Discours prononcé au Sénat, 21 mars
tu LÉON SâT, sa vie, SES ŒUTIES*
Quant à la fabrîcalioo par rÉiat, IL Léon Say hhatrait qo'eo fait Je ^avemement y avait eu recoure pour la moitié enriron du eontiogent de 1 615 et il indiquait lefi considérations — dont Texposé nous en1Fa^ nerait trop loin — sur lesquelles le ministère s'ciail appuyé pour déterminer cette part dcrolue à lïtaL Puis, abordant la question de principe, il déclarait que la fabrication par TEtat, introduite dans le dessein de lui faire obtenir des bénéfices, lui paraissait ooe mesure dangereuse et extrêmement fâcheuse. Enfio, en ce qui concerne le troisième grief articulé par M. de Parieu. le ministre déclarait que s'il avait, en effet, émis des bons de monnaie pour 18*78, il s'était imposé comme règle que leur montant, ajouté à celui des bons délivrés pour 1877, ne dépasserait pas, au total, cette moitié du contingent de 1876 pour lequel la convention lui avait, en quelque sorte, ouvert un crédit; de sorte que l'avenir ne se trouvait pas engagé au delà des prévisions de la conférence de 1876.
Hais où le débat fut particulièrement important et intéressant, c'est lorsque M. Léon Say le fit porter sur la question même du double étalon, dont il prit la défense ave€ un plein succès. Soit qu'il combattît au Sénat les amendements de M. de Ventavon et de M. Pagézy, ou, a la Chambre des députés, celui de M. Bordet, il montra avec la même pénétration et le même bonheur comment les deux premières de ces propositions, qui s'accordaient pour donner à TÉtat
la fabrication de Targent, conduiraient fatalement au système de Tétalon unique, et combien il serait dangereux pour le pays de rompre brusquement avec ses traditions monétaires. La fabrication réservée exclusivement pour le compte de TÉtat, c'était, en effet, aux yeux de M. Léon Say, le premier pas dans la voie de la démonétisation de Targent.
€ Une monnaie doit avoir trois caractères généraux. Ces caractères généraux sont la liberté de fabrication; cela veut dire que tout le monde peut faire transformer un lingot en pièces de vingt francs ou de cinq francs. Le second caractère, c'est que cette monnaie puisse être fabriquée en quantités illimitées. Et le troisième..., c'est que cette monnaie puisse servir à la libération des dettes d'une façon également illimitée... Or, que vous demande-t-on aujourd'hui, par opposition à ce que je vous demande? On vous demande de déclarer législativement, par un acte solennel, que l'argent ne peut plus être fabriqué par les particuliers : c'est un principe qu'on veut introduire dans notre législation. On veut poser ce second principe que l'argent doit être fabriqué par l'État. En résumé, on veut qu'il ne manque plus à cette nouvelle monnaie d'argent qu'une condition pour être une monnaie d'appoint, c'est la limitation de sa faculté libératoire. » Et qui sait, ajoutait M. Léon Say, si cette limitation ne vous sera pas demandée l'an prochain?
Dans ces conditions, la seule attitude qui convînt était celle de l'expectative. En donnant au ministre
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