‹ Léon SayChapitre 20 sur 83 · LÊ05 SAT, SA VII. SES ŒCTIBS. ISI · texte numérisé non relu

LÊ05 SAT, SA VII. SES ŒCTIBS. ISI

inai^ren U pmiii^« sectïoa da réseau méiropoUtain. Ce jour-là. Puis serait bien ingrat sfl dIiooorait pas d'une bçon particalière la ménioîiv de M. Léoo Say. qui. le premier, a ea la Tïdooté de le doler d'oD DonreaD mode de transport. a|^idé à rendre d'tiiaiq>réciai4es services aox classes paarres et laborieuses.

Dès son entrée à la préfeclnre de la Seine, X. Léoa Say s'était préoccapé presque simultanément de deux qneslioos capitales : les finances et l'insIroctioB publique. Sur le premier poinL il se ssTait assez bien préparé pour accomplir seul sa tâcbe. Sur l'instruction pabliqDe il arait des idées générales, mais, bote d'expérience, fl se trourait assez empêché de les appliquer. Il eut la bonne fortune de reocCHitrer dans SI. Gréard, directeur Je renseignement primaire, 1 un guide émérile et no collaborateur di?ne d'une absolue confiance. Esprit clair et précis, admini^tr»teor consommé, doué d'une rare puissance de IraTafl noie â une nande ténacité, animé f>ar-de$«u5 tout d'un lèle arleot, M- Gréard était fait pour s'enlen-lie arec M.Léon Sar. Ce* deux hommes se connaissaient • déjà, ayant eu l'occasion de se rencontrer cfaea Prérosi- Paradol, et tout de suite s'établît entre eux une rommuoion d'idées qui deiînl bientôt une amitié sincère et réciproqoe.

En arrirani aux affaires, M. Léon Say aTail <jit à M. Gréard : « J'aime les questJvDS d'în*Iru':'J'.-a f-abtique et je crob que de ce c-'M fl y « beau<'>ap

s ie:i: ïst. £a t:£. sss œcvres.

:i.-;*e* » fiirf . Mûï j(- i»t «'y cODOUS pas assez; *.« j* f'>c.:-:t i;:irT .25 j>-:<3r m'ûder et me guider. De .3 oM^, je j-eiiî* »T..:r c3<-ÏÇDf pratique des ques- ■aç ÊQiDÔt-rï*: je tvu* W af<f>refidru et je vous ::irru à la to:J*rr'^:-a d'us Itodgrt. A nous deux, i 11 c'.-nTÎ'.tif-a que d-i-us ferons de la bonne beso- *-. » El 'fo fi'éUit mi< à ro-OTre. Presque tous les urf. q'Jîiiil le traTsil administratif était expédié, sures de n«r pas flre drranfés par les importuns, . Léon S^T el IL Gréani ftassaieol de longues heures

étudii-r les am<^li<irali<*as à introduire dans les verses Lranche* de l'instruction publique. Sous ce rapport, en dépit des efforts très méritoires ' l'adininistration prét^^édenle. il restait encore beau- <up à faire pour élever Paris au niveau d'autres Iles de moindre importance . Il fallait d'abord eltre l'instruction primaire i la portée de milliers enfants qui en étaient privés. • On ne peut tolérer, sait M. Léon Say à la distribution des prix du cotçe Chaplal', que, dans des a^lomérations aussi nsidérables que celles de Paris et du département : la Seine, il y ait des masses d'enfants croissant ns l'ignorance et dans l'indiscipline, n'entendant mais parler de Dieu, de règles ni de devoirs, et ayant pas en main ce premier outil de travail, ce emier levier d'indépendance et par conséquent de E^nité, qui s'appelle l'instruction primaire. >

. TaoDt 1872.

LÉOS SAT. SA VIE. SES ŒETEES. 183

Accroître, soîl par des crêstioos DomrcUes, soit par des aménageiDents prorisoires, le DOmbre des |Jaces dans les écoles ciMiimanales et les salles d'asile, étendre â tons les élères la gratuité, améliorer le matériel de l'enseisnemenl. créer des bibliothèques scolaires, organiser la gymnastique, étudier les moyens de remédier aux lacunes de rapprmlissa^, développer renseignement professionnel, améliorer les traitements du personnel: enfin, tout en bâtant Tacbèvement des écoles communales, prêter autant que possible une aide efficace aux écoles libres : tels étaient les points principaux du programme élaboré par M. Léon Say de concert arec M. Gréaid. Tontes les parties de ce pnçramme qui permettaient une réalisation immédiate furent immédiatement réalisées, grice au concours du conseil municipal, qui, sur ce point, marcba d'acconl arec l'administration. D'autres parties, qui demandaient le concours du temps et de l'expérieuce. ont été seulement abordées. Il était réserré â M. Gréard de mener à bien cette œuvre. On sait avec quelle supériorité il s'en est acquitté.

