CHAPITRE Ql \ i i i i
.ii> i orthodoxie el dan l< i i«'ums d«« la «loi trin^
telle que Rome l'a toujoui i ei un nve
m. -n! d'idées qui devait abootii t la dogmati ation, par le Concile do \ ati< an, «lu plus beao flearon de la tiare pontificale, i infaillibilité personnelle «lu Chef de N en matière de foi n de morale.
Joachim — il avait repris ce nom en sortant du Colli romain remporta sur ton et, par une dis!
lion très rare dans les annales de 1 1 Diversité, la Sapience lui confia le doctorat d'honneur. Le diplôme est daté du 7 août 1835,
A ce moment, le jenne docteur appartenait an Collèg nobles, académie des nobles ecclésiastiques, institut où se préparent les futurs consulteurs des Congrégations romaines et des Légationson Nonciatures diplomatique
Les élèves suivent des cours spéciaux à l'Université et s y trouvent en contait avec la future élite du clei Iho-
lique.
Pecci y eut pour ami particulier le jeune duc Riacio Sforza,
l'intime confident de ses pensées et le modèle avec lequel il rivalisait des lors en vertu, en sagesse et en régularité. Le
duc deviendra cardinal, archevêque de Naples, où il mourut en odeur de sainteté, en 1S77, laissant, autour de sa mémoire et de sa dépouille vénérée, un concert de louanges et de deuil. Léon XIII devait le pleurer, comme on pleure sur le départ du Jonathas de ses jeunes ans.
D'autres s'honoraient d'avoir eu le futur pontife pour ami et pour camarade d'école à la Sapience, tels que le savant exégète Beelen, dont Mgr Lamy a écrit la vie, où nous en trouvons la mention :
« Beelen et son ami Bernard Hafkenseheid — plus tard rédemptoriste et missionnaire renommé dans les Pays-Bas — eurent, à Rome, pour condisciple et pour émule, ce grand promoteur des hautes études qui est aujourd'hui Léon XIII.
•»1 LÉON Mil
Au concours de l<s,(.*. Pecci obliol le premier prii pour la
do matin ci Bernard J a i. B rnard, au contra lui premier pour la classe «lu soir el le Pape acUu <m.l. q Mil n'oublia pas son ancien condisciple. Noua lisons en effet, dans une lettre du 2 mai 1871, adressée par le cardinal Deschamps à Beelen :
< Le Pape, qui a très bien retenu votre nom, cnrienl parfaitement de voua et de ros travaux : il n'est «loin- pas étonnant qu'il vienne de irons nommi r prélat de sa maison. »
Le Collège des Nobles avait pour protecteur ce grand cardinal, que sa fidélité héroïque au service de Pie VII, captif de Napoléon Ier, a immortalisé dans l'histoire de l'Église (1).
Le célèbre cardinal, qui avait distingué l'abbé Pecci, le signala à la bienveillance du Souverain Pontife. C'était en janvier 1837. Grégoire XVI nomma le jeune recommandé de Pacca prélat à la maison de Sa Sainteté.
Certes, en revêtant de cette haute prélature le jeune clerc
(1) Pacca appartenait à cette portion du Sacré-Collège qui, sans jamais avoir fait acte d'opposition ouverte à l'égard du cardinal Consalvi, n'avait pas craint toutefois d'exprimer à plusieurs reprises quelques doutes sur la convenance et l'utilité des concess.ons faites à l'empereur des Français par ce lidèle serviteur ei ami intime de Pie Ml. Il en était résulte que, sans être, à vrai dire, en disgrke, le cardinal Pacea était depuis un certain nombre d'années demeuré un peu à L'écart des affaires lorsque, au mois de juin 1808, il fut appelé, auprès de Pie VII, en qualité de mmistre secrétaire d'État. Il n'avait pas au fond de son cœur approuvé l'alliance contractée en 1801 avec le chef de la Révolution française, non plus que le concordat, et encore moins le voyage du Saint-Père à Paris pour le sacre. Ses sympathies avérées étaient d'un tout autre côté. Il était avant tout homme d'ancien régime : non pas, tant s'en faut, qu'il fût un prêtre rigide, altier et d'un caractère intraitable; tout au contraire, il était aimable, enjoué, plus versé qu'aucun de ses confrères du Sacré-Collège dans la société romaine, s'y plaisant assez et y plaisant beaucoup, très vif dans la conversation, très prompt à la riposte, fort arrêté dans ses idées, peu différentes de celles que le comte Joseph de Maistre, un Italien de Savoie, défendait alors avec tant de verve dans les salons de Saint-Pétersbourg, mais ne craignant pas non plus d'eiaminer toutes choses sous leurs div<.is i>oiuts de vue, facile à émouvoir comme la plupart de ses compatriotes, et cependant intrépide, allègre même en face du danger. (D'Haussorville, l'Eylisc romaine et le premier Empire, t. III, p. 66.)
