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cables, les intempéries d'un oo i i oui le mal qui
cott?ail dans ses veines, tonl contribuai! I rendre plu méritoire l'empressement de M p Pecci,
liais, la nature violentée réclama ses droit*, et, i peine arrivé i destination, le nouveau gouverneur fat teri le mal.
Ce lut une consternation générale.
Le bruit do dévouement de l'envoyé de Grégoire XVI pendant le choléra avait déjà conquis les cœurs. Puis, raivanl la remarque d'un biographe, le peuple, qui a L'«il si exer< et l'oreille si fine quand il s'agit d'observer la personne et d'apprendre L'histoire de ceui qui viennent ei l'autorité par lui, avait été agréablement frappé en voyant entrer à Bénéveni ce jeune prélat, grand, pile et maigre, à l'air noble et modeste. Enfin Mgr Pecci avait dès lors acquis le don de bien dire et île charmer par des paroles gracieuses et bien appropriées à la circonstance. Le voir et l'entendi
était se sentir attiré vers une nature noble, droite et accomplie.
Quand on le sut gravement atteint et que le premier médecin de Naples, appelé au secours par ses collègues de Bénévent, se fut déclaré impuissant à enrayer les progrès de la maladie sur un corps épuisé par les études et des fatigues de tout genre, le peuple se prit de grande pitié. Avec la vivacité du tempérament méridional et napolitain, on le vit se précipiter, en procession, avec des accents déchirants de supplication, au sanctuaire de Notre-Dame des Grâces, centre de pèlerinage renommé aux portes de Bénévent.
De son côté, Grégoire XVI, prévenu du danger, voulait
que son ministre de l'intérieur, le cardinal Gamberini, le tînt jour par jour an courant des nouvelles du cher déli bénéventain, qui avait gagné le cœur du vieux pontife. L'ordre du Saint-Père n'était pas facile à exécuter, avec des chemins souvent impraticables et les irrégularités forcées du service postal à cette époque.
On dut faire des prodiges pour obéira l'auguste sollicitude du Saint-Père, et pas un seul jour Grégoire XVI ne fut privé des nouvelles qu'il attendait avec une paternelle impatience.
Hélas! chaque jour aussi les nouvelles arrivaient plus alarmantes, jusqu'à ce qu'enfin elles fussent désespérées.
C'est à ce moment et pendant que la foule des pèlerins priait au sanctuaire de Marie que le Recteur du collège des Jésuites du Bénévent, le P. Tessandoir, un saint religieux vénéré dans la ville et la province, accouru au chevet de l'ancien élève de la Compagnie, eut l'inspiration de poser, sur la poitrine du moribond, une relique de l'apôtre de Naples, saint François de Géronimo, en qui le bon Père avait une grande confiance.
Elle fut exaucée. Un mieux inespéré se déclara aussitôt dans l'état du malade, et, au bout de quelques jours, on mandait au Pape que son jeune ami était bien hors de danger.
Le peuple cependant replantait les prémices de cette guérison, qu'il regardait comme miraculeuse. L'Archevêque de Bénévent, cardinal Bussi, eut la délicate attention d'en fournir le moyen au convalescent.
L'année précédente, pour être préservés du choléra, les Bénéventains avaient fait le vœu d'édifier un nouveau sanctuaire à Marie, si l'auguste patronne de Bénévent les préservait de la contagion qui exerçait à Naples d'affreux ravages. Le vœu fut exaucé et c'est Mgr Pecci qui bénit et posa la première pierre de l'église Votive.
CHAPITRI I i ■
\u\ piedi de la Reine da ciel, le pieux prélat porta l'eipr< sion de ta reconnai anelle, tandi - que, en face du
peuple 'Million ia mé, d redisait combien la lympathie populaire avail louché son cœui ,
Son regard pénétrant, qui sait encore pi plut
mystérieu es profondeurs des âmes, fui d'ailleun illuminé d'une clarté qui l'effraya sans l'abattre. La premier qu'il s.' tiiiuv.i face .1 Face ai peuple, la triste et douloun
vérité lui apparul en tout son jour.
