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LEO» SAY, SA VIE, SES ŒUVaBS. 145
pas vous y prendre >, el alors M. de Bismarck se mit à passer le cachet sur ses cheveux et, après quelques frottemcDts énergiques, le cachet fît son office '.
1, Toutes le^ pièces onicielles relatives k celle népocia lion étaient restées en la possession de M. Léon Say. A sa morl, elles ont élé déposées aux archives de la Ville île Paris par M. Oeorges Pallain. Voici, d'après une noie manuscrite cle la main de M. ^ay, le bilan des sommes versées. • Les commissaires français remeltronl aui commissaires allemands ; T5 millions de billets de banque. S5 millions de numéraire livrés ï Versailles, 50 millions de papiers sur Berlin à 3. 75 plus ;; p. loo tirés par une maison française, endossés par la Ville de Paris, mais assurés par rinlermédiairc de la banque BleicbrOder, 50 millions de {lapiers sur Londres à 25.20 tirés à huit jours par une mai:son de Paris sur Londres. Les '5 millions de billets de banque el les 50 millions de Londres seraient remis le iâ février. Pour les 7r. raillions reliants, il serait remis le lî février 73 millions de billets de banque, lesquels seraient restitués lors de la remise, avant le 19, du numéraire et lors de la régularisation du papier sur Berlin. •
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u Si:iD«-<l~Oui« <t 15 939 loû à l>iris.
i son désir et, tout en ne se faisant guère illusion sur la constance des électeurs parisiens, il abandonna Seine-et-Oîse.
Ce dont M. Léon Say avait le plus souITert pendant le siège, c'était <Ie l'absence de nouvelles de l'extérieur. Il était donc impatient de savoir dans quel état il allait retrouver la France. Des écrivains intéressés à présenter les choses sous un certain jour ont beaucoup exagéré les effets produits par le blocus sur le moral de la population parisienne. Ce qui est vrai, c'est l'extraordinaire impression que ressentirent ces deux millions et demi d'êtres humains, quand ils apprirent que les privations allaient cesser et que les portes leur étaient ouvertes. Il s'ensuivit une sorte d'ivresse semblable à celle qu'éprouve le prisonnier mis en brusque contact avec le grand air, ou à celle du convalescent à sa première sortie. Tous les esprits, même les plus pondérés, ont subi cette influence indéfinissable. On était tout étonné de voir les gens de la province, qui n'ayant aucune raison d'être grisés par le grand air dont ils n'avaient jamais été privés, ne comprenaient rien aux idées et aux paroles d'hommes qui avaient vécu pendant si longtemps d'une vie i part. Des deux côtés on se regardait, sinon avec colère, au moins avec une stupéfaction dans laquelle entrait plus de commisération que de charité. Nous retrouvons un peu de cet état d'esprit dans la première lettre que M. Léon Say adressait de Bordeaux à sa tante, madame Cheuvreux.
J ■>■ - .. ". 3-\, VIE. SES ŒUVRES
.i ."iiu ic; 3uiiimt! ieus fois député et 8aaa y
.T. ■■ rîv;ut-.I !e IS fcvrîer : Seine-et-Oise, je 1 u> .1? -'i.' -t je D'avals fait ni afliches ni
„.—>-. i'iris» ■►a me ili:^t que je n'avais que , ,. , •:.'"-.. ;uiV-nfur an quaotum voulu de t. M.:.^->* L'iii. me voilà deux fois nommé, r i ..mi m To.-texte pour prendre un congé
.; --1. ,;- ua "Vmini? et ma GLle...
■■ •^..'.iM.mQOD. peaiiaat quatre mois et demi, ...■.,■. .1111 i Paris qu'en province des effets •"> . l'U» lie summes pas. Doas antres Parisiens. 1 ,v a ;u-'jvUn-i' et la province n'est pas à notre t ov s^'iiiLÛe que les deux idées dominantes de (i.'nU- itrovinciale, c'est d'abord une restaura- <■ '.Un 11 V en adoptant les d'Orléans, et ensuite la •.■u if pMris par le retrait de son litre de capitale.