.m \ il i UATRII
m 1 6, Gré oire \ \ l ni u re qu'il introdui
i.i en i ière des dignité el de i bi . le
l'ilflll m i|r mu II m .1 lin llh I |
dernier cardinal et i abbé Pecci prélat, le Pape avail en la main heur eu e, i u cesdeui élus devaient occuper toute la seconde moitié du siècle par l'éclat de leui pontifical supi i me.
Mis en oût parles applaudissements que rencontrai! son choix, le pape Grégoire, le 16 mars conférai! i M i Pecci le litre de Référendaire de la Signature, et, peu api à la Congrégation du Gouvernement, di Buon Govew aune pour l'initier aux difficultés de la conduite de il donnera bientôt tan! de preuves de sa baute capacité.
Cette congrégation ayail pour préfet le cardinal Sala.
« rand homme avait rai! ses premières armes, dans la conduite des affaires, en France, bous la légation du cardinal Caprara, lors des négociations si épineuses du Concordat.
Déjà, sous Pie VI, les concessions de Caprara, à la Cour de Vienne, avaient déplu. On les taxait de molle complaisance et de faiblesse devant les exigences de la chancellerie impériale. La pente du Légat tendait donc à une modération, qu'on pouvait craindre excessive. C'est pourquoi Consalvi lui lit adjoindre Mgr Sala pour compagnon et pour conseiller.
Témoin épouvanté des troubles excités à Rome par la révolution française, Caprara partait de cette idée, qu'il fallait éviter à tout prix le mal que la violence des partis pouvait faire à la religion catholique. L'avènement au trône de l'homme qui avait rompu avec les traditions jacobines du Directoire avait, selon lui, ouvert une voie de salut inespérée à l'Église romaine. Il était d'avis qu'il fallait se jeter sans marchander dans les bras du premier consul, et qu'un système de déférence habituelle pouvait seul sauver Rome d'une ruine entière, tant pour le spirituel que pour le temporel.
— Étant donné le caractère de celui dont l'omnipotence est universellement reconnue, il faut, disait volontiers Caprara,
LÉON Mil
rester à ton! prii sur ses pieds, parce qne, si l'on tombe une foi?, oo De se relève plus (1).
Consalvi, qui redoutait cette leodance, comptait snr le secours du Légal pour le modérer el l'arrêter sur des pentes daogereufl
Mgr Sala, eo effet, montra une sagesse merveilleuse dans sa difficile mission de modérateur. Persuadé, comme le Lé son maître, que la conciliation pouvait seule tout sauver Bt (jue la raideur perdrait infailliblement toutes choses en ces conjonctures si graves pour l'Église de France et la chrétienté tout entière, il devaii, à sa profonde science et à son ferme attachement à la saine doctrine, l'intuition claire des limites où il fallait s'arrêter, sous peine de forfaire à la justice et à l'honneur.
Ainsi, le jour où Caprara, épouvanté par les menaces de Bonaparte et de Talleyrand, fit au premier Consul de fatales concessions relativement à la réconciliation du clergé constitutionnel insuffisamment rétracté, Mgr Sala, prévoyant bien le mécontentement du Pape qui fut très vif, insista, mais vainement cette fois, pour préserver Caprara de celte faiblesse. La séduction parfois irrésistible d'il gran Console, comme le Légat appelait Bonaparte, l'entraîna à une acceptation qui devait l'obliger à demander son rappel de France.
