‹ Léon XIIIChapitre 10 sur 45 · II.MN.Wl • Il · texte numérisé non relu

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» Mais, combien plus admirable encore l'éléj vingt ans, m lis.'JO. au moment où la trop grande application a l'étude ayant affaibli les forces d'un corps naturellement délicat, il se vit défendre par les médecins l'exercice d'une soutenance publique de philosophie, ce dont ses professeurs et lui furent fort navrés. Le jeune philosophe, ainsi condamn délaisser les sévérités d'Aristote et de saint Thomas, recourut, pour trouver du réconfort, aux Muses, répétant a?ec son cher Virgile :

He verô primum dulces ante omnia Musa.1 ipiant.. .. (-2).

et, dans l'abattement de son corps épuisé, mais l'esprit t ujours alerte, il écrivit ces beaux vers, que Bonghi lui-même a tant admirés et tant loués dans la Cultura de 1884, où le critique disait :

« L'ne poésie écrite à vingt ans me suggère un parallèle » inattendu. Il était à cette époque assez peu vaillant de santé.

(1) Gaétan Pascali a élevé, sur un emplacement plus en vue et plus agréablement situé, ce temple consacré à sainte Marie, Mère de Dieu, saluée par l'Ange, après avoir rasé l'ancien, qui, placé plus bas, le long de la fontaine, ne pouvait suffisamment dominer le paysage Le terrain a été donné par la famille Pecci, les dépenses couvertes par les souscriptions des Carpinétans. L'an 1827.

(:) Avant tout, que les douces Muses me reçoivent....

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m, il m es d'alors ne parai tant pa dil le ceux qui

anl loin mente Leonardi pendant toute ! '

avec un,' grande rigueur de ityl6 68 beau rei , donfl i citerai seulement cens ci !

» Mais, Léon Mil , naturellement pieui et i levé p i Jésuites, trouve des cousolationi qui manquent i l. li, » en lui dictant une poésie tout opp nue. La p

i de la mort ne l'épouvante point, et, i la nouvelle qu'elle i proche, il répond :

.. .. Non Irepido frangar formidine . ..

» Jusqu'ici, c'est Bonghi qui parle. J'ajoul >n appi ciation que ces vers peuvent rivaliser avec les tendres distiqui île Plaminius ad Christum (2) ad somnum (3), où, parlant de la maladie qui le consumait, il prie le sommeil de venir le

conforter et conjure le Christ de le guérir. Ils me rappellent aussi la douce mélancolie de VIbitis Jugent de Tibulle, à qui l'on disait que le jeune Pecci a pris comme le motif musical cle son chant triste comme le sien mais non point désespél Même, je ne sais pas si je ne donnerais pas le prix de l'él«gance au vigoureux distique de l'étudiant latiniste de Carpi net o :

Tune ego : non trépida frangar formidine ; mortem Dum properat , fortis laetus et opperiar (4)

sur le distique latin du chevalier de la Rome antique :

Me tenet ignotis cegrum Phàcia terris ; Abstinens avidas , mors , preeor , atra manus (o).

(1) Le critique cite ici quatre distiques, tirés de la pièce que nous avons déjà donnée en entier à la page 31. Ce sont ceux qui commencent par Nocie vigïl... et se terminent par languidultis. Voir le texte et la traduction au chapitre précédent.

(2) Au Christ.

(3) Au sommeil.

(4) Alors je répondis : Je ne tremblerai point et la crainte ne saura m'abattre. La mort qui arrive, je l'accueillerai courageusement et joyeusement.

(*)) La maladie me retient, en Phéacie, dans des terres iircoQnues. O mort, ô mort noire, je t'en prie, ne jette point sur moi tes mains avides.

i | LÉ< .III

» D'une pari . c'est le poète épicurien, avili el inquiet; d'autre part, le poète chrétien qui imprime fortement sa noble fierté ;i son malaise juvénile.

• Mais, dès qu'il fut un peu remis, le jeune théologien reprit avec ardeur les sévères études des sciences sa Alors, « la noble cohorte, » pour employer une de ses expi sions, des Pères Jésuites Homera, Carafa, Pianciani, Ferrarini, Perrone, Rizzi, Curi, Kolmann, purent toucher pour ainsi dire du doigt le génie aiguisé et divers, qui lui permettait, même dans l'étude de la Divinité, de remporter, avec des éloges extraordinaires, les palmes du théologien et celles non moins laborieuses du légiste.

» C'est ce qu'il a rappelé lui-même, quand il écrit :

Procinia laudis habes : victrici prœmia fronti Parta labore cornas laurea coridecorat (1).