-^ ii'tLV chutes me semblent aussi impossibles ■mo liulre. et peut-être que le centre gauche it jK-isuoder au centre droit qu'il faut rester dans tiK> si )H.'U agressive de ta République sans les
(I itio ilit i^ue vous êtes ici grands admirateurs iK'Itu. TriK'bu avait de bonnes qualités, mais il va.xiv'i ito moins dans le cerveau, et à Paris on ne i.ut |>.t.4 donné cinq mille voix. Il s'est très mal it .«u ^ I iH'tobre, et il a détruit avec ses discours « fotxv nioralo toute la discipline de l'armée, ottholiqui^ mystique, ce qui peut être très 't.iblo dans le particulier, mais ce qui ne peut
pas être un système polilique. Ainsi sa proclamation à sainte Geneviève l'eût fait mettre à Charenton, si Jules Favre n'en avait pas empêché la publication.
D Paris n'a fourni aucun homme. Dorian, dans lequel on a eu confiance, a pactisé avec les gens du 31 octobre. Ducrot, qui a de la valeur dans les deux sens du mot, avait la tète tellement surexcitée, qu'on pouvait le prendre pour un fou. Vinoy seul n'a pas fait trop de fautes, peut-être parce qu'il n'a pas fait grand'chose. Nous comptions donc, en rentrant en province, que vous nous aviez fait des hommes puisque nous ne vous en apportions pas : il se trouve que vous n'en avez guère, cela est un malheur... >
Quelques jours après il écrivait à son oncle :
« ... Ce soir j'ai été chez M. Thiers, et Barthélémy Saint-Hilaire, auquel j'ai confié mon projet, m'a dissuadé de prendre un congé parce qu'on était préoccupé, et qu'on pouvait convoquer la Chambre à tout instant pour iui demander de prendre une résolution grave. Cette résolution grave, c'est évidemment le déplacement de l'Assemblée. Thiers tient à rentrer à Paris aoec ou sans étape, et il veut pouvoir profiter du premier instant favorable pour provoquer une décision. Si une émeute avait été comprimée hier soir ou aujourd'hui, Thiers aurait demandé demain matin le transfert à Paris. Si l'émeute avait pu être, sinon
'- 5 SAT. SA VIB. SES (BUVHES.
-- M moins mise dans l'impossibilité de
mr^:: .iemandé le transfert à Versailles.
r- .r ,r.L* qaon ne pourra pas de si tôt
i, : -■-<:. a .fc Paris.
l: •-,^ ' •a'ïJ^-lïieàParis:lacon8titulion
■ L ■ -^--i'i-o de lagarde nationale. Le i:.-.-, •-- .-.rmi>er les mairies et la garde .i .. . -i -* i."ir-.«- contre des volontés
■ ..^-.- . -t,. .■^.'reanisation; mais jus- -■ -, -4.> '. •"iii:^ w fusil, ou, s'il y en a,
- . -r-'ut n«"i'«neot, qui, étant sans
■ -.-(r ,u :: ''■;ojreouau22janvier....
'■ ---fiiiiiir. \w.?ni61ée nationale se --■•- -î :: ■"'"""■li;-^ question suivante: - u.v ■; .>-s in ittiï permettraient-elles ! ^— ■"-■ ,.i: ^«rt^r. une commission -■■ . ii.i,..i;i.: r-^-Iairer l'Assemblée ■ .-•■-^ V L.'.a Say fut un des pre- -*ii.-- ■;>., ta *.-■.■ (uniission le choisit
■ ■- .- ,- n, .-: tt le désigna comme . - -=..:>-•■■.:; •Tisciîon chargée d'étu-
. . ;. . ^is lourde qu'il fallait se . . .:. .. -^L-n.-i résultant de la dua-
■ ■■ • ' *'"- -"irruption des commu- . !-^ .;,':^.„t' Je se procurer les élé-
■■ -v^t .■^ l'.'iis indispensables. Le ^ .■ <> ,^ ■o.-aîi ses deux rapports sur
LBON SAY, SA YIB, SES Œl'VRBS. 151
le bureaa de l'Assemblée et s'apprêtait à ea donner lecture, lorsque 31. Thlers interriot. Tout en rendant hommage au zèle e( à la compétence du rapporteur, le chef du pouvoir exécutif s'opposa très %-iTenient à la lecture de ces documents. 11 fit valoir qu'il était inopportun, sinon dangereux, de révéler la situation financière du pays alors que le gouvernement était en train de négocier pour se procurer des ressources, et que la divulgation de notre bilan risquait d'alTaiblir le crédit national , notre suprême ressource . Ce raisonnement était-il juste? Il est permis d'en douter. Quoi qu'il en soit, l'Assemblée, se rangeant à l'avis de M. Thiers, s'opposa à la lecture et à l'impression des rapports de M- Léon Say. Ces deux rapports n'ont donc jamais été publiés, mais ils ont été retrouvés en manuscrit et c'est fort heureux, car sous leur forme sobre et concise ils constituent une des pages les plus instructives de notre histoire iinancière.
