avec ses goûts et à borner ses ambitions, Horace Say fut aussi heureux que peut l'être un homme qui pense et qui n'est point égoïste. Marié à une femme d'une haute distinction, père d'un fils qui ne lui a jamais donné que des satisfactions, affranchi des préoccupations de la vie matérielle, suffisamment ambitieux pour avoir un stimulant à son activité native, mais assez modéré dans ses désirs pour n'éprouver jamais une déception trop vive, Horace Say avait su arranger sa vie en philosophe et en homme d'esprit. Ses lettres respirent le bonheur. Toutes sont exquises, pleines de naturel et

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