‹ Léon XIIIChapitre 38 sur 45 · CHAPITRE D II · texte numérisé non relu

CHAPITRE D II

d En suite de celle communication, el B?e< la lumièi i le réconfoi I que >. < ► 1 1 recevra de la de Dieu dan

prière, j»' compte bui rotre acceptalioOj al, an attendant, je vous bénis avec une affecl fraternelle.

■> LÉON Mil . pape.

L'élu se résij na.

Noua noua souvenons de l'avoir visité dans son appai ment cardinalice en 1888, peu avant l'attaque d'apoplexie qui précéda de deux ans sa pieuse fin. Les notes de voya écrites au sortir de l'audience qu'il daigna nous accorder avec une exquise affabilité, le portent, a la date du mercredi

28 mars :

« Chemin Faisant, nous attendait la plus douce surpri Le frère du Pape se rendait au Vatican; il daigna retarder pour nous cette visite hebdomadaire du mercredi, où le Souverain Pontife et le cardinal échangent fraternellement leurs pensées. On nous dit que c'est là pour Léon Mil une diversion fort goûtée. Qui a connu le cardinal Pecci s'en rend compte aisément. Impossible d'être plus gracieux et plus simplement aimable ! Nous nous confondons en expressions reconnaissantes. L'Ëminence n'y répond qu'en nous remerciant nous-mêmes et en exaltant la France, que les deux frères aiment de prédilection. »

On comprend dès lors quel coup douloureux retentit dans l'âme du Saint-Père, quand, le 8 février 1890, son bon frère se mourait, à quelques pas du Vatican, sans que le Pontife eût la consolation de bénir et d'assister cette àme si chère, à son passage vers le monde meilleur.

Léon XIII épancha sa douleur en des stances douces et tristes, vrai chef-d'œuvre de sentiment mystique.

C'est un dialogue entre le frère défunt et le frère survivant.

J08BPH.

litto f.'iciuii: disque BOlotam ;

.i.irn cœli me templa ten< l -■ llantia : ied tu Coin lot Boatineaa, lam grandis monta, de!

to plora Dec, qoanto majora tuli.>ti.

Some Qnimom ; i. j mbam doc in altum :

tibi felices, largo sic fœnorv dJ sint initi sancta pro religione labor Attamon ut valeaa olim aoblimia cœli, ! triées fogiena ilammas, attingere, prudcns Mortali, Joachim, vitae dum vesceris aura, Et gemito abloere et Lacrymia admiaaa mémento i .

IOACHIM.

Dum vivum, fessosque regat dum spiritus artus,

Incensa ex imo ducens suspiria corde

IMoratu maculas delere enitar amaro.

At tu, qui superum securus luce bearis ,

Cohfectum ajrumnis, devecta jetate labantem

Erige, et usque memor de cœlo respice fratrem ,

Quem turbo heu ! dudum premit horridus, horrida dudum

Fluctibus in mediis commota procella fatigat (2).

(I) Joseph. — J'ai paye les dettes dues à la justice divine; les temples éloîlél ciel m'ont reçu dans leur sein. Mais toi, qui as tant de charges, qui remplis de si hautes fonctions, tu dois à Dieu une dette proportionnée. Prends courage, conduis avec confiance ta barque dans la haute mer. Les travaux entrepris pour la religion sainte te seront comptés à haut prix. Cependant, peur pouvoir atteindre les hauteurs du ciel, en fuyant les llammcs vengeresses, songe prudemment, 0 Joachim, tandis que tu respires l'air de la terre qui passe, à laver dans les larmes les fautes que tu as commises.

Joacuim. — Tant que je vivrai, tant que le souffle vital animera mes membres fatigués, par des soupirs tirés du fond du cœur, je m'efforcerai d'effacer sous des larmes amères les tachfs de mon àme. Mais toi, qui jouis eu sûreté de la lumière des Bienheureux, relève ton frère accablé d'etouis, succombant sous le poids de l'âge. Du ciel, souviens-toi de lui et regarde-le. Hélas! une horrible tempête l'assaille de tuute part, et la tourmente terrible le fatigue au sein des flots.

Cil A l'Iïi; I. u.N'/l KM I

La sollicitude d6 toutes les ('élises,

Ressuscitant, bêlas! en plein dix-neuvième siècle, le cédésqui avaient si lamentablement réussi à Luther an seizième, Doellinger évoquait, ni Allemagne, l«' spectre de l'infaillibilité pontificale, pour mettre en émoi les cours, les universités, la presse, *'i surtout pour fournir aux sectes antichrétiennes un texte perfide d'accusations, d'insinuations et de calomnii

Résister a Rome, secouer le joug papal, devint peu à peu le mot d'ordre de ce qu'on a appelé le Kulturkampf, Doellin et se> partisans formèrent ce qu'ils appelaient la vieille Êglùt catholique. L'État se mit à chasser les moines, a emprisonner les évéques et les prêtres, à s'ingérer dans l'éducation des clercs. Les catholiques, sous la conduite de Windthorst, résistaient à la persécution, organisés comme un vrai bataillon des Machabées.