Combien la France avait-elle dépensé pour soutenir la guerre depuis le mois de juillet? Sur ce premier point, les investigations de M. Léon Say avaient été presque stériles, et il ne pouvait en être autrement puisque rien n'était liquidé. Pour le département de la guerre seul, vingt mille marchés étaient encore en cours, et sur ce chifTre, le gouvernement n'avait en main que la copie de quatre mille. 11 était donc impossible de savoir, même à quelques centaines de millions près, le total des engagements. Incertitude égale sur le montant des charges qui pesaient sur les départements
e( le» communes. On savait seulement que 100 millions étaient entrés dans les prévisions de la complabililé générale, comme formant le contingent îles départements pour la dépense de mobilisalioD des gardes nationaux, et que 66 millions avaient été versés  valoir dans les caisses du Trésor.
Une seule chose parait certaine, c'est qu'en dehors et en sus des crédits ouverts dans les budgets ordinaires et extraordinaires de 1870 et 1871, une somme de 2 milliards 300 millions a été absorbée pour les besoins de la guerre. Et encore cette somme ne donnc-t^elle qu'une idée incomplète des dépenses totales. Il faudrait y ajouter les pertes résultant de la rentrée défectueuse des impôts, soit 400 millions au moins. Quant aux sacrifices que les villes, les départements et les communes se sont imposés, en dehors de l'armement des milices, pour l'entretien des troupes d'occupation, on n'en connaît pas l'étendue, mais d'après le peu qu'on sait il faut compter de ce chef sur une dépense de quelques centaines de millions. Si on n'est pas (ixé sur le montant, même approximatif, des frais de guerre, on connaît exactement le montant des ressources extraordinaires que le gouvernement s'est procurées. Le total s'élève à 1 milliard 573 millions, dont 418 millions provenant du reliquat de l'emprunt dit de 1870, 182 millions fournis par l'emprunt Morgan et 973 millions avancés par la Banque de France.
Que reste-t-il en caisse de ces 1573 millions? Rien,
absolument rien. Est-ce à dire que la situation soit désespérée et que le crédit de la France soit frappé à raortî M. Léon Say ne le pense pas.
« Avec la paix, écrit-il, Tordre, la régularité, et sous le contrôle d'une Assemblée élue, la liquidation de ce passé pourra être entreprise et menée à bonne fin. On créera des ressources, on annulera des crédits, on résiliera des marchés. Avec la guerre il faudrait non seulement liquider le passé — et dans quelle^ conditions? — mais avant tout il faudrait pourvoir i la continuation des dépenses. »
Or, défalcation faite des ressources ordinaires, la guerre exigerait une dépense de huit à dix millions par jour. Comment se procurer des ressources équivalentes? Par un emprunt étranger? Mais il est devenu impraticable, étant donné le taux excessif de revenu qu'il faudrait promettre. Au mois d'octobre, alors que la fortune des armes pouvait encore nous laisser espérer un retour, l'emprunt étranger était ressorti à 7 fr. 42 p. 100, comme M. Léon Say le démontrait dans une série de documents soigneusement contrôlés. Pouvait-on recourir encore une fois à la Banque de France? Mais les ressources de cet établissement ne sont pas inépuisables, et une émission indéfinie de billets amènerait fatalement la ruine de son crédit. Quelle combinaison propose-t-on? « Et cette combinaison, si elle est possible, peut-on affirmer qu'elle soit compatible avec l'honneur du pays ou qu'elle n'amène pas sa désorganisation? »
i LÉON SAY, SA VIB, SES ŒUVRES.