Le cadre de notre travail ne nous permet pas de suivre H. Léon Say dans l'application de tons les détails de sa tiche '. Noua nous contenterons donc de

1. Consulter Ifs très rcmarq'ulilM aolft. nurm'Am et npiairlt rédi^ par H- Grc«r>l ^ur Vitilntlum priBuârr a Paru ra liTI-IfTS. Ces rapports. puUiH m l'T*. nol »i* f«pr>]'jjt? par lear autour dans ma magUtral ouTn^e tur ïltitXrarMiiti publ.que, 4 tuU Pari», HacbeUe.

184 LÉON SAY, SA VIE, SES ŒUVRES, signaler les points principaux sur lesquels il a fait œuvre de novateur.

E)n matière d'instruction publique, M. Léon Say n'était pas partisan de la gratuité absolue. Il savait très bien que cette prétendue gratuité n'est qu'un leurre, puisque te contribuable paie sous forme d'impdt te service qu'on lui rend. Il admettait néanmoins, qu'en aucun cas un homme ne peut être privé du bienfait de l'instruction, et que c'est un devoir impérieux pour la société de mettre ce bienfait à la portée de tous. Mais n'était-ce pas aller trop loin que d'étendre la gratuité à des familles aisées, qui non seulement supportaient sans se plaindre les frais d'école, mais qui même tenaient à payer l'éducation de leurs lilsî Enfin, M. Léon Say croyait avec raison que la non-gratuité créait un lien de gratitude pour les enfants envers leurs parents. En effet, ■

\ il est bon, il est salutaire, il est moral que l'enfant, jarrivé à l'âge d'homme, connaisse le prix des sacnjfices que se sont imposés les siens pour l'élever et 'l'instruire, tandis que la gratuité le dégage de cet

[^impérieux devoir de reconnaissance.

En principe, M. Léon Say était réfraclaire à l'obligation légale. Oui, c'est un devoir absolu pour un père de donner à son (ils l'instruction, de favoriser son développement intellectuel, comme il est tenu de pourvoir à ses premiers besoins. Mois dans quelle mesure la loi doit-elle intervenir pour obliger les pères à remplir une obligation morale? Une fois entré dans

LE*5 SiT. SA Tlï- SIS ffrTBIS, 185 cette Tcîe. <m f^arri-'.erm-i-O'ii- ï^f ina> •în».- ridnine lotis les bomnKrç ne f.-zii ps? sotsil'Ifs x la coittïûile mcTale, il se it*Îzii»j; à r-'i.iiçiDcai, 3*- rot-me çnfl sobissul la srak:i!«-.

Oo<«i ^'fl en ^ ÎL il (lCu! aTi<^r «c jca*. j-ressê. t'esl-è-dire s'omipeT 3e rarruiiifiwirM-iiî 3f* éf,.l*s coiomonales existantes <-î m rrê*-r ô? n '-irv^-îles. Son premier s^-in hit J'îascrire ac î'-ir*-; ;!<■ 5?T3 une somme 3e IS rEÎla:<n5 j«>Er U c-.'aîirDrii..n rt l'appropriatioa ■l»-s liit:n»*-î.ls sr 'Lfref- ç:i u^vaM'ut foaniir Î2 5'!<t j'iace*. lla^> i] rw *.cfi;sai' jits if cré*r des places, il fallut ao'K ;r»r-Jrî>*T a=x ■êiarsîesrs de la jeanesfe uoe Ui-ii»*- EL--;b':i-^ ie triTaîl. ■ L"o!^ief propre de l'enseîjnM-rri'-i:; j-nmaire- c'est ^ai-zH. sans doDle, d'inmlqTK-r à Feiifai: ci; r^riiin n-:Ti;t-re -ie c-:»!»naissances p-ositiTes sans Ics^:;^!;-:* ]'tiv~3e *■*■ tr^Tre aujourdliai. coma» (-n l'i dit, «i i^'-r* -if !'t::manilé. » Mais c'est en ofrn*- te3j«5 <3e î'.-rzn*-r ft de développer en lai le Ifos f«i:s et le ^ns nK<n] : ■ le bon sens, par r^ierrice i-^ raiw*n*-ni«it ; le sens moral, par la culiare i*^ t-,--* 1*^ s^DtirufïJÎs bc-nrirl^-s. de tous les îortiDrt'. t-î»T*^ doDt IH^-a a "i-fiosié le germe dans 50B ca-ur... Placer soos 1** yeni de t'enfant des peiutor»^ <pî a^ruidisseDl b'ja imagination et qui élt-vent vj:i 4iD*r: faire dç la France oe que Pascal a dit de rbumanît^, un ?raif] ftre ç^ subsiste perpétoellt-mf-nt. et donn*-r par là ro-'ine à l'enfant une îdw de la j>8lri»f. d*-* d*-v<.irs <jc'i-IJe impose, des sacriCf*-» ijj'rij'r eiist: t>-l doil être le*-