Le cardinal Pecci avait suivi, avec beaucoup d'attention, ce mouvement du fond de sa solitude de Pérouse. Devenu Pape, il entama des négociations, qui devaient lui demander huit ans d'angoisses, d'eiïorts diplomatiques inouïs.

Nous n'en referons pas l'historique. On le trouvera compl. t et documenté au tome Ier du grand ouvrage de Mgr de T'Serclaes. Pour le but de ce livre, il suffira de citer l'appréciation que le prélat belge a emprunté à M. Geffegken, faisant en même temps ressortir la fermeté déployée par le Pape et par les

catholiques el l'insuccès complet de H. de Bismarck dans

i latte contre l'Église.

« Le grand chancelier, dit-il, n'a jamais compris la nature de la lutte dans laquelle il s'était élourdimenl engagé. Rome ei le Centre acceptèrent chaque concession comme nn simple ,i compte el ne cédèrent rien. Finalement le chancelier, qui encore en 1880, dans une dépêche du prince de Reuss, ambassadeur & Vienne, avait déclaré que la demande d'une révision des lois de mai était « une insigne folie qu'il n'avait jamais encouragée par aucune parole, » dut prier la Chaml • les seigneurs de l'aider à « déblayer les dernières encombres des lois de mai. » Voilà où en était arrivé l'Homme de Fer. qui avait déclaré qu'il « n'irait pas à Canowa. » Cette rodomontade, taillée dans le marbre d'un monument qu'on lui éleva à cette occasion, semble aujourd'hui de la plus amère ironie.

» Les faits ont prouvé que sa distinction entre les Papes militants et les Papes conciliants, est assez illusoire. C'est simplement une différence de tactique, qui rappelle l'histoire du voyageur que la tempête ne peut contraindre à abandonner son manteau, tandis que le soleil y réussit par ses rayons.

» Les anathèmes de Pie IX contre l'Attila moderne n'ont fait qu'exciter celui-ci. La suavité de Léon XIII, aussi accommodante pour les questions de forme que tenace pour celles de fond, sa fermeté et sa patience ont triomphé de ce redoutable adversaire. Aussi le prince de Bismarck, qui sait admirablement pratiquer le si fecisti nega (1), a plus tard prétendu, pour cacher sa défaite, que, lui, n'aurait jamais voulu qu'un règlement équitable des relations entre l'Église et l'État, mais que « d'autres mains » avaient perverti son grand plan. Il est dommage que l'on ne nous ait pas dit quelles étaient ces « autres mains » mystérieuses, comme si le chancelier avait été homme à se laisser dominer par qui que ce fût! »

Ajoutons-le. Dieu, qui veille au gouvernail de la barque

II) Maxime machiavélique : Si lu l'as fait, nie-le!

( Il A l'I I 1 1 I ! n\/|l M I 191

ainte, ail proportionner le coup i de bai i fi 1 l'étal de 1 1 mei . \ un Pape »i«' vu i i.'nn'ii <»u\.'ii.' il fait inccédei un pilote de gouvernement diplomatique, el tonjour , ri. li poui oit h invaincue .1 traver le lem|

ouvent plus perfides que la teinpéte. liai . de 1 I b, n'op| Bons point un pontificat à un autre. Pie IX a jet \eSyllabu dans le monde avec nn grand retentissement, Léon Mil en joint nn exemplaire à la lettre conciliante qu'il écrite YA.W magne persécutrice, au lendemain de son élévation au tr< pontifical.

En France, la situation n'était pas moins triste.

Profondément divisés sur la distribution des profits à tirer du mouvement parti de la guerre désastreuse de 1870, meneurs s'entendaient sur un seul point :

— Le cléricalisme, voilà l'ennemi!

Les maîtres du moment et ceux qui aspiraient à le devenir à côté d'eux poussaient, de concert et à l'envi, le cri fameux de Gambetta.

Anéantir l'action de l'Église sur l'instruction primaire, chasser Dieu et son Christ de l'école, entraver la liberté de l'enseignement secondaire si péniblement conquis par un demi siècle de luttes admirables, expulser les religieux de leurs couvents, éloigner le prêtre du chevet des moribonds dans les hôpitaux, laïciser la charité, ruiner les œuvres de l'Eglise et les réduire à la pauvreté des catacombes. Ces visées, hautement affirmées dans les conseils et par les organes officiels de la franc-maçonnerie, maîtresse dans l'État, épouvantaient et épouvantent encore, à l'heure présente, tous les enfants de la cité de Dieu en France et au dehors, partout où Ton sait quelle est, dans les desseins de la Providence, la vocation de la nation très chrétienne dans le monde.

