H \ 1 .III
O cri d'amour filial vers Marie, doua le retrourerons sou- \»iii chez le Pape «lu Saint-Rosaire. Qu'il nous soit permis ici
«l'en citer un, qui révèle la confiance du P'mtife en Celle qui écrasa les hérésies en tout temps :
Ank't pagna ferox ; Lucifer ipse, vi<ien\ Horrida monstra fur- icheronte vomit.
Ocius. aima Parent, ocius afTer opem.
lu mihi virtutem, robur et acide novum; Coutere virgineo monstra inimica pede.
Te duce, Virgo, Ubenfl aspera bella geram : Diflugient hostes ; te duce, victor ero.
« La lutte est ardente et cruelle. Ne le vois-tu pas, Lucifer lui-même, en sa furie, vomit de l'Achéron des monstres horribles. Vite, ù puissante Mère, vite, apporte-moi du secour-. Donne-moi l'énergie, donne-moi des forces nouvelles. Brise de ton pied virginal ces monstres ennemis. Sous ta conduite, ô Vierge, je livrerai volontiers l'âpre bataille. Les ennemis s'enfuiront. Sous ta conduite, je serai vainqueur 1 l). »
Le triomphe viendra d'ailleurs, et sûrement. Pie IX l'a entrevu, Léon XIII le prophétise. Peut-être en sera-t-il l'heu-
(1) L'auguste poète a paraphrasé, en vers italiens, ces beaux vers : Mossa d'Averno, arde fVroce pugna :
Satana, ve\ terribilniente adugna Le incante prede, e le tartaree squadre
Volge a sua posta. Mi soccorri, o Madré, Nel fin cimento; il trépidante core
Francheggia e inflamma di céleste ardore Se nelT aspra tenzon tua man mi guida.
Y ano è il furor délia masnada inOda.
Tu de' rei raostri la superba testa
Col virgineo tuo piè premi e calpesta ; Teco saiù; ma sol la tua virtude
Fia che Satan ricacci alla palude.
E sarà tua mercè, sarà tua gloria,
Sull' oste doma la final vittoria.
CHAPITI
ivu\ témoin. En ton! ca >, nn antre Pieg an autn I quelque non qu'il pmim' un « l • • u< < ■•■ ''in d»* dei
prisonnii ra de la Révolution momentanément triomphante, rerra cette victoire de l'É ;li e et de la Papauté ur le p de l'enfer.
i coutei Paccenl vengeur de la prédiction du nouveau P< Life.
L'hymne est intitulée Ecclesia auspicatiu triumpkuê et in connnHm bonum restituta pax{ I).
Augurer: eooe, viden*, crebrii nicat Ignibui ■■• tt- Nimboso apparent ligna coraaca po
Continue» effùgiant, subitoqae ezterrita visu Lu 1 11 nt horrida mooatra lac
Geni Inimica Deo portentnm invita fateri, Fletaque admiasun visa piare aceloa.
Tune veterea cecidere Ira, tune pagna qaievil :
Jamque fera emollit pectora duleis amor ;
Quin et prisca redire aadet aeglectaqae vir
Intemerata Odes, et sine fraude pudor.
Mox oleà praecincta comas Pax educat artes , Uberi et aima sinu Copia fundit opes.
Illustrât vêtus illa Italas Sapientia mentes : Longius errorum puisa proterva cohors.
0 laeta Ausonite tellus ! o clara triumpho ! Et cultu et patria relligione potens
(l) Le triomphe de l'Église prophétisé et la paix rétablie pour le bien de tous. Je prophétise. Le voyez-vous? Le ciel brille de raille feux, les signes éclatants apparaissent à l'horizon chargé de nuases.
Épouvantés par la vision subite, les monstres horribles s'enftient aussitôt et regagnent au plus vite les lacs tartaréens.
On voit la foule des eunemis de Dieu contrainte d'avouer le prodige et d'eipier dans les larmes le crime qu'elle a commis.
Alors les vieilles colères tombent, alors le combat s'apaise, et la douce charité attendrit les cœurs barbares.
L'antique vertu négligée ose reparaître, ainsi que la bonne foi et la sincère modestie.
On a souvent cité ta deux distiques, qui, en l'an Ih*;;, m ressouvenant do mol célèbre de Grégoire MJ : Dik i i fi tiam et odivi imquiiatemf propterea m nexitic l .
ititiao colul ; certamin ..«s,
Lodibria , il te tuli ;
41 Qdei vindei Don fleclar : pro grege Christi Dulco pnt i , Kpsoqne in es mori
Ce dernier vers fait allusion à la situation «lu Captif du Vatican.