Le jeune conseiller de la légation française, devenu cardinal et préfet de la Congrégation où Mgr Pecci était « ponent, » ne tarda pas à honorer celui-ci d'une confiance sans bornes. Il aimait à s'entretenir avec le jeune prélat, à l'esprit ouvert, au cœur bon et pieux, dont la précoce gravité charmait le cardinal. Dans leurs longues promenades hors de Home, le
(1) D'après cette maxime, rapporte Coosalvi dars ses Mémoires, il légitime une infiiiité de choses qu'à Rome on aurait Lien souhaité quM n'ap[rou\ât jamais. Avec des intentions très pures, il agit souvent sans praidre les ordres du Pape, et quelquefois même, croyant bien faire, contre ses ordres. Les chosts consommées se trouvaient alO'S sans remède, et les réclamations du Saint-Père devenaient inutiles. Plus d'une fois son rappel fut décidé, mais on ne put jamais l'tffectuer. [Mémoires de Consalvi, t I, p. 405.)
CHAPITRB "i \ i i: i i
loir, Sala racontai! i on compagnon attentif le
angoisses de IHOV, i Pariai al le i Iig< de dextérité
diplomatique auxquels il fallait avoir recours, pour raffermii d'une part i<i Légat, «-i de l'autre contenir le maître impérieux de la France <■! <i<' l'Europe.
On a «lit que le jaune Pecci ne pouvait trouver un meill< ni initiateur dans la carrière difficile où l'esprit de Dieu le poui sait, emporté dès lors par une vocation irrésistible, la Providence le voulant ainsi, pour le conduire au pontifical suprême, en un temps où la conciliation el la Fermeté allaient devenir i nécessaires à l'Église romaine.
Tout à coup, survint un de ces événements qui permettent de juger les hommes, parce qu'ils les placent inopinément sur le chandelier, en vue de tous et dans des conjonctures difficiles.
Le choléra venait d'éclater à Rome.
Le cardinal Sala, placé par ses fonctions et la confiance de Grégoire XVI à la tête des comités officiels, chargés de combattre le lléau et d'organiser les secours au milieu de la terreur générale, jeta les yeux sur son jeune ami, pour l'aider dans cette rude tâche.
C'était le moment de juger en dernier ressort la valeur du ponent de sa Congrégation. Si Pecci s'épouvante comme tant d'autres, s'il perd la tête au milieu de la mêlée, c'est qu'il n'est pas de la race de ces vaillants dont parle le livre des Machabées, par qui le salut arrive en Israël.
Or, il se trouva que le prélat de sa confiance était un homme de courage, de sang-froid et de ressources inépuisables. En le voyant faire, le cardinal était ravi.
Collaborateur intelligent et dévoué, Mgr Pecci lui accordait même plus de services que les prêtres de son entourage, dans
ta commission sanitaire. Les préoccupations «lu saint ministère ne le distrayaient point de l'œuvre dont il était charj celle de pourvoir à tontes les nécessités hygiéniques et aui besoins matériels d'une grande ville, affolée d'épouvante.
Il s'en allait bravement au danger, le front haut et serein, l'âme tranquille et pure. Son sacrifice est fait. Il l'écrit, a une noble el touchante simplicité, à son frère de Carpineto, Jean-Baptiste, à la date «lu 16 août, en pleine canicule dévorante et au plus terrible moment de l'épidémi
i Si je dois être, moi aussi, parmi les victimes, j'incline mon front devant les desseins du Tout-Puissant. Je lui ai déjà fait le sacrifice de ma vie, en expiation de mes péchés. Quoi qu'il puisse arriver, j'ai le cœur calme et tranquille. »
Nous venons de dire que les préoccupations du ministère sacerdotal ne distrayaient point ses sollicitudes. Pour être tout à faii exact, il faut ajouter avec un de ses biographes (1), que ce fut toutefois un sacrifice pour un cœur comme le sien, dans lequel la charité surnaturelle dominait tous les sentiments, de ne pouvoir apporter les consolations suprêmes de la religion à ces pestiférés de toute condition que l'impitoyable fléau frappait sans cesse, pendant ces jours de deuil universel et d'indicible effroi.
En voyant les prêtres, les religieux, se dévouer, avec un zèle héroïque, au soin spirituel des malades, il éprouvait comme une sainte jalousie.
