Lettre à madame Horace Say, 26 juin
2. Candidat à Paris aux élections de l'Assemblée nationale en 1848, Horace Say obtint 49 000 voix, mais il ne fut pas élu.
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rence qui existe entre le billet de confiance et le papier-monnaie, et en démontrant que la confusion de ces deux choses distinctes a été trop souvent la source de graves erreurs, commises par les gouvernements et les particuliers. Puis, avec beaucoup de clarté, il expose les phases diverses de la longue expérience financière tentée sous le ministère Turgot et ses successeurs, par les financiers Panchaud et Oonard, les fondateurs de la Caisse d'escompte. Cette caisse escomptait les lettres de change, elle faisait le commerce des matières d'or et d'argent, ouvrait des comptes aux particuliers, avançait de l'argent à l'État et enfin émettait des billets sans être tenue à l'obligation d'une réserve métallique. M. Léon Say analyse les vices de cette organisation défectueuse, résultant surtout de la trop grande latitude laissée aux organisateurs d'émettre des billets, et de l'abus que devait faire un gouvernement aux abois de sa faculté d'emprunter à une caisse qui n'avait pas les moyens de se défendre.
La péroraison de cette étude est aussi sommaire que l'exorde, ou plutôt, il n'y a ni exorde ni péroraison, dans le sens littéraire du mot. L'auteur dit sans phrases ce qu'il veut dire, trouvant sans doute que les faits qu'il a énumérés et les chiffres qu'il a groupés sont plus éloquents que tous les agréments qu'il pourrait y ajouter.
M. Léon Say consacra deux années de sa vie à compléter son instruction générale et à apprendre la pra-
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tique des âflkires de buMpie dans la maison d'Eichtal. En ro^me temps il s'occupait très activement de la citation de la Société des forges et chantiers de la M«>diti^rraiiée.
En ISSà,. «on pèi>^ le fit entrer dans les bureaux de la i\un)^a^ie du chemin de fer de Lyon. Immédiateinent il ^i^lnScfy^sa aux questions de chemins de 1er» et comprit la cmnie importance quelles devaient axx^îr sur le Je^t^Vpx^aiïeoi de la civilisation. Mais, dau:*i la $^ph^Te trfe n:ïv'^if:^V' ou ses occupations le c\MUUMiie«t^ il lae pw^xv^yai: raèce qu'il trouverait l\wANi\xtt d'irrs r^iNT $es iiees: aussi, tout en con- $i^r\ant $<^:*^ fv^:w^:oc5^ ^ <v::irÙ5s. « il cherchait acti- \v^n>f lit auli^cr^ * \ E;:x l$35 i, fut ncmmé secrélaw ivoxTâl if U lïirae i;i Bccriccaab^ qui venait
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de fer avaient à vaincre tant de préjugés et de difGcultés de toutes sortes, ne Tabsorbaient pas uniquement. Autant que les affaires, la politique et Téconomie politique l'attiraient. Entré au Journal des Débals à la suite de son mariage avec mademoiselle Geneviève Bertin — 1855 — , il ne tarda pas à s'y faire remarquer. Du journaliste de race, il avait à un rare degré la facilité, le tour aisé, le don d'exposer clairement les questions ardues, le style alerte et aussi l'ironie tempérée par une indulgence souriante. De plain-pied, il prit rang à côté des plus brillants polémistes de cette vieille et glorieuse maison des Débats, quoiqu'il se cantonnât presque exclusivement dans la spécialité un peu ingrate de la politique financière.
Enfant de Paris, très sensible au fond à tout ce qui pouvait contribuer ou nuire à la prospérité et à la splendeur d'une ville qu'il aimait, il s'attacha, dès son début dans la presse, à suivre de près les questions municipales, principalement au point de vue financier. Un des premiers dans la presse, il osa s'élever contre le système d'expropriations i outrance et de dépenses excessives, inauguré par M. Haussmann. Esprit trop pratique pour ne pas reconnaître que la révolution opérée dans les mœurs par les chemins de fer devait nécessairement provoquer une transformation dans les villes populeuses, M. Léon Say ne blâme pas en princi]>e la transformation de Paris. Ce qu'il critique, c'est, d'une part, l'abus des expropriations,
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boule de neige; que le public le sache ou non, je sais bien, moi, que j'en suis le noyau '. »
Cette campagne d'opposition entreprise, non contre les hommes du régime impérial, mais contre des institutions contraires à la liberté et aux finances publiques, M. Léon Say la continuait avec un succès non moins grand par des conférences. Un groupe d'hommes distingués, appartenant avec des nuances diverses au grand parti libéral, avait eu l'idée d'organiser une série de conférences publiques. La loi ne permettait pas le moindre empiétement sur le domaine de la politique, mais elle ne défendait pas l'économie politique et tolérait l'histoire, à condition qu'elle ne fût pas contemporaine. Sollicité de prêter son concours à l'œuvre commencée, M. Léon Say accepta avec d'autant plus d'empressement que, dans la conférence, il voyait l'occasion de se former à la parole et de propag^er ses idées. Le 27 novembre 1866, il fit à la salle de l'Athénée une conférence sur les sociétés coopératives, sur laquelle nous aurons occasion de revenir en détaiP. Tout se passa sans encombre; mais l'année suivante il devait se heurter à des difficultés inattendues. Qu'on en juge par la lettre suivante :
€ Ma chère tante, écrit-il le 15 novembre 1867,