CHAPITRE i i
Par conséquenl , la Ihéolo Le da mélan • d'un
élément humain avec un élément divin, el 'il u qui
mélange éclaire la foi, il e I d< anmoina irçjel • d Car pour peu qu'on le donde carrière dan l'ordre visible on a bien rite atteint la limite extrême de la certitude qui leur appartient; et, li l'on poui e pin loin, l'esprit ne rapporte de ce 1 1 ions mal explorées qn • de opinions capables, quelquefois, d'altérer la pureté el la olidité de la foi.
Une »l*is premières qualités du docteur catholique donc l'esprit de discernement dans l'emploi de l'élément humain.
Saint Thomas d'Aquin posséda ce tact à un illustre degré. Tonte la science humaine de son temps était renfermée dans les écrits d'Àristote : logique, métaphysique, physique, morale, politique, histoire naturelle. Aristote enseignait tout, el était regardé comme ayant dit surtout le dernier mol de la nature. Cependant, il suffisait de parcourir quelques-uns de ses ouvrages pour s'apercevoir combien peu ce philosophe avait en le génie chrétien, et déjà l'étude assidue, qu'on faisait d»,' lui, avait porté dis fruits déplorables. Il n'était pas extraordinaire d'entendre des maîtres es arts, par exemple, soutenir qu'une proposition était vraie, selon l'Evangile et fausse suivant « le philosophe. » En 1277, Etienne II, évêque de Paris, futoblide porter une censure contre deux cent vingt-deux articles dont l'erreur avait été puisée dans les livres d'Aristote. Voilà les éléments scientifiques dont disposait saint Thomas d'Aquin. Il fallait avec cela créer une psychologie, une ontologie, une morale et une politique dignes de s'unir aux dogmes de la foi. Saint Thomas le fit.
Laissant de côté les chimères et les aberrations du Stagirite, il tira de ses écrits ce qui pouvait s'y glaner de vrai, éleva et transforma ces matériaux, et sans abattre ni adorer l'idole de son siècle, il ourdit une philosophie qui avait encore dans les
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veines du sang d'Aristote, mais purifié parle >\^n et par celui de tona ses grands prédécesseurs dans la doctrine.
\ l'esprit do discernement dans l'emploi de l'élément humain on fini, Saint Thomas joignit une me pénétrante de l'élément divin.
Cesdeui éléments, suivant la juste remarque de Lacordaire, dont nous résumons la belle étude sur saint Thomas, se liaient et s'enchaînaient fortement dans se vaste esprit. De là une unité irrésistible, un style calme et transparent et toutes ces autres qualités qni faisaient dire à un Pape :
— Saint Thomas a plus éclairé I Eglise que tous les docteurs ensemble, et Ton profitera plus en une année avec ses livres, que pendant toute une vie avec les livres des autres.
En quel temps fut-il plus utile de revenir à l'étude des œuvres de ce grand homme? « Les vérités sont diminuées» dans le monde, où parallèlement au progrès des découvertes scientifiques, s'accuse de plus en plus l'affaiblissement des doctrines, sous le poids des préoccupations matérialistes, comme sous l'influence fatalemenlamoindrissantedes méthodes nouvelles.
Un grand Pape vient de monter sur le trône. Le meilleur témoignage de grandeur s'est justement affirmé en ce point. Jetant un regard d'aigle sur le monde, il a vu cette diminution des vérités, qui est toujours un signe infaillible de décadence pour les peuples. Il s'est préoccupé d'y porter remède.
De là cette Encyclique magistrale du 4 août 1879, qui restera dans le Bullaire des Papes, comme le plus éloquent appel à la résurrection, adressé par le voyant d'Israël aux nations qui s'endorment du sommeil qui tue.
De là, ces belles lettres apostoliques du 25 octobre 1871). qui instituaient l'Académie de saint Thomas d'Aquin, chargée d'expliquer et de défendre les doctrines du génie dont on
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peut duc, comme ainl Cyprien le di ail du docteur africain .!///•/• magistrum f De là, le Motu proprio dn 18 janvier 1880 réglanl
conditions d'une réimpres ion de (Suivis d< ^niit Thnnia
confiée aux presses de la Propagande el dirigée parlecardinal de Luca, préfetdela Coi itiondes Étude ; pai le cardinal Simeoni, préfel de laCongr< ption de la Propagande; par le cardinal Zigliara, ex familia dominicanat ad disciplinant %anct\ ThomcB appritne institutus atque eruditus. Ces Êminentissim publierontj au nom et par l'autorité du Souverain Pontife, dans leur intégralité, les œuvres du Docteur angélique, ai les commentaires de Thomas de \ m sur la Somme théologiqw et de François de Sylvestris, sur la Somme coutir les Gentils. Le Saint-Père affecte trois cent mille francs à cette impression, réglant que les produits seront acquis à la Propagande, jusqu'à concurrence de la somme dépensée*, les bénéfices, s'il y en a, devant être employés à publier «les travaux sur saint Thomas d'Aquin, jugés dignes d'impression par les trois cardinaux.
De là, le décret du 4 août 1880, qui a donné saint Thomas pour patron aux études, saint Thomas dans la doctrine est telle que, maris instar, elle comprend toute la science transmise par les anciens. Les Universités, les Académies, les Lycées, les Écoles catholiques, le vénéreront comme leur protecteur spécial.
Conformément aux ordres de Léon XIII, l'œuvre fut entreprise, œuvre colossale qui fera l'admiration de la postérité. Nous n'exagérons rien. Qu'on en juge.
Pie V, en 1570, donna une édition complète de saint Thomas d'Aquin. Elle est incomplète et en bien des joints incorrecte, comme le démontra Fr. Garcia en 162:2.