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fr ur-- »-- .ai- u- ; f ..t-, «■ lei- «onl. soi: d^ Ion* 'ji---....:ir r-i^-riL/r- t-j:: ùa^ ieon. apfJkalioiis -;■— jt.fï- *-- ;T.-.^r ' eDwasBŒiail el les o»**^''^ '.^ »-; :i.Mrcr^ -a- ■î-TilicaiiTtff de ] oipiusalioli

V ■■■::.: J-— \^ L^ .:. Sa^ comprenii: if rûle Je : ;;.-.r^ -L r i. Eu^?.--! d- îiostitotear-. Toalrfuiij«- >-- ^ ..- ■^■. ; î .:r:i::r- -J- :-oij e^riL il s* sentait -jt. -j d::;:- 1■:•^^ ' f Uf-mitemail primaire «"[•éneur. ^u• •.. ;..];-: .,. rraii ;^ ainéiioralioii5 araienl été tKi'.,^-^ i-ar î aiiiiiuii-iratJ'Jii précédente. Sous Iba- Li..- tii;-':li.ii. (.' liL ii'.iuDit dinnr faaole Taleur morale e! iii:..:;^:iii^I.. . M. Mauri.f Monjeu», le collège Ciiapu: ^uit o-v^-iiu un étaiilissement d'un ordre à l'îif^, ^lui.rtttrtHiiit l'iUi- If-f- dern-p de lenseçnement, UlJM.-^.l.;■(.ulî.IJi^ur•,l.u!paI! t-iudr des lanfues vivantes, «ioi: B<k-iit;es Ui^oriiju« ft api'liquées, aux emplois de i iiidi..-.tn.- H du cuiiimert*^. Plus modeste, mais non (ii./iiif uti:.-. ^Uif l'^ole Turj;ol que dirigeait M. Ma^ ^■u«-jiii. m-'-mM par ua t-ducaleur de premier ordre, M- !-.-<:- Mi<l.<;I. Olait parla base uo véritable enseil/in^miuil industriel et commercial, ne formant direo- Uii,i:ul à aucune spécialit* restreinte, développant ).-• u(.litud«8 fi.:-iiérales et préparant ainsi a tous les ^iiirt-a d'applications.

), li,i|.|,.,ci ri-'ii^i: par M. Créwd «t ipprouTé p«r M. Léon S«vk »'l ■■'|,l.>iiil.rr i»-,!.

2. l'u.» •■iwmrawr I" production de bon» ouvrages pédagopiqins. M. t,il.,ii Mii> iri'ii iJ..u/.e prli de (000 franc» chacun pour le meill"" llvro >|i)l. daio itNuciiio .1«. maliére» de l'en»eiglle^len^ seraii P™" dull (lAn* un d^lui iléicrmirié.

LB0!1 SAT. SA VIS, SES Œl'VBBS. 187

H. LéoD Say comprit bien rite quels services pouvait rendre à une société démocratique un enseignement ainsi organisé. Hais, avant de décider la création de nouveaux établissements, il tînt à se rendre compte d'une façon très exacte du fonctionnement de l'école TurgoU A la suite d'une minutieuse inspection entreprise de concert avec H. Gréard, son opinion était faite et sa résolution prise de demander de nouveaux crédits, pour les établissements i installer dans les quartiers qui en étaient dépourvus.

