CHAPITRE XII
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M. LéoD Say esl nommé ambassadeor à Londres pour Dêgoci«r on trmité de commerce. — Son séjour à Londres. — Difficullês des négociations. — Premiers résultats. — M. Léon Say est éla prérident do Sénat — Lettre à M. Gambett*. — Présidence du SénaU — M. de Freycinet offre à M. Léon Say le portefeuille des finan- CCS. — Hésitations de iL Léon Say. — Son acceptation.
La chute da ministère Waddington ne laissa pas à M. Léon Say des loisirs de longue durée. La confiance de ses collègues du Sénat le porta, en effet, peu après au poste de président de la Commission des finances. En même temps, il donnait au Journal des Débats une série d'articles où il réfutait les errements de l'école protectionniste en matière de tarifs de chemins de fer.
Mais bientôt, im but plus haut allait être proposé à son activité. Depuis 1877 les négociations ouvertes entre la France et TAngleterre, au sujet du renouvellement du traité de commerce de 1860, avaient été suspendues. A plusieurs reprises, lord Beaconsfield, chef du ministère, avait pressé le gouvernement de la
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s'il n'était pas revêtu de la dignité d'ambassadeur. Je désire qu'il ne puisse pas m'étre fait de reproche, si, comme j'en ai pris la résolution à l'avance, je demande à revenir à mon siège au Sénat et à résigner mes fonctions d'ambassadeur, aussitôt après la signature ou la ratification du traité de commerce. Je crois qu'il est nécessaire que je prenne ce parti i l'avance, pour éviter qu'on ne prête à cette détermination d'autres causes que celles qu'elle doit avoir.
» Je sais bien qu'on ne nomme pas d'ambassadeurs pour toujours, mais je ne pourrai pas laisser ignorer i mes collègues du Sénat et à mes amis de Seine-et^ Oise, que c'est bien comme cela précisément que je comprends ma mission. Je tiens beaucoup à ne pas abandonner la situation que j'occupe au Sénat et dans mon département : pour moi les fonctions de sénateur priment toutes les autres.
» Je serai très heureux, mon cher ministre et ami, de reprendre avec vous une collaboration qui m'a été si agréable pendant deux ans. »
Avant d'accepter définitivement le poste qu'on lui oflFrait, M. Léon Say écrivit à l'amiral Pothuau, qui avait demandé à être relevé de ses fonctions d'ambassadeur à Londres, pour le tenir au courant de la situation et lui dire dans quelles conditions il acceptait sa succession. L'amiral Pothuau se montra très touché de cette courtoise démarche.
Comme on le voit, M. Léon Say ne se souciait pas
du titre d'ambassadeur; dans les hautes fonctions
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