Corne Morelles en publia une autre en 1660.
De Rubeis en entreprit une troisième en 1745, mais il ne put l'achever.
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En ce siècle, outre les éditions de Pâme et de Paris, qui sont lu. mi connues. Th. Soidati en avait préparée une aune qu'il oe pat publier.
Toutes ces éditions, «lit Léon XIII, sont incomplet manquent de commentaires et ne sont pas dUigenter adomatœ.
Pour que YEâûio Leonina soit digne du saint Docteur qu'elle veut faire revivre, il a fallu, de toute nécessité, recourir aux manuscrits.
Plusieurs Dominicains, savants paléographes, se sont partagé la besogne, parcourant les bibliothèque et les archives, armés de patience, desavoir, de zélé et de... loupes.
Mais, quand l'autographe manque, on ne peut s'en fier aveuglément aux copistes. L'éditeur donnera la raison de ses préférences, entre les diverses variantes, en marge ou en note.
Bien qu'on ignore de quelle version a usé saint Thomas pour les œuvres d'Aristote, l'éditeur donnera le texte grec du Stagyrite, avec sa traduction commentée.
De plus, chaque œuvre sera ornée d'un sommaire, de notes, d'un exposé des principes et des systèmes comparés.
Son Éminence le cardinal Zigliara, à qui j'emprunte ces détails, s'est demandé quel ordre il fallait adopter : la chronologie, la dignité ou l'ordre scientifique.
Le premier était impossible à établir, le second entraînait des difficultés d'appréciation et eût été moins utile à l'enseignement que le troisième qui a été adopté.
Outre trente-deux préfaces générales, empruntées au savant de Rubeis, il y aura une préface particulière pour chaque œuvre.
Lorsque Pie V voulut entrer en lutte avec Yitjnicalus envahissant de la raison et la pravitas du sens propre, ou interprétation individuelle qui marquèrent les entreprises de l'esprit d'erreur à son époque, il choisit saint Thomas pour être le dux et Vimperator de la bataille.
CHAPITRl DIXIÊMI
i.i logique Fatale de l'erreur i conduit le dx1 an
! ne de la rai ion pore, Comme on Pi II faut revenu à l'An e «i<i l'École, et li 1$ Pape de Lépante a publM VEditio /'/'/. le captif du Vatican devait publier VEditio I mina*
< l'esl ce que disent ta trois cardinaui dans leui I dédicatoire il), placée en tête «lu premier volume d publication, <|ui en aura plus de fin '
Entre les .-avants chrétiens, théologiens ou philosophes, qui aidèrent le plus Léoo Mil dans sou entreprise thomistique, et à côté du P. Zigliara depuis honoré de la pourpre romaine, la reconnaissance de l'Église se doil de mentionner Joseph Pecci.
Son frère, devenu Pape, avait reçu de pressantes instau de la part du Sacré-Collège, pour que le dernier survivant de la famille, ou du moins le seul frère vivant de Joachim, fût revêtu de la dignité cardinalice.
C'est la tradition, et jamais, semble-t-il, elle ne fut mieux justifiée. Mais, il fallut compter avec le trop modeste savant. Ancien Jésuite, il ne se croyait pas relevé de ses vœux et, par le cœur au moins autant que par l'observance compatible avec sa position séculière il appartenait toujours à la Compagnie. Or, les Jésuites renoncent par vœu spécial aux honneurs et
(1) Voici le texte de cette belle dédicace :
LEOM XIII
Summo sacrorum Antistiti, quo auctore et auspice munificentissimo scripta S. Th. Aquin. universa summo studio cum lectissimis codicibus collata et recognita publicantur uti philosophia eatholica posé diulurnas clades in spem pristinœ dignitatis rcrocetur, patres Cardd. Antoninus DELL'CCA, Jo SIMEONI, Th. ZIGLIARA curalorcs operi perficiendo volumen primum dcdicant dcvoti cathedra: majestatique Pontificis.
dignités ecclésiastiques. Pois, le cardinalat le tirerait de la modeste tranquillité, où il se complaisait, dans la fréquentation de quelques intimes el la familiarité de savants comme
m ami Zigliara.
Il refusa l'honneur que Léon Mil voulait loi faire.
C'est alors que le Pape écrivit à son frère, cette belle lettre, vrai chef-d'œuvre de sentiment délicat et de dignité souveraine. Ainsi écrivent les princes, quand ils sont animés du souflle supérieur que l'Esprit d'en haut inspire aux nobles âmes.
« Mon bien aimi; Frère,
» Votre promotion au cardinalat se présente dans de telles conditions, que je ne puis me refuser à y voir clairement l'expression de la volonté de Dieu. Et, à cette volonté, nous devons tous nous soumettre sans hésitation et sans trouble,
» Combien plus grave et plus douloureuse fui ma condition, quand me fut imposé, non plus seulement la pourpre sacrée, mais l'honneur du Pontificat suprême! Et cependant, lorsque je reconnus, que, malgré ma faiblesse et mon indignité, Dieu le voulait ainsi, force me fut d'accepter,
» La difficulté tirée du vœu émis par vous dans la Compagnie de Jésus est résolue par la volonté de qui a le pouvoir de l'annuler.
» La difficulté plus grave du népotisme, est résolue également par la demande spontanée et souveraine du Sacré-Collège, dont le cardinal-doyen m'a donné hier un nouveau gage, en me remettant la feuille inclus.
» Reste donc uniquement l'obligation d'abandonner les habitudes d'une vie retirée , éloignée des charges publiques et des honneurs. Mais, de cela, pour le service de Dieu et de l'Église, vous saurez en faire le sacrifice avec un cœur généreux.