Plus encore que l'enseignement primaire supérieur, la question de l'apprentissage sollicitait l'attention des hommes de cœur. Sous ce rapport, tout, ou presque tout était à faire. En dehors d'institutions, dues à l'initiative privée, des bourses municipales d'apprentissage, et de quelques classes spéciales d'art et de dessin géométrique dans certaines écoles de la ville, rien n'existait pour le développement de l'apprentissage, et une enquête faite en 1864 cunstatait que plus de vingt-cinq mille enfants à Paris n'avaient aucun moyen d'apprendre un métier. Pourquoi la ville de Paris ne ferait-elle pas pour le recrutement des ouvriers, ce qu'elle était en train de faire pour le recrutement des carrières commerciales et industrielles, c'est-à-dire ne créerait-elle pas des écoles d'apprentissage* Avant de prendre ce parti. M. Léon Say réfléchit mûrement, car il ne se dissimulait pas les dangers el les inconvénients de celte mesure. Il n'ignorait pas qu'il est impossible d'avoir une école jiour

IM LEt'S £AT. >4 VIE. SES ŒUVIIES.

rim^M: mt<i*T. non j-!us que Je réaoir les |<Him-^^ex m^LMTï âuti i:ii<- ttole. et cooséqnemiDest 4e «al»fjÔT* la T)irit4if inlJuie des besoins. Et (•ai*, l-.-.'rf* le» «v-'W. pir «4» «Til «ju'elles «ont de* «-oie*, Dt li(«it^ijt-f;^]e§ pu trop loD^^mps l'apprenti en tcu-n-f-. tx.i.1^ 4« lui apprendre à s« dirieer dans U IsUe de U TÎe? Eunn. <]De de dîfGcultés d'exé^otioa? Cooawsl rhoÎMr entre les sx^ièmes en préseoceT FaLaîlHl plv-er l'école primaire dans l'aletier, on placer ratebcr daii» l'érole primaire, ou juxtapo<«r l'école primaire et l'^iÏTlier en laissant à chacun des denx ètaî>li<.sen>^€>t$ sa TÎe indépendante, ou faire de l'école d'apprentis une école spéciale, dans laquelle tous les besoins de l'éduralion de l'apprenti seraient assurés?

M. Léon Sayen était là lorsqu'unecirconstance heureuse Tint mettre fin à ses bésilafions. M. Gréard loi écrivit qu'au cours d'un Toyage de vacances fl avait visité une école d'apprentis au Havre, et que cet établissement de date très récente — 1868 — pouvait, en dépit de ses lacunes et de ses imperfections, servir de point de départ pour des établissements anak^ues. H. Léon Say ne demandait qu'à être convaincu, et après s'être rendu compte par lui-même de tous les détails de l'organisation projetée, il procédait à la création d'une grande école d'apprentissage conçue sur des données rationnelles et pratiques*.

i. Consulter, sur l'organisation de l'école du HaTreet sur laeiraou de* écoles d'ai^reutis à I^ris, le rapport de M. Grcord da " décembre 1871.

II n'est pas resté assez longtemps à la préfecture de la Seine pour suivre les progrès de l'école fondée par ses soins ; mais jusqu'à la Un do sa vie il n'a pas cessé de porter un intérêt très vif à cette question de l'apprentissage. Président de la Société de protection des apprentis, il apportait dans ses fonctions un zèle qui ne s'est jamais démenti, et il faut reconnaître que la reconnaissance que cette utile société n'a cessé de lui témoigner était bien faite pour l'encourager.

C'est au milieu de ces multiples et incessantes occupations que s'acheva l'année 1872. Sur ces entrefaites, M. de Goulard ayant quitté le ministère des finances,' M. Léon Say fut appelé par M. Tliiers â lui succéder;

a Je suis ministre des finances, écrivait-il à son oncle, H. Cfaeuvreus, le ' décembre; j'y arrive à un moment bien difOcile, ooo pas au point de vue spécial des fonctioD.s que Je vais remplir, mais au point de vue général de la politique dont je vais être pour une |tart responsable. J'ai beaucoup bésîl''-. M. Tbiers m'a fait l'oITre dans la journée d'hier vendredi. J'ai obj'rcté qae je pensais qu'il y avait lieu de former un cabinet plutôt que de pourvoir à de« vacancr* isol^rs, et j'ai demandé jusqu'à ce malin fxyur nl-fl^bir. Dari4 la soirée j'ai réuni mon [x-!il conï^il d<r t^ffre, a «avoir J... et L..,; il* ont ^-'-^ d'avî* q-j'il failî^it a/:/-':j.t*;r, »d j'ai été porter te matin n>ou 9rr*r].'Mi',tt.