La petite principauté de Bénévent, enclave du royaume de Naples, à faible distance de cette ville qui en convoitait l'annexion, appartenait an Saint Siège et était redevenu de par l< traités de 1815, la propriété des États de l'Église, après que, par mit1 sanglante ironie, Napoléon I en eut fait l'apanage de Talleyrand, sous l'Empire.
L'isolement Je l'enclave créait à l'administration pontificale de terribles périls, et on avait souvent pesé, dans les conseils du Vatican, l'alternative de savoir si l'on n'écouterait pas les projets de transaction offerts par le roi de Naples. C'eût été, au point de vue spirituel surtout — comme le fit si bien valoir Mgr Pecci à rencontre des partisans de cette négociation qu'il fît échouer, — un malheur. Mais les difficultés n'en restaient pas moins très graves.
Les coupables qui fuyaient la police de leur pays, et les conspirateurs politiques trouvaient là un asile, qu'ils s'accoutumèrent à regarder comme sûr. De plus, le brigandage, organi par les principaux seigneurs de la principauté soigneusement abrités derrière les murs de leurs châteaux et de leurs privilèges immémoriaux, terrorisait la contrée. Les contrebandiers trouvaient aussi là une lisière commode pour leur trafic.
Criminels, carbonari, brigands, contrebandiers, voila m Face de qui se rencontrai! le jeune délégat. Ils comptaient bien n'avoir rien i redouter du nouvel arrivant. Son âge, son inexpérience des affaires, son étal maladif, les rassuraient, lorsqu'on parlait devant eux de l'énergie indomptable et de l'esprit de justice qui faisaient le Fond de cette nature d'élite.
Ifgr Pecci les mesura de Pœil el se résolut bravement à la lutte.
Il ne pouvait -se dissimuler qu'elle serait rude.
Les brigands et leurs maîtres, ••eux qui les embrigadaient pour exploiter leurs rapines et leurs crimes, en apercevant ce jeune prélat qui avait pâli sur les livres avant d'entrer dans l'administration, comptaient bien s'en tirer à bon marché. Ils se trompaient.
Fidèle au proverbe italien qui recommande de bien regarder et de bien réfléchir avant de se mettre à l'œuvre, Mgr Pecci regarda, réfléchit et agit. Auparavant il s'assura de concours indispensables.
Après s'être bien rendu compte de l'étendue du mal et forces dont il disposait, il n'hésita pas à se rendre à Naples, pour n'agir que de concert avec le gouvernement voisin de l'enclave. Puis il s'associa un jeune coopérateur, dévoué et intelligent, qui mourut à sa cour, au Vatican, en 1878, après une longue fidélité à son service, le commandeur Sterfini, qu'il chargea d'organiser la surveillance douanière sur lés limites de la province.
Tout cà coup on apprit que la villa Morcambruni, un des repaires jusque-là réputé inexpugnable, venait d'être cernée par les carabiniers du Légat. Les brigands, pris au nid, se défendirent avec acharnement. Mais les dispositions étaient bien combinées, et la population de Bénévent, charmée de ce coup d'éclat, vit bientôt apparaître, chargés de chaînes, les malfaiteurs qui terrorisaient la contrée, Pascal Colletta leur chef, en tête.
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coupables! <,<,n\ qui, du haut de leui cbâteaui fort , bravaient depuis longtemps l'impunité et liraient profit vois et des commis pour leur tervice *ur les
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Sans s'inquiéter de leurs prétendus privili M i P entreprit de les soumettre au droit commun, Le parilloc < de «ouvrir la marchandise, et i»1- grands seigneurs m virent traités en suspects.
Grande lui la surprise dans les châteaux. Les beaux marquis essayèrent <l<i l'intimidation.
L'un d'eux, payant d'audace, s'en vint à Bénévent.
il entra, le iront arrogant et l'œil courroucé, cheï le Délégat.
— Monseigneur, dit-il, je viens me plaindre de ce que \ gendarmes, dans leurs perquisitions brutales, n'ont point respecté mon éensson, et ils ont oublié que mon château est inviolable.
— Mais, monsieur le Marquis, répliqua doucement le jeune gouverneur, la loi est faite pour tout le monde, et les plus haut placés doivent donner le bon exemple h leurs inférieurs en observant scrupuleusement les ordonnances du Pape.
— Ah ! fit le marquis irrité, il en est ainsi ; eh bien, je pars sur l'heure pour Rome, et, je vous en avertis, je n'en reviendrai qu'avec un ordre du Pape, qui vous relève de vus fonctions.
Mgr Pecci se redressa dans sa dignité outragée :
— Vous pouvez partir quand il vous plaira, monsieur le Marquis, répondit-il ix l'insolent; mais rappelez-vous qu'avant d'aller porter vos plaintes au Vatican, vous devez passer par le château Saint-Ange.
Le marquis comprit el se retira, l'oreille plus basse qu'il c'était entré. Il oe partit pas d'ailleurs, et se soumit, comme les autres.
Le regard pénétrant du jeune délégat, cet œil que la verte vieillesse du Pontife a conservé si vif et si intimidant pour les mal intentionnés qui se sentent pénétrés dans les replis de
leur pensée hypocrite, vit promplement un autre désordre, celui-là bien autrement grave, car il devait avoir, pour l'avenir religieux et politique de l'Italie toute entière, de terribles conséquences.
Son attention à cet égard fut mise en éveil par un incident vulgaire, une rixe entre deux hommes du peuple et un coup de couteau reçu par l'un d'eux. Mgr Pecci, mis sur la voie par un mince détail des interrogatoires, découvrit que la victime de cette aventure, par ailleurs fort commune dans les mœurs populaires, appartenait à une société secrète, dont même il était le chef.
De réponse en réponse, le sagace gouverneur en arriva à découvrir que le but de cette franc-maçonnerie occulte tendait, comme il l'écrivit au cardinal Lambreschini, secrétaire d'État de Grégoire XVI, à s'emparer du bien d'autrui, sous couleur de libéralisme, attentave aile altrui sostaiize spiegrando pèro Varia di libéral ismo. »
Le Cardinal, effrayé, voulut avoir des preuves légales et matérielles, avant d'autoriser une arrestation plus générale, qui eût sans doute effrayé les complices.
Mgr Pecci, donnant une nouvelle preuve de cette sagacité qui pénétrait dès lors dans le mystère du Carbonarisme répond que cela est impossible.
CHAPITR1 'i QUIÉMI
i.i plupai t des conjuré . dil il. n< ni rien • im savent H.- parleront pa si quelque un 'j dé idaienl n'ignorent pas que de i dépo ition . entoui ée de tout le
ible, ont été retrouvée . dans leui teneui textuelle, chez ceux-là même contre qui elle étaient dii et ont attii é
sur la tête de leurs auteurs de cruelles i epi t aill<
Du reste, à Naples, on n'a pas mieux rêu i qu'on réussirait k Bénévent.
— Dans le royaume de Naples, continue-t il, où une police très nf leur laisse ni trêve ni repos, leur tactique (,«'usiste ;'i ut1 se réunir nulle part de manière Bxe, i se passer les nouvelles de bouche en bouche, à ne recevoir d'instructions que d'un très petit nombre de personnes, les grands chefs toujours tenus en dehors et ;i couvert, et surtout à ne jamais rien écrire. Par ce moyen, ils éludent la surveillance la «plus attentive, et je tiens pour certain qu'à Bénévent, affilié i Naples par le voisinage, le système est tout pareil.
Le profond observateur, après avoir montré la filiation évidente des Carbonari modernes avec les anciens, conclut sagement :
— J'en suis bien convaincu, un procès n'établirait que fort peu de choses, pour les délits de droit commun, et rien du tout pour les crimes politiques.
Pour montrer au peuple où étaient ses véritables amis, Mgr le Délégal fait ouvrir des routes, obtient du grand cœur de Grégoire XVI le dégrèvement des impôts les plus onéreux au pauvre populaire, conservant aux États de l'Église la province que la diplomatie voulait leur enlever.
En moins de trois ans, la province lointaine était pacifiée, le commerce facilité et l'agriculture prospère. Le jeune gouverneur s'était fait un renom, aujourd'hui encore vivant dans les cœurs des Bénéventains. Le Pape faisait volontiers son éloge, en toute occasion. C'était l'indice de nouvelles missions et de la confiance du Souverain Pontife.
Eo 1841, a la grande surprise de l'intéressé et au grand regrel de toute une province désolée à cette nouvelle, Le gouvernement pontifical appelai! Mgr Pecci à la délégation de Spolète, changée à bref délai «outre celle de Pérouse.
Pérouse, le théâtre des longues et providentielles préparations du futur Pontife, se trouvait, à ce moment, travaillée plus que d'autres villes des États pontificaux, par les nombreuses sociétés secrètes, dont le regard du jeune Délégal de Bénévent avait si merveilleusement discerné les menées et l'existence mystérieuse dans son premier gouvernement.
11 y avait là des traditions d'indépendance remontant jusqu'aux luttes des petites républiques italiennes du Moyen Age, avec des germes de scepticisme religieux que Hazzini exploitait fort habilement, aidé par le bras de (iaribaldi, instrument brutal au service de l'idée mazzinirienne et de l'ambition piémontaise.
Pendant que les rois d'Europe et ceux d'Italie en particulier s'endormaient, plus ou moins volontairement, à l'approche du péril que plus d'un n'osait envisager en face, Grégoire XVI s'en était rendu compte et essayait de réagir contre la tempête menaçante, dont il entendait les sourds grondements.
Il envoya l'homme de sa confiance au cœur' même de la place, en lui remettant le soin de sonder le mal jusqu'en ses profondeurs et d'en trouver les remèdes.
Le jeune gouverneur comprit l'étendue de sa mission. Il l'inaugura par un coup de maître.
L'accès de la ville était à peu près impraticable. Une pente raide, en ligne droite, y accédait, au prix de difficultés inouïes. Mgr Pecci appela les ingénieurs, embaucha des terrassiers. En vingt jours, une route large, aisée, agréable, rem-
CHAPITR1 CINQUI1
plaçait i«' sentier inaccessible. Le peuple, toujoui le plat empi e \è i i econ naître 6 \ rai ami , quand il ei l I son bon Bens naturel, acclama le puissant el actil organi sateur.
La nouvelle an iva bientôt que le Pape venait, à Pérou se rendre compte en personne des besoins de la ville et de territoire, el étudier sur place les plans de réforme conçues par son jeune el intelligent ami.
Chacun, sous l'inspiration de celui-ci, rivalisa de zélé pour la réception du Souverain. Grégoire Wl étail enchanté, corn prenant d'où lui venait cette douce surprise, il en lit remonter la gloire à son représentant officiel :
— Monseigneur, lui dit-il avec une bonhomie paternelle qui caractérise les relations des Souverains Pontifes avec leurs serviteurs, le long de mon voyage dans les provinces, j'ai été quelquefois reçu en moine; en beaucoup d'endroits, on m'a reçu convenablement, mais en cardinal ; à Ancône el à Pérouse j'ai été véritablement reçu en Souverain.
Mgr Pecci escorta Sa Sainteté jusqu'aux limites, à Cittàdella Piève, où le Saint-Père s'arrêta trois jours. En congédiant son Délégat pôrugin, il lui confia des présents,' des croix et des souvenirs pour les notables les plus méritants de POmbrie.
— Quant à vous, Monseigneur, dit-il au prélat, je serai bientôt rentré à Rome, et là je songerai à vous.
Le Pape tint parole.