.Mais, disent certains politiciens, pourquoi s'obstiner i demeurer dans Rome? Pourquoi ne pas quitter le lieu de la captivité, pour attendre, sous un ciel plus clément, l'heure du retour.
Dans une brochure célèbre, intitulée Le Papi est-il libre à Home' M. Emile Ollivier a victorieusement réfuté ce conseil, • lue Léon XIII, comme Pie IX, s'est toujours refusé de suivre.
Un exode (de Léon XIII hors de Rome) n'inquiéterait guère les gallicans et ceux qui, en d'autres pays, ont soutenu avec eux, que la dignité pontificale n'était pas indissolublement attachée au titre d'évéque de Rome et à la résidence dans cette ville: mais les Italiens, orateurs, poètes, théologiens, ne voulant pas que leur Rome put être découronnée, ont toujours combattu, maudit cette opinion. Qu'on se rappelle les menaces de sainte Brigitte contre les Papes avignonnais, les instances
Bientôt la Paix couronnée d'olivier ramène les arts et l'Abondance féconde répand les richesses.
La vieille Sagesse éclaire les esprits des Italiens, et la cohorte des erreurs se sent refoulée au loin.
0 joyeuse terre ci'Ausonie! 0 terre illustrée par le triomphe! 0 terre puissante par le culte de la patrie et de la religion!
(1) J'ai aimé la justice et j'ai h-.! l'iniquité, voilà pourquoi je meurs en exil.
J'ai pratiqué la justice; j'ai eeduré les longs combits, les labeurs, les injures, les cmlùtht*. tout ce qui est âpre et cruel;
Mais, défenseur de la foi, je ne fléchirai jamais : il est doui de souffrir pour les ouailles du Christ, doux même de mourir dans une prison.
• il \ Il l i: l
de sainte Catherine de Sienm II ntation po< ti
Pétrarque ni Borna du dai B me q d
plainl de son époux, les lettre an Pape pour le i dans leur lié
Que répondrai von à ainl Piei i ivail il à Ui bain \ lorsqu'il roua demandera d'où roua v< l en quel il il i trouve son saint temple, son lombeauj ion peupl<
Grégoire XI , un des Papes avignonnai • un
que :
— Sign andate alla vostra i
Mur l'Évéque, pourquoi ne vous rendez-vous pas à fotre i dem
— E voi, PadresantOt perché non êndaUattê wdi i El vous, Saint-Père, pourquoi n'allez-vous pas à votri
Grégoire reconnut que l'évoque avait raison, que Rome était le lieu de sa résidence légitimé l . et il s'j rendit.
i D'après la doctrine catholique, saint Pierre l'inspiration divine, en venant établir le siège inébranlable de la foi nouvelle, dans la ville, qui, après avoir été la maîtn de l'erreur, avait été sanctifiée par le sang des Apôtres et des Martyrs. C'est par le cœur de l'évéque de Rome que doivenl passer les inspirations du Pasteur de l'Église universelle. « Je crois l'Église catholique, apostolique et romaine, » dit Bossuel dans l'abrégé de tout le symbole. La voix des textes rappellerait aux Papes eette doctrine, si la voix des hommes était muette.
» A l'heure où le soleil, au niveau de l'horizon, .'tend sur le sol l'ombre des édifices épars et des aqueducs à moitié détruits et semble faucher, de ses longs rayons horizontaux, ce qui reste encore debout sur cet ossuaire des temps, qui, parmi les visiteurs de Rome, n'est allé parcourir la vieille voie Appienne et ses tombeaux cachés sous l'herbe, où se dressent, au-dessus des petites plantes, comme des squelettes
\\) Lettre à Charles V, du 9 janvier 1373.
décharnés? Avant de parvenir à ce lien de poétique beauté, qui ne s'est arrêté en face du tombeau circulaire de Prescilla, & une petite église, presque toujours solitaire, qu'on appelle Domine, quo vadU ' La légende qui explique ce vocable est
nificative.
i Au moment de la persécution, saint Pierre s'était enfui de la porte Capêne. Arrivé au lieu où B'élève la petite église, il voit tout ;i coup Jésus portant sa croix :
» — Domine, quo vadis, B'écrie-t-il tout surpris. Seigneur, ou vas- tu ?
» — Venio Romam iterum crucifigi. Je viens à Rome pour être de nouveau crucifié, répond Jésus, qui disparaît, laissant sur la pierre l'empreinte de ses pieds,
» Saint Pierre comprit et revint sur ses pas.
» Le Pape qui quitterait Rome d'une manière précipitée, sans v être contraint par une nécessité quelconque, verrait s'élever devant lui, comme un remords, la petite église de Domine, quo vadis, et peut-être, dans ses nuits d'insomnie, Jésus lui redirait-il : Venio Romam iterum crucifigi. « Je viens à Rome pour être crucifié de nouveau, à la place de mon vicaire, qui a déserté le siège. »
Avant de quitter ce chapitre, où il nous a été doux de réunir des traits que l'histoire littéraire de ce temps recueillera et gardera comme un des bons souvenirs de cette fin de siècle, il ne saurait déplaire, aux jeunes lecteurs de ces pages, que nous fassions passer sous leurs yeux l'histoire du jeune gentilhomme qui, admis à l'audience du Pontife en 1ns:]. Frappa l'attention compatissante du Père commun des fidèles par la maigreur de son visage et l'affaissement de ses forces. L'adolescent, qui avait seize ans à peine, avoua que c'était le
PIAZZA COLONXA (Rom a)
CHAPITI m \ i i mi 171
Lui de .1 fie licencieuse el débauchi a, i m aol qu'il en i forl iii.ii ri. Léon Mil l'exhoi la iluf i lei nel
el lui conseilla de faire ans retraite, i ►< . u r lavei le ouillin de son âme. Pour y arriver plu ai ément, le bon Pontife lui indiqua le livre des Quatre Fins de Vhomm , par Déni l lhai Ireux, livre vraiment d'or qui a contribué à faire donnei i auteur le nom * 1 « • « divin, •• hicn inrrit»' par la solidité •'! la sainteté il»' sa doctrine.
Ce souvenir frappa le Pape, qui, sous le pseudonyme de Fhrus, voulu! bien rappeler à son jeune visiteur, :onseils paternels en six distiques, qu'on retrouvera volontiers ici, comme un nouveau témoignage du merveilleux talent el aussi du zèle apostolique de leur auteur. Tel saint Jean, accablé par les sollicitudes de tant d'églises, s'occupait du jeune proili^ne, avec l'amour qu'il avait puisé au contact de la poitrine du Sauveur Jésus.
Flore puer, vesana diu te febria adlmit Inficit immundo mollia membra situ,
Dira lues; cupidia stygio reaperaa veneno, Nec pudor est , labiis poeula plena bibia.
Pocula sunt Girces : apparent ora ferarum ; Vel canis immundus, sus vel arnica luto.
Si sapis, o tandem miser expergiscere , tandem, l'ila Une si te cura salutis habet;
Heu fuge Sirenum cantus, fuge, litus avarum , Et te Carthust, Flore, reconde sinu î
Certa erit inde salus ; Carthust e fontibus hausta Continuo sordes eluet unda tuas (l).
(!) Jeune Florus, une tièvre mortelle te brûle, une peste cruelle souille tes membres honteusement amollis ;
Tu bois à pleines lèvres des breuvages remplis d'un poison infernal.
Ce sont les breuvages de Circé. Voici les bètes : le chien immonde, le porc ami de la fange.
Si tu es sage, oh ! pauvre malheureux, éveille-toi, vite, si tu as gardé le moindre souci de ton salut.
Ah! fuis le chant des sirènes, fuis le rivage qu'habite la race avide, et réfugie-toi, ô Florus, dans le sein du Chartreux!
Ton salut, là, sera certain; tu le puiseras aux sources de cette Chartreuse, et son onde lavera bien vite tes souillures.
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Le grand cœur «lu Pontife ne se contenta pas de cette première intenrention dans la rie «lu jeune prodigue. A deux ans de là, en 1885, il lui écrirait de nouveau, pour l'exhorter ;'i iif plus se laisser prendre aux dharmes trompeurs de la
volupté.
Phantasia, illecebrie eflingens Lnbrica menti, Vere est tartarei, qui latet, angnii opui.
I.xitiale opus hoc ; astusque artesque dolosas Excutere assiduus si t tibi, Flore, labor.
Eia âge : certantem te lumine spectat amico, Ccrtantem auxilio roborat ipse Deus.
Jamque fugit, rabidusque et pugna elusus inani Hersât se stygia luridus anguis aqua (1).
(l)U imagination, qui présentes à l'esprit des charmes honteux, tu es bien l'ouvrage du serpent infernal qui se cache.
Œuvre de mort, Florus. ne cesse de déjouer ses ruses et ses artifices trompeurs.
Allons, courage. Dieu te regarde combattre, avec des yeui amis, il te fortifie de son secours dans la lutte.
Le serpent furieux, déni dans ses vains efforts, s'enfuit, et liviie disparaît ai sein des ondes infernales.