■ D est clair ^-^ k rt-mmii^rr.'-iA i'iiit ;*: fait ^*t\i*. vent dire, non (■«.* r.t,z:r.'.\^K'.',n -ij.'!» U- **r.* i*-. t*:*:).

IBO LÉON SAY, SA VIK, SES ŒUVRES, mais apaisement. Le centre gauche ne peut pas abdiquer devant te centre droit, mais il peut faciliter un rapprochement sincère. C'est uue tentative pour reformer une majorité des centres, cette tentatÎTo poursuivie tant de fois sans succès et qui pourrait bien échouer une fois de plus.

> Je ne me considère jusqu'à nouvel ordre que comme une sorte d'intérimaire; mais cet intérim plus ou moins prolongé, et pouvant devenir plus ou moins définitif, me permet de sortir d'une situation qui devenait loua les jours plus fatigante, et qui m'usait h me vieillir de six ans tous les six mois. J'ai en aujourd'hui ma dernière séance du conseil municipal et elle a été chaude. Elle a duré six heures; j'y ai fait un discours d'une heure et demie ; c'était sur l'emprunt, et je suis fatigué. Je vais être remplacé par Calmon. Calmon a beaucoup de chances de réussir; il connaît très bien les affaires, il entend admirablement les Gnances, et en lui faisant une réputation de radical, ce qui est absurde, la droite l'a mis à l'abri du soupçon de réaction. Le conseil municipal ne sera pas en défiance avec lui, ce qui est beaucoup... •

Certes, M. Léon Say ne se dissimulait pas la lourde responsabilité qu'il assumait en acceptant le ministère des finances, dans les circonstances délicates que subissait alors la fortune publique. Hais, après le labeur excessif auquel il s'était livré pendant dix-huit mois pour réorganiser les services de la ville de Paris, changer de travail devait lui paraître un soulagement.

LÉON SAY, SA VIE, SES (EUVRBS. 191 Nous n'avons fait qu'indiquer les grandes lignes de sa gestion préfectorale. Pour bien se rendre compte de l'étendue de sa tâche, il aurait fallu pénétrer dans le détait et montrer la somme inouïe d'efforts qu'il a dépensés en vue de remanier une administration désorganisée, de venir à bout des résistances d'un conseil municipal politiquement hostile, de reconstituer les finances, de réparer les désastres d'une double guerre et d'imposer à la routine des améliorations qui, lor» de son départ, n'étaient encore qu'en germe, mais que ses successeurs n'ont eu qu'à développer. Il faut que l'effort ait été bien grand pour qu'en dépit de sa puissance vraiment exceptionnelle de travail, M. Léon Say ait gardé de cette période de sa vie une impression presque douloureuse. ■ Je n'ai jamais autant travaillé, disait-il, et j'ai laissé dix ans de ma vie à la préfecture de la Seine. *

C'était vrai ; il sortit de cette épreuve comme courbaturé au physique et au moral, et la réaction a été longue à se produire. Il semble cependant que personne ne lui ait tenu assez compte de ce long sacrifice. On a oublié que M. Léon Say avait pris la direction des affaires municipales dans des circonstances dont notre histoire n'offre pas d'exemple, et on a trouvé tout naturel qu'il ait accompli, si bien et en si peu de temps, tant de choses à la fois. La postérité sera plus juste que ses contemporains.

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seulement la t&che aussi péoible, mais moins brillante, de liquider les opérations en cours et de régler le fonctionnement des impôts nouveaux.

c L'Allemagne avait déjà reçu un peu plus de la moitié des sommes que le traité de paix lui assignait; mais notre libération réclamait encore un versement complémentaire de 2 milliards 300 millions. Il fallait poursuivre les recouvrements successifs sur le dernier emprunt, tout en évitant une crise qui pouvait être funeste aux affaires comme au crédit de la France. On devait, en outre, trouver au fur et à mesure de la rentrée des fonds le moyen de convertir notre aident en lettres de cfaanse sur l'étranger, et en m4me temps sauver notre circulation d*une dépréciation qui aoii* aurait précipités ''ans l'abimf- du [ta;-i'T-moDriaie, *iati espoir d'eo sortir de lon:;Iem[r-', »

On voit combien la Ik'k^ était d';licate. M. tJrttn Say s'y consacra enSi-Tement, CVr^t ce qui explique que. pendant lv!;te c<rlt^ j-én',-!;;, *** ir>l^rvt;r>ti'fii« a la briliuDe hirent f-^'J fréq:en;ir* et îr*-* Utî-rt^. Ji^ttimoins, il d-:t yr*-^'.rc a*»-*^ Vj';^'rnt U ;.irol*r, v,ii pourréj- ûîre a :r* ':z^''.-r'.*^. "..*. 'o ,r ^ rur.T V <.■./:■ DÎon d-; z'. TTt.T,*r'---r:,'. * - »,>'. -i--* ^u.'.:. '.-.•.:.':•:■*. ■: .'■ T«wi^:-î **■ T^.^-.T. ]r^+:..*r t/. /■',•,« -i' ,.',* f.y.'i males.':''.:.'-'^---. *-:r :-* ;,> £*-■»>« •-:. ^,w ,!-•,•/-., ParfcX <^ i.'r.i- y.'-. :■: .r r^'.:.^ :: ■:. '->. -. ,

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LÊOX SAT. SA VIK. SES Œl'VBBS. I9S

au projet, qu'elle ait, demandait-il, la fraochise de le condamner sans doute possible par son Tote. >

Un peu plus tard, à propos de la loi sur le monopole des allumettes, H. Léon Say devait encore rappeler à TAssemblée la véritable méihodedu traTaîl pariementaire. « Je crois, disait-il, qu'il n'est pas prudent, quand on a imaginé un système d'impOts très compliqué, de repousser, au fur et à mesure qu'on les présente, les lois d'exécution qui les concernent, sans savoir si tous ne vous trouverez pas en face de nécessités auxquelles vous ne saurez comment pourvoir. ■

En même temps, il avait à se prononcer sur une question assez délicate qu'avait soulevée un membre de la Droite, à propos du dédoublement du ministère des finances et de la création d'un ministère du Trésor. H. Léon Say eut quelque peine à détruire les illusions que cette combinaison, qui ne manque pas de cAtés séduisants, avait fait naître dans certains esprits. II dut insister sur les inconvénients d'un ministère juxtaposé et subordonné à un ministère dirigeant, et rappeler les difficultés auxquelles ce système avait donné lieu dans te passé. Le caractère conciliant de MoUien et ses relations personnelles avec Barbé-Harbois avaient seuls permis de prolonger un élat de choses illogique et anormal. ■ Le ministre des finances était, disait-il, le ministre de la prévoyance sans l'action, tandis que le ministre du trésor, uniquement occupé de chercher des fonds le matin pour

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abaadonnait la gestion de ce service, s'inquiéteraient ils de savoir s'il n'y aurait pas un avantage écono inique à entretenir ces grands massifs forestiers, qu< seul l'État est assez riche pour conserver? Les fait: ont prouvé combien les prévisions de M. Léon Sa; étaient justes. L'Assemblée nationale eut la sagesst de se rallier à ses idées. Mais, quelques années après la direction des forêts fut transportée au ministère di l'agriculture. Immédiatement le revenu des forêt subit une baisse sensible, et cette baisse s'accentua pa la suite- Dans son livre sur nos Hnanccs qu'il écrivi dans les derniers mois de sa vie, M. Léon Say es revenu sur cette question, non pour se donner l vaine satisfaction de montrer qu'il n'avait eu que tro raison, mais pour engager les pouvoirs publics réparer leur erreur.

Lorsque vint la discussion sur la prolongation pou dix ans du monopole des tabacs et l'organisation d celui des allumettes, M. Léon Say eut encore l'occasio: de défendre les intérêts du Trésor. Il était persuad que l'État ne pourrait tirer de ces deux sources d produits des résultats satisfaisants qu'en les exploi tant, non pas avec les procédés administratifs, mai dans un esprit franchement commercial, c'est-à-dir en se plaçant, comme doit le faire tout bon industrie! au point de vue du consommateur et en se préoccupât de ses goûts. Et comme deux membres de l'Assemblé demandaient que l'administration fût tenue de s'aj provisionner d'une quantité déterminée de tabac chf

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i>»ii>:i>it ttiiirtil juNiaiséléii:::.:-^--^ k a -^tph!. Mi.liv t'aiitd {xiiiviiil avoir les r:z<^:;j^xrsj^ 'v(\rt |M>iir tti rr^lil français, y-::».!-! J» » t> tHi'iMi |>nM^v«'niont aussi cr-i-*?*^ -rî ■<*« ''■n|>iluiiv IH' iirovti/juâluiieOTâeiiiaas'Mrie (iintmior (>t 110 (laralysàl la reprise ie? j&îr».

iiii'irioiit où le pays avail le plas jnn-i i««M" 't'r<li'ri()uvcMi'!i ressources? Ces appcvixswas l'auraiit plun jusIiJîdes, que le radie Je paw- \>uU par h (railii de Francfort était partit»- I onérfux,

nilliards que la France était tenoe de pajw. (îOO francs devaient être versé» soit « \ soit en billets de la Banque d'Auffeterre. |ue des Pays-Bas, de la Banque de Belgique.

LEON 8AY, SA. VtË, SES ŒUVRES. IQt en billets à ordre ou en lettres de change négociable! de premier ordre, valeurs comptant sur ces même! pays. Il résultait des diverses stipulations, écri H. Léon Say, dans son admirable rapport di 5 août *874, « ï° que les payements faits par le gou vernement français, en valeurs anglaises ou hollan daises, en un mot en valeurs autres qu'allemandes étaient convertis en valeurs allemandes aux frais di gouvernement français par le gouvernement aile mand ; 2" que les effets allemands appartenant au gou veniement français ne pouvaient pas, au fur et i mesure de leur échéance, donner lieu & des verse ments en compte ; mais que les fonds encaissé aux échéances diverses de ces effets devaient ètn déposés chez les correspondants du Trésor françai: pour figurer dans des versemenb dont la date e l'importance avaient dû être fixées & l'avance '. ■

Tout d'abord, en ce qui concerne cette second< stipulation :

€ Notre objectif constant, dit M. Léon Say *, fut d< laisser à la place ses capitaux jusqu'au jour où nou ne pouvions plus diflerer d'effectuer nos payement à l'Allemagne, et, pour y arriver, nous avons ei recours & des procédés divers. Jamais nous ne somme ÎDterveous directement. Nous faisions, à l'échéance encaisser les lettres de change sur l'étranger que nou

t. Let Finanee$ de la France sont ta troUième République. - Tome I". Rapport sur l'indemnité de guerre. 2. Discours prononcé à rinauguration de la statue de M. Tliien

. nutMflnsipiipnteaûdi;

. 11.1;-' disposition.

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cendit rapidement à on niveau qui ne dépassa jamais 25,07, et lui fut généralemeAt assez inférieur. A la fin de février 1873, il était au-dessous de 25,30.

A vrai dire, Thonneur de ces heureux résultats revenait en partie à M. Pouyer-Quertier et à M. de Goulard. M. Liéon Say n'était que le continuateur de leur œuvre, et, d'après le Rapport sur le payement de l'indemnité de guerre, qu'il rédigea d'une manière tout objective et impersonnelle, poussant même le scrupule jusqu'à éviter de se nommer, il est assez malaisé de découvrir, à première vue, la part qui doit revenir, dans le succès de ces opérations, à sa propre gestion. Cependant, un examen attentif permet de conclure qu'il dut accomplir un labeur aussi absorbant que ses devanciers. N'esl-il pas évident, du reste, qu'on avait à redouter davantage, à mesure que le montant total des versements opérés à l'Allemagne s'accroissait, de voir les ressources de la France devenir impuissantes à supporter un sacrifice chaque jour plus pesant?

Quand M. Léon Say fut appelé à faire partie du cabinet, 3 007 797 641 fr. 24 avaient déjà été versés. Pour se rendre compte de la physionomie générale des opérations de payement, il faut les diviser en deux phases, l'une relative au solde des deux premiers milliards, l'autre se rapportant à celui des trois derniers. Dans la première phase, qui va du 1" juin 1871 au 6 mars 1 872, on paya 1 836 860 367 fr. 43 .— Le corn-

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imenl des deux milliards était foomi par des com- Dsattons. — '■ La secoode partie de l'opération, eomeoanl le versemeot des trois milliards, commeo^ '29 août 18*72, et fut close le 5 septembre 1813. La tnme payée s'éleva exactement, tant en capital qu'en iéréu, i 3 133 800 085 fr. 86, ainsi qu'il résulte da ilnau comparatif suivant :

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