Fidèle à son rdle de rapporteur d'une commisaioa argée de présenter les faits et non de les discuter, . LéoD Say s'abstient de tout ce (]ui pourrait resmbler à une critique et même à une appréciation, élevant au-dessus des récriminations de parti, n'a pas un mot d'accusation contre les auteurs et i continuateurs de la guerre. Alors que la paix est pas faite et que Fennemi couvre encore un trs de notre sot, il lui paraît antipatriotique de le endre à témoin de nos divisions. Sans doute, cerines opérations financières eussent pu être mieux induites. Hais avant fout il fallait se procurer de lisent. * Les opérations militaires entamées, écritne pouvaient, tout le monde le reconnaît, être fêtées par des considérations financières. Le succès )uvait peut-^tre se trouver dans la résistance, lonneur y était à coup sur. > Et il explique sans issîoD coronient tes hommes qui avaient assumé ia urde tâche de continuer la guerre ont été amenés à dger du pays des sacrifices excessifs.
H. Thiers avait été extrêmement frappé de la lecirc de ces mémoires et il s'en était exprimé de la çon la plus flatteuse. It connaissait depuis longtemps . Léon Say et, plusieurs fois, lors des luttes élecirales de 1863 et de 1869, il lui avait demandé 3tamment des explications détaillées sur la situaan financière de la ville de Paris. Mais il n'avait .mais été aussi bien à même d'apprécier les rares iialités de précision, de clarté et de méthode que
LÉON SAY, SA VIE, SBS (EUVHES. ISS
possédait M. Léon Say. De ce jour il le suivit avec une attention particulière, et on peut dire que déjà la place de M. Léon Say était marquée dans son conseil.
La discussion de la loi sur les élections municipales et sur le régime spécial à donner à Paris, qui eut lieu alors que Paris était en proie à l'insurrection, devait donner l'occasion & M. Léon Say de montrer quelles étaient ses idées sur le rôle et l'importance de ia commune dans la nouvelle oi^aoisation politique. Dans le projet présenté par le gouvernement, la formation de la liste électorale était réglée par un des articles généraux, qui ne faisaient entre la liste municipale et la liste politique d'autre dîlTérence que celle du domicile. Tandis qu'il suffisait d'élre domicilié depuis six mois dans une commune pour y acquérir ia qualité d'électeur politique, il fallait prouver un domicile d'une année pour y être inscrit comme électeur municipal. Les deux listes étaient donc à peu près identiques; c'est cette symétrie que combattît M. Léon Say.
Pendant sa campagne contre l'administration de M. Haussmann, il avait été choqué de l'injustice qu'il y avait à appliquer, à Paris, la liste politique aux élections municipales. Des dépenses considérables avaient été faites depuis plusieurs années, grâce à des fonds empruntés pour quarante ou cinquante ans, et le poids de ces dépenses avait été par toutes sortes de combinaisons rejeté du présent sur l'avenir. Quelle
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■ Quant à moi, disait H. Léon Say, je considère qu'on appartient à l'association communale quand OD est né dans la commune. U est certain que nous avons deux patries : la grande et la petite; et alors même que nous sommes éloignés de la petite, c'est-à-dire de la commune où nous sommes nés, nous conservons toujours des sentiments d'afTectlon pour cette seconde patrie, et un grand intérêt pour sa situation et ses afTaires. A ceux qui sont nés dans la commune, je ne discuterais pas leur droit, et quand même ils auraient été absents pendant longtemps, lorsqu'ils reviendraient, je ne leur demanderais que six mois de domicile pour rentrer dans leurs droits électoraux. Hais, quant à ceux qui sont des étrangers, comme j'en vois, par exemple, un grand nombre à Paris, étrangers venus de tous les points de la province et opprl mant en réalité les vrais Parisiens, à ceux-là, je demanderais des garanties sérieuses, d'autant pli sérieuses qu'on voit souvent ces étrangers s'établir dans la capitale pour une année ou deux, durant lesquelles il leur est parfaitement indifTérent que la commune s'obère par des charges résultant d'emprunts trop fréquents, les gros impôts ne devant être prélevé^ pour faire face à cette chaire que lorsqu'ils n'y scroi^ plus. »
En conséquence, M.Léon Say était d'avis d'imposer à ces étrangers des conditions très sévères de naturalisation communale : deux ans de domicile, (rois ans, voire quatre et même cinq ans. Ces observations.
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i'.'a&timMe le 14 avril. Elle ■«.'il municipal élu par quar-
LEON SAY, SA VIE, SES ŒUVRES. 15* tier, par le suffrage universel, et des maires et adjoints choisis par le goureniement, mais la théorie de la naturalisatioD municipale avait été malheureusement écartée. Ce fut une lourde faute, comme les événements ne tardèrent pas à le prouver.