Léon Mil s'en préoccupa tout d'abord.

— La France! la France! ne cessait-il de répéter à tons le la chrétienté. I ur elle que ri a lonjoni b le plus compté. Aimons la France !...

Xonl ce que, de lsTs ;, 1884, Léoo Mil ;i fail ponr notre malheureuse patrie, nos malheurs, dos périls, notre saint, ton! cela est exposé, dans une Encyclique vraiment sublime, que l'histoire de notre Église gallicane enregistrera en lettres d'or dans ses annales.

Nous avions voulu, d'abord pour rester dans les limites de notre plan., donner seulement des extraits de cet acte, le plus beau pour notre patriotisme, du pontificat actuel. Puis, quand nous avons voulu choisir ces passages de l'encyclique A lissima GaUorum Gens, le courage nous a manqué, et nous donnons tout entière.

Lecteurs de ce livre, jeunes gens qui l'avez en main-, je vous en conjure, lisez tout, sans en omettre une ligne. L lentemeut, savourez et méditez cet hymne à notre gloire, et, quand vous l'aurez lu, relisez-le, pour en faire la norme d i votre \i". la direction de votre conduite à travers l'existence. Qui sait si Dieu ne vous réserve pas une part dans nota vernement, une action sur l'avenir politique et religieux de notre beau pays. Électeurs et élus, voici votre charte.

« La très noble nation française, par les grandes chos qu'elle a accomplies dans la paix et dans la guerre, s acquis envers l'Église catholique des mérites et des titres à une reconnaissance immortelle et à une gloire qui ne s'éteindra pas. Embrassant de bonne heure le christianisme a la suite de son roi Clovis, elle eut l'honneur d'être appelée la fille atnée de , témoignage et récompense tout ensemble de sa foi et de sa piété. Souvent, dès ces temps reculés. Vénérables Frères, Vos ancêtres, dans de grandes et salutaires entreprises, ont paru comme les aides de la divine Providence elle-même. Mais ils ont surtout signalé leur vertu en défendant par toute

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la terre le non catholique . en propageant la foi i hr< tieni parmi les Dation i b irb h e . en délitrani et pi oi

lieu «i<' la Palestine, an point de rendre i bon dro proverbial ce mol des fieu temp G Us DH j I \iis.m leur est il arriré . race i leur Ddèle déronemenl n. h >e catholique, d'entrei comme en pai ta d< et de l'on. I. m- des œu?rea publiques el pri e man

n n admirable génie de religion, de bienfaisance, de magnanimité

i Les Pontifes romains, Nos prédi >nt phi

louer ces rertus de Vos pères, et, en récompense de leui mérites, i relerer l»4 nom français par de fréquents ires honorables sont pour Votre nation les témoignages que lui ont rendus Innocent III et Grégoire IV ces lumières '•'■Litanies de l'Église : le premier, dans une lettre adressée i l'archevêque de Reims, «lisait : Nous avons pour l> royaume <i< France une amitié particulière ; parce que, plus qw tous royaumes de la (erre, il a été de tom temps attentif et à au Siège Apostolique et à Nous. Le second, dans son épitre à saint Louis, affirmait que, dans le royaume de France, dont aurait malheur fia pu ébranler le dévouement à Dieu et à V Église, jamais n'a péri la liberté ecclésiastique, jamais la foi chrétienne n'a perdu sa rigueur. Pour conserver ces biens, les rois et les peuples de ce pays n'ont même pas hésité à verser leur sang et s'exposer aux derniers périls. — Et comme Dieu, Père des peuples, rend dès ce monde aux nations la récompense de leurs vertus et de leurs belles actions, ainsi a-t-il largement départi aux Français la prospérité, l'honneur des armes, les arts de la paix, un nom glorieux, un empire puissant. Si la France, parfois oublieuse de ses traditions et de sa mission, a conçu envers l'Église des sentiments hostiles, cependant, par un grand bienfait de Dieu, elle ne s'est égarée ni longtemps, ni tout entière. Et plût à Dieu qu'elle eût échappé saine et sauve aux calamités enfantées, pour le malheur de la religion et de l'État, en des

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temps voisins des nôtres! Mais, dès que l'esprit humain, empoisonné par les opinions nouvelles, se prit à rejeter peu à peu l'autorité de l'Église, enivré d'une liberté sans frein, on le rit choir mi l'entraînait sa pente naturelle. A mesure, en effet, que le renin mortