‹ Léon XIIIChapitre 18 sur 45 · I II \ II I I I · texte numérisé non relu

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Noua avons nommé le comte Félii de Méi ode. Bien fois l'auteur de ce livre l'a entendu raconter 1 la noble veuve de notre grand Montalembert, née de Mérode. La Famille do célèbre catholique belge voua de bonne heure nne estime affectueuse au jeune \^\wi'. Il eut même i intervenir dans on moment de perplexité chei les Mérode. Le bi< raphe de Xavier de Mérode l'a raconté avec beaucoup de chan

« Le comte Félix de Mérode, «lit Mgr Besson (1), b sur la vocation militaire de son 61s. Il alla consulter le Nonce de Bruxelles, son voisin, son ami, jeune prélat qui débi

sque dans la carrière diplomatique, mais donl les consi

empreints d'une profonde , étaient tenus e.n grande

considération dans la famille. Ce Nonce se nommail Joachim

i : il occupe aujourd'hui, sous le nom de Léon XIII, le

Irône de saint Pierre. Un de ses meilleurs souvenirs de

Bruxelles est d'avoir reçu les confidences du père alarmé. Il

partagea l'avis de Montalembert (qui le voulait soldat) et rassura son noble ami.

» — Vous appartenez, lui dit-il, à la grande noblesse du pays. Votre nom est mêlé à toute l'histoire militaire des Flandres et des Pays-Bas. Laissez votre fils suivre l'inclination qu'il montre pour les armes. Qui sait s'il n'arrivera | comme ses ancêtres, aux premiers honneurs de la guerre ? 1! est pieux, il est chaste, Dieu le gardera, et sa vertu s'affermira dans l'épreuve. »

» Rassuré par ce conseil, le comte de Mérode présenta Xavier à l'école militaire de Bruxelles. Cette école, fondée à l'instar de celle de Saint-Cyr, le reçut soldat en 1839, et le rendit officier en 18 U. L'intérêt qu'il avait inspiré au Nonce

(l) F.-A.-X. de Mérode p. 36 tt 37.

s< I LÉON XIII

rendil ce diplomate aussi attentif au développement de son caractère et de sa vertu qui chefs pouvaient l'être i instr action. Il Be tira de toutes les épreuves à l'honneur de Bon nom etdesa foi. On le voyait, le soir, prier à genoux au pied de son lit : il assistait le dimanche à la grand'm Sainte-Gudule, et il allait dans l'après-midi causer dans les suions de la nonciature avec l'auditeur et le secrétaire. MgrJoachim Peccî jouissait de sa persévérance dans le bien et se félicitait da conseil qu'il avait donné. »

Ce trait suffit a révéler l'influence que le pieux et sa représentant «lu Saint Siège avait su posséder en Belgique.

Avant d'y arriver, il y comptait des amis, entr'autres excellent abbé de Montpellier, qui, devenu évèque de Lii devait faire tant d'honneur à son éducation romaine.

Les èvéques apprécièrent vite cette maturité précoce de jugement et l'exquise bienveillance du nouveau Nonce.

Celui-ci examinait, étudiait, consultait, avant d'intervenir dans un débat. Il apparaissait dès lors pénétré de cette grande maxime de politique religieuse , qui fut la norme de sa vie entière, à savoir qu'aucun individu, ni aucune collection d'individus, dans l'Église, n'a qualité pour dicter au Saint Siège la conduite à tenir dans les conflits d'opinions et de partis : c'est au Souverain Pontife de parler et de tracer la route; c'est aux autres d'écouter et de suivre sans s'écarter ni à droite ni à gauche, sans devancer le guide que la Providence a donné aux fidèles, ni rester d'un seul pas en arrière.

Loin de s'inféoder aux caprices du ministère libéral qui excitait à ce moment de si vifs mécontentements chez les catholiques, Mgr Pecci sut maintenir, haut et droit, le drapeau des revendications légitimes, sans froisser ni blesser les susceptibilités des personnes.

Aussi, quand, par une mesure inopinée, provoquée sans doute par le mécontentement d'un ministre, visée d'être percé à jour par un aussi habile diplomate, le Nonce eut reçu ses

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lettres de rappel, le roi i'h< ra» <mi iVnvani <!•• -.1 j ► i « » j • i • •

nain on pape Grégoire \ \ I

«« Je doi l' commander i la bienveillante prota lion de Votre Sainteté l'archevêque Pecci ; il le méritée ton le points de nie, car j'ai raremenl ni an déyouemenl plu devoirs, des intentions plus pures et de plus

droits: son séjour dans <«i pays-ci loi aura été trèi ntili lui permettant de rendre de bons services à Votre Sainteté. J»* i.i supplie de lai demander un compte exact des impressions qu'il emporte sur les affaires de l'Église en Belgique. Il juge toutes ces choses très saiinMiu'iii , et Votre Sainteté peut lui

:order toute confiance. »

De son côté» le cardinal Sterckx, archevêque de Malii interprète de tout l'épiscopat belge, l'écrivail au Nonce luimême, en répons." à celle par laquelle Mgr Pecci lui notifiait son prochain départ :

u Vous avez raison de dire, Monseigneur, que, pendant votre séjour dans ce pays, vous avez fait tout ce qui dépendait de vous pour rendre quelque service à l'Église de Belgique; personne n'a été témoin plus que moi des efforts que vous n'avez cessé de faire dans ce but; aussi vous en garderai-je une éternelle reconnaissance. Je regrette d'autant plus vivement que vous soyez forcé de nous quitter si vite. Vos excellentes intentions, vos vues pleines de sagesse, votre zèle pour la prospérité de la religion, auraient pu nous être encor utiles ! »

Le cardinal Sterckx terminait sa lettre d'adieux, en formulant un vœu que Léon XIII devait largement réaliser :

« J'espère, Monseigneur, lui disait-il, que vous conserverez toujours pour nous les sentiments de bienveillance dont vous nous avez donné tant de preuves. »

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