» En cette même année 1831, au milieu de ces élu ardues, nous trouvons encore des vers, écrits à la gloire d'un condisciple, qui, ouvertement, chassa loin de sa présence une femme fardée, effronté ni mulierem, qui voulait le tenter (2). »

A ce tableau, emprunté à l'un des peintres les mieux placés pour décrire la véritable physionomie de son modèle, nous devons ajouter quelques traits, épars dans les autres biog phies de Léon XIII.

Sa première année de théologie terminée, raconte M. Bernard O'Reilly, le jeune élève du Collège Romain eut l'insigne

(1) Tu emportes le prix de la louange. Le laurier orne des récompenses gagnées arec tant de labeur, ta chevelure et ton frout victorieux.

(î) Nous avons déjà donné plus haut, page 32, ces beaux vers si chrétiens : Quid fucata gênas

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le cours de l'année, La di pute eul lieu dan la grande salle «lu ( lollè • Romain, i n nombi idéi able de i

de savants pro de pei de di itinction en reh i

ni l'éclat par leur présence. I le fui pour \ incenl Pi une douce compensation.

Le registre du Collège Romain . faisant mention de cette dispute théologique, dil que le jeune homme donna d< grandes preuves de capacité que l'on put facilement prévoir ;i quel degré d'élévation il arriverai! un jour. L'Annuaire de l'Université, énuméranl les lauréats el les prix de l'an Bcolaire, cite cet acte théologique et ajoute que « le laborieux jeune homme montra autant de talent que de science acquise. »

Les précieuses qualités de Joachim, se montrant travailleur assidu , penseur profond , écrivain habile, lui valurent une nouvelle distinction pendant son cours de théologie.

11 était venu à la pensée des Pères Perrone et Hanera d'établir une académie pour les élèves qui aimaient à s'exercer, en vacances (1), dans l'exposition ou la défense des vérités révélées.

On choisissait, pour sujet de la discussion, les thèses les plus importantes et on donnait à l'exercice académique

(I) Mais, quand Vottobrata arrivait, l'étudiant en théologie quittait l'atmosphère surehauffée de Rome et s'en allait retremper ses forces, en respirant l'air pur des montagnes natales, sous les frais omhrages de Carpineto. Le dernier et le plus complet de wu graphes, Mgr de T'Seiclars. assure qu'une des distractions préféiées de l'étudiant, au cours de ses vacauees, était la chasse. Marcheur intrépide, il arpentait, le fusil au p.»iug, les montagnes voisines de Carpineto, et lassait par son ardeur les hommes qui l'accompagnaient. On conserve à Carpineto l'arme de chasse dont il se servait. C'est un fusil à pierre, au canon fort long, à la crosse ouvragée, qui rappelle vaguement par sou aspect les fusils arabes. L'air vivifiant de la montagne, la saine gymnastique de la tbasse, qui met les muscles en action ou l'attention eu éveil, remettaient vite l'é.udiant des fatigues d'une anuée scolaire tout occupée pur un travail acharné. Après s'être retrempé au sein de la famille et daus les exercices du corps si néce ssaires aux ouvriers de la pensée, il reprenait le chemin de Rome et s'y livrait avec plus d'entrain à ses chères études. [Op. cit., 1. 1, p. 40.)

1,1 (orme d'an dialogue en langue latine. Cinq académiciens y prenaient pari ; l'un d'eui avait le roi locteur catholique el les quatre autres attaquaient tour à tour doctrine, en qualité de luthérien, de janséniste, d'homme d'État etde rationaliste. La gracieuse forme dn dialogue | mettait de formuler les objections d'une manière brève claire, el donnait au catholique plus de Facilité pour réfuter sur le champ.

Deui de icadémiques eurent lien dans la grande

salle «lu Collège Romain, but une estrade élevée d'où les jeunes adversaires pouvaient Facilement être vus et entendus de tout l'auditoire. Elles furent vivement applaudies; lesui fut complet. Jnachim Pecci eut la mission de défendre la vraie doctrine (1 }.

Son talent peu ordinaire, joint à sa consciencieuse application, le mettait infailliblement à la tête de tous ses concurrents. Il fut nommé répétiteur de philosophie pour les élèves du Collège germanique. Cette charge eut pour lui-même d'heureux résultats. Elle lui permit de se rendre parfaitement maître des matières qui faisaient l'objet de ses répétition il développa parTexercice cette facilité qu'il avait de rendre ses analyses philosophiques dans un latin très pur et très élégant : ce qui ajoutait à ses leçons un charme particulier (2).

Le brillant étudiant théologien couronna, en 1 S : i 2 , ses études par le diplôme vaillamment conquis de docteur en théologie.

(1) Les détracteurs de l'Église, dit ici notre historien, ne cessent de répéter qu'elle cache même à ses élèves la nature et la force des objections formulées chaque jour contre la révélation. Or, nulle part plus que dans nos grandes écoles, on n'accoutume les jeunes intelligences à considérer, sous toutes leurs faces, les erreurs les plus spécieuses et les mieux présvn'eos. sous la forme la plus scientifique tt la plus attrayante. Celte luéihode, si bien connue des premiers apologistes du Christianisme, si perfectionnée et employée avec tant de succès par saint Thomas et par ses disciples, n'a cessé d'être en honneur dans les Universités romaines.

(i) Bernard O'RbULT, I on XIII, p. 66.

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Et, avec cela, modeste, humble, pi c que ci aintif.

Le jour qu il recueilli! tant d'applaudissemi ai la

m eu e soutenance théolo ;ique dont nous avoi onté l'éclat, il écrit à son frère, lui en raconte simplement le détail, puis ajoute avec une bonhomie charmant

Il ne m'appartient pas de ju i la chose alla bien ou mal, car, c'est an dicton vul personne n'est d sa

propre eaux1. Cependant, je sais que les supérieurs ont été contents, el ils m'ont dit que la chose avait mieux marché qu'on ne l'aurait cru. Il y a eu un grand concours de monde, au point que les livrets contenant les thèses, n'ont uffi-

sants pour servir tant de personnes qu'on n'attendait pas.

tte expansion, dans le cœur d'un membre de sa Famille, si mesurée, si modeste, nous donne la note d'un grand esprit qu'était déjà le jeune Pecci, car, c'est la marque d'un gi esprit de ne pas s'enorgueillir et de demeurer humble, au milieu des sucées et des applaudissements.

Nous venons de dire que cette lettre était une expansion son cœur, toujours sensible aux affections de sa famille, les seules qui le touchaient, les seules qui gardaient le privilège de rémouvoir.

Cette sensibilité fut mise, vers la fin de 1830, à une dure épreuve.

Son plus jeune frère, Ferdinand, Nanno, comme il l'appelait par un de ces diminutifs qui donnent tant de charme à la langue italienne, tomba gravement malade. Le jeune homme avait dix-neuf ans et demeurait avec Joachim au palais Muti. C'était le dernier né, le benjamin de cette heureuse famille. Joachim, qui demeurait avec lui chez l'oncle Antoine, l'aimait

tendrement. Son angoisse se rail jour, dans la lettre «lu 24 novembre 1830, qu'il adresse ;i Jean -Baptiste, resté an | natal.

• Je viens, écrit-il, voua attrister parnne Funeste nouvelle. Nanno, à peine rétabli «l'iinr sérieuse indisposition qu'il avait

an commencement du mois, a été frappé à l'improi d'une maladie dangereuse. Les symptômes sont si gra qu'on craint une issue fatale... »

Il décrit ensuite ces symptômes, hélas ! trop significatifs.

- I).' violentes convulsions font trembler le lit, et plusieurs personnes suffisent à peine à contenir le malade. Tous les remèdes ont été inutiles. L<' mal n'a cessé d'empirer d'heure en heure... Pauvre enfantl c'est une pitié de le voir et de l'assister. L'oncle Antoine et moi ne l'avons pas quitté d'un instant : mais, il ne nous conn,riii {dus, ses yeux restent continuellement fermés, on le dirait en agonie. Qu'adviendra-t-il de ce frère bien-aimé?... On lui a déjà administré les derniers sacrements. Oh! mon Dieu ! je ne puis résister à la douleur qui m'accable... Je vous recommande papa.

L'enfant meurt, et. le 14 décembre, le frère survivant, désormais le dernier des i\\s du comte Pecci. reprend la plume. Il la laisse courir au gré de sa douleur, mais, que cette douleur est chrétienne ! Qu'on en juge :

« Je l'aimais, et c'est pourquoi je le suis dans la région des vivants et je ne l'abandonnerai point jusqu'à ce que. par mes larmes et par mes prières, il soit fixé sur la montagne du Seigneur, où l'appellent ses mérites, où il y a une vie perpétuelle, où ne se trouve aucune corruption, aucune contagion, aucun gémissement, aucune douleur, aucune société avec les morts, véritable région dans laquelle ce corps mortel se ri d'immortalité et ce qui est corruptible d'incorruptibiliti

» Ainsi parlait saint Ambroise à la mort «I" Théodose, et ainsi me fait parler la douleur! 0 mon bon et cher frère, ne semble-t-il pas, que réellement la vie soit un poids odieux,.

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