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retracer les événements auxquels il a été directement mêlé.
On sait qu'à la suite de démarches tentées auprès du comte de Cbambordy le comité Cbangarnier avait rédigé une proposition qui devait être soumise à TAssemblée nationale, dès la rentrée. Cette proposition était ainsi conçue :
« L'Assemblée nationale déclarerait que la monarcbie héréditaire et constitutionnelle est le gouvernement de la France, et appellerait au trône le comte de Cbambord, et après lui, les princes de la maison de Bourbon, ses héritiers. Toutes les garanties qui constituent le droit public actuel des Français seraient en même temps déclarées maintenues : Tégalité de tous les citoyens devant la loi, l'admissibilité à tous les emplois civils et militaires, la liberté religieuse, régale protection actuellement accordée à tous les cultes, le vote annuel de Timpôt par les représentants du pays. Le gouvernement du roi présenterait en outre à l'Assemblée des lois constitutionnelles, avant pour but Toi^anisation des grands pouvoirs publics et l'exercice de la responsabilité ministérielle. EnGn le drapeau tricolore serait maintenu : il ne pouvait y être apporté de modification que par l'accord du roi et de la représentation nationale. »
Trouverait-on une majorité pour voter cette résolution? On savait que le centre droit était unanime, mais quelques hésitations se manifestaient dans les rangs de la droite pure. Tout dépendait donc de l'atti-
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LÉON SAT. SA VIB, SES (EUVRBS. 229
tiines déQances du centre gauche et prouver que son 1 chef avait vu juste en refusant de s^associer à la poli- I tique ambiguë du centre droit.
Dès lors, la situation était bien nette : une seule politique s'imposait. Puisque une assemblée composée en majorité de monarchistes se reconnaissait impuissante à rétablir la monarchie, il ne restait plus qu*i fonder et à organiser en fait le gouvernement républicain, qui depuis plusieurs années existait de nom. C'est à cette tâche patriotique que M. Léon Say se dévoua corps et âme. Aujourd'hui que le temps a fait son œuvre et que l'oubli est venu, on ne se doute guère de la somme d'efforts qu'ont dû dépenser les fondateurs de la troisième République, ni des angoisses et des dures épreuves qu'ils ont supportées. Les partis ont été oublieux et ingrats. Après la bataille, ils ont délaissé ou calomnié les chefs qui avaient été à la peine, et dont beaucoup ne furent pas à l'honneur. Mais l'histoire impartiale leur rendra un jour la justice qu'ils méritent.
A la suite de longues négociations engagées entre les chefs du centre droit et du centre gauche, on dut reconnaître que l'accord était impossible. Cependant il fallait aboutir. Le vote du septennat, loin de calmer les esprits, avait au contraire provoqué une agitation dans le pays. Les partis s'agitaient, et les bonapartistes surtout ne cachaient pas leur intention de provoquer le rétablissement de l'Empire, dès que le prince impérial serait en âge de ceindre la couronne. De récents et
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La diseussîon s'ouvrit. Malgré les inévitables divergences qui devaient se produire entre des hommes d^opinions différentes, Taccord se Qt sur le point essentiel. M. Buffet, M. le duc Pasquier et M. le duc Decazes, comme M. Dufaure et M. Léon Say, furent unanimes pour reconnaître que, dans les circonstances actuelles, la dissolution serait une calamité, et que TÂssemblée ne devait pas se séparer avant d'avoir donné au pays l'assurance que le gouvernement existait pour sept années, et d'avoir organisé ce gouvernement. Sur la question de l'organisation du Sénat et de son recrutement, quelques difficultés surgirent. La question fut réservée et la réunion se sépara sans avoir pris une résolution ferme; mais en emportant la conviction très nette que, désormais, le pouvoir exécutif ne mettrait pas obstacle à l'adoption des lois constitutionnelles. C'était un grand point.