Les Jésuites se signalaient parmi les plus dévoués, et son frère Joseph avec eux. Il le raconte, dans sa lettre du 17 septembre :
« Aucun des Pères n'a été atteint, et cependant ils sont nuit et jour au milieu des malades dans tous les quartiers. Vous apprendrez avec plaisir que notre frère Joseph se distingue entre tous. Il n'eut pas plus tôt célébré sa première messe, le 27 août, qu'il s'est mis immédiatement à exercer le
(1) O'Reilly, op. cit., p. 71.
I Il \ PI I
ministère ave ml /• -\< charité, entendant
confession . a listant, encourageanl le | i holi :
.'i récitant auprès de leur couche l< pi ièr< Toujours prô! .1 chaque appel, il esl hors de la maison toute la journée, el c est à peine si j'ai pu [n'entretenir quelqu lant8 avec lui el lui baiser la main pai
Le mois de décembre 1837 est demeuré, dans les souvenirs du pape Léon Mil, une date sacrée. On se souvient de l'éi lion avec laquelle il en parlait, au cinquantenaire de cette d le dernier jour de l'année 1887, quand II. litière, : epré-
sentée à Rome, entourai! d'hommages et de vœux les n d'or sacerdotales de l'auguste jubilaire.
Les noces sacerdotales!... Cette délii matinée, où le
jeune prêtre, les mains encore humides de l'onction sainte qui l'a l'ait si grand, exerce pour la première fois son pouvoir surhumain et commande à Dieu lui-même de descendre voix sur l'autel, de s'immoler mystiquement entre ses d( consacrés et de se rendre captif du tabernacle!
Ce n'est pas sans une vive émotion, disons-le, sans une salutaire terreur, que l'abbé Pecci vit arriver cette heure solennelle entre toutes dans son existence désormais vouée irrévocablement au service de l'Église et des âmes.
Quand elle fut près de sonner, c'est à ses chers éducateurs, aux bons et vénérés Pères de son enfance chrétienne, de son adolescence cléricale, de sa studieuse jeunesse, les Pères de la Compagnie de Jésus, qu'il alla demander la préparation prochaine aux saints ordres.
Pendant de longs jours de décembre 1837, tandis que le froid glacial, dont les habitudes romaines savent si peu se préserver, dans une cellule sans feu. son âme, échauffée au contact
impressions du Saint-Espril, se plaçait, anéantie el sou* mise, bous la rosée abondante dea grâces que confère la vie de retraite absolue sons l'œil de Dien et la < J i i*« ■ « - 1 i * > 1 1 des maîtres, à .jin leur bienhenreui Père saint Ignace ;i appris i guider les cœurs sincères dans cette voie sublime des Exercices tpiritueU.
Nous avons de cette retraite nn écho, dans un»» lettre que le pieux retraitant écrivait, le 25 décembre 1837, ;'i son vénéré ami K protecteur, !«• cardinal Sala :
« Après quinze jours d'exercices d'étroite régularité, aujourd'hui saint jour de Noël, mon directeur me permet nn peu de répit et m'autorise à m'occuper de ce qui n'a pas un rapport immédiat et direct avec les choses de l'âme. J'use bien vite de cette permission et je viens à Votre Kminence, le cœur rempli de joie et débordant d'allégresse spirituelle. Je suis tout heureux de lui faire savoir que, dès dimanche 17 du courant, je recevais l'ordre sacré du sous-diaconat, et hier, par la grâce du bon Dieu, celui du diaconat.
» J'espère que cette joie durera et s'accroîtra, quand j'aurai reçu la prêtrise.
» Mais, en ce moment, ce grand pas ne m'inspire que de l'épouvante, quand je considère d'une part l'éminence et la sublimité du sacerdoce, et d'autre part mon extrême indignité.
» Éminence, ne m'oubliez pas, recommandez-moi de tout votre grand cœur et faites-moi recommander par d'autres au Seigneur.
» Bien sincèrement, je vous l'assure, je voudrais être un vrai prêtre! et pouvoir servir Dieu et montrer du zèle pour sa gloire, mais le faire en toute vérité, dans le sens où l'entendait saint Ignace, et où l'entendent, à son école, ses saints enfants, au milieu desquels j'ai le bonheur de vivre. »
Le bon cardinal, saisi et édifié, se hâta de lui répondre :
« .... Quoi! vous dans un si grand recueillement, et moi, hélas I dans des distractions continuelles!... Je suppose que votre ordination sacerdotale est imminente et que, dès lors,