Pour mettre en mouvement l'orçanisation nouvelle, il fallait un homme décidé à accepter les responsabilités, et assez habile pour créer de toutes pièces les rouages d'un organisme compliqué et délicat. La part considérable qu'il venait de prendre dans ce grave débat, la connaissance profonde qu'il avait des ressources financières et des besoins de la capitale, tout désignait M. Léon Say au choix du chef du pouvoir exécutif et du gouvernement. Au conseil des ministres, M. Tbiers proposa de nommer M. Léon Say préfet de la Seine, et ce choix fut unanimement approuvé. M. Léon Say, averti par M. Jules Simon, ■ fît le mort* '. Quelques jours après, le gouvernement revint à la charge. M. Thiers insista particulièrement sur cette considération qu'il avait besoin d'un préfet de la Seine assez fort" pour se tirer d'afîaires tout seul », alors que l'attention du gouvernement était absorbée par mille occupations de la plus haute importance. Il parla d'un grand devoir à accomplir. M. Léon Say céda et le 5 juin 1871, alors que Paris fumait encore sous un amas de décombres, le Journal officiel enregistrait sa nomination à la préfecture de la Seine.
t. Lettre du fjuin 1871.
Ce n*était pas sans raison que M. Léon Say avait hésité, avant d'accepter un fardeau dont, mieux que personne, il connaissait le poids. Mais une fois sa résolution arrêtée il se mit à l'œuvre sans perdre une minute. Le jour même de sa nomination il rentra dans Paris, et, l'Hôtel de Ville étant détruit, il s'installa avec quelques agents dans un entresol du ministère des affaires étrangères. Quelques jours après, il prenait possession du palais du Luxembourg devenu l'hôtel de ville provisoire de Paris.
Tout était à faire. Le nouveau préfet de la Seine n'avait à sa disposition ni argent, ni archives, ni dossiers, ni comptabilité et les besoins étaient immenses. Tout de suite, il jeta les bases d'une organisation administrative simple et vigoureuse* Pour faire face aux obligations de tous genres qui assaillaient la préfecture, et pour lui permettre de suivre les travaux de l'Assemblée nationale au moins en ce qui concernait Paris, il fallait concentrer les services entre les mains d'un petit nombre de fonctionnaires. Il créa quatre grandes directions, sans distinguer les affaires préfectorales, c'est-à-dire du département de la Seine, et les affaires municipales intéressant exclusivement Paris. C'étaient comme quatre ministères qu'il faisait dépendre d'un pouvoir exécutif. Il allait, en effet, se trouver en présence d'une sorte de parlement représenté par un conseil municipal de 88 membres élus, y compris les conseillers généraux des communes suburbaines. L'administration de Paris
LËON SAY, SA VIE, SES ŒUVRES. 161 et du département ressemblait donc à celle de plus d'un État par la grandeur des intérêts en jeu, et par ta forme de discussion qui allait être inau^rée.
Cette organisation sommaire avait le mérite de permettre au préfet d'être au courant de tout, en n'ayant atTaire qu'avec quatre personnes seulement, et de s'attacher successivement à toutes les questions importantes qui allaient surgir. Toutefois elle n'était pas sans inconvénient, et peut-être ne répondait-elle pas, en effet, à un besoin déOnitif. Le département de la Seine y était comme noyé dans la ville de Paris, et son administration pouvait y perdre de l'unité; les grandes directions ne devaient pas tarder à s'ériger en manière de préfectures indépendantes. Mais les moments étaient comptés, et pour reprendre en main tous les tîls rompus ou relâchés de ce vaste organisme, le système adopté par M. Léon Say était le meilleur. Bien que le temps en ait montré les imperfections, il était difficile alors, sinon impossible de faire autrement.
Pour compléter l'œuyre de réorganisation, il fallait réinstaller les mairies et constituer un conseil municipal. M. Léon Say désirait procéder promptement aux élections municipales; mais ii y avait des élections politiques complémentaires à faire, par suite des options des élus du 8 février et de la démission d'un certain nombre de membres de l'Assemblée nationale, qui avaient adhéré à la Commune, ou qui avaient voulu mériter par leur retraite la bienveil-
. - -■--■-■■--. ii--r-T« iifinn^', H. Léon Say ,-.-.. nimi:'iiat"f fussent lieu
- j - - . '■ ■"•«- ..jtiTf"-::! u- Tv-mu^' les
.„. — ■ ■■•■c •- :n" nuinte jours
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