Quelques jours après cette décisive conférence de l'Elysée, s'ouvrait devant l'Assemblée la discussion des lois constitutionnelles. Pendant toute la durée de ce grand débat, si M. Léon Say occupa rarement la tribune, il se prodigua dans les réunions de groupes, et on peut dire qu'il fut l'àme des négociations souvent ardues, toujours délicates, qui sans interruption s'engagèrent entre les diverses fractions de l'Assemblée. Autant il s'était montré imperturbablement ferme quand le principe même du gouvernement était en jeu, autant il usa de conciliation, de modération et de souplesse, pour ramener les esprits de ses adver-
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• ^'jur fcitHimtîs en pleiue <^Toiuiioii pùnimt «nr tiul-i: k I" février 1875 â «oi onck. H. Cur^rrmc I* lolt a un« s^ul^ voia J. lamaiiianir. tf iJia ti l»<«JJir<- d^, eBH- élounauU. et dilja niw i«iii»ill» '^^JOJMer feur une fcoixaDtaiue de voii de imkctï- tmt '"^ -«««eniiile r! une loi ijui, pmentce arw m. «nic:ere Mli-républiaiii,. va «tre Tolec iws m <»n,clér» 1res i,etle,„enl rêpuijicuil.
• La première j>erÉ.oime à qui j ai parié ac iw^fin:
d* la proeiauiaiioù de cette majorité dooe Toil- a «y
If priDce de Joiiiviiie. Il ma dit ; . Vou8 lempomni:
' j en SUIS en. i.anle : ma j«,silioii |«rsoilIielle Dr Sit-
■ Ça.l de Toler eoulre. mais je suis rari dètiï lam. ■
> Aojourclhni, c était le lan^aye du centra fci.
PMqnier m a dit que lui et se* ami. acceptaieal c«»-
Jlèlement le tentai,, aoureau créé par U iiia>5râe
■"» voix. L est donc j.rol.aUe que U kâ onisdt»-
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« fait une étranre illusion, et sa amis commence»!
I»irler sur un lonl autre ton. M. de M... Ini-mè™
que c t'tajt Lien fait, et que lai el ses unis ne
pouvaient j,lus vivre dans les Uens de reitrtme droite.
LBON 8ÂT, 8Â VIE, SES ŒUVRES. 233
c Us nous disaient toajoars de les suivre encore 9 une fois, et, à chaque bêtise qu^ils nous faisaient 9 faire, nous n'avions que la ressource de leur dire 9 que d*agir bêtement n*aYait pas empêché qu'on 9 n'aboutit i rien. »
9 Un droitier^ fabricant de chapelets à Angers, m'a dit en chemin de fer qu'il était enchanté que nous fassions la République, et que, satisfait de ne l'avoir pas votée, il nous aiderait contre les bonapartistes.
9 En somme, ce sont les bonapartistes qui sont les plus battus, et je ne serais pas étonné qu'ils éprouvassent très vite l'effet de cette nouvelle attitude. Le duc de Padoue, qui gagnait beaucoup de terrain, n'en gagne plus et recule dans Seine-et-Oise ; avec huit jours de plus, sa défaite devenait presque certaine et elle reste probable. Mais y aura-t-il un gouvernement au bout de tout cela? Si M. Dufaure ne fait pas un cabinet, je ne sais pas qui pourra y réussir... Je m'imagine pourtant qu'on essaiera d'abord une combinaison Decazes-Pasquier. »
Cependant le vote de l'amendement Wallon n'était qu'un répit. Il restait i voter l'ensemble des lois constitutionnelles et i oi^;aniser les pouvoirs publics. Les hostilités un moment suspendues reprirent avec acharnemenL Encore une fois, l'accord parut i la veille de se rompre à propos de la création du Sénat et de son mode de recrutement. Le centre droit et le centre gauche étaient d'accord sur le principe même de la Chambre haute. Mais le centre gauche et la
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puisque, grâce aiut concessions faites par les fractions composant la majorité, le résultat en était connu d*avance. Le 24 février 1875, l'Assemblée Totait la loi sur le Sénat par 448 voix contre 210. L'ère du provisoire était close. II s'agissait maintenant de confier à un ministère nouveau la tâche d'assurer le fonctionnement de la constitution. Dans les premiers jours du mois de mars, le maréchal de Mac-lilahon charma M. Buffet de composer un ministère. M. Buffet, après avoir hésité, se mit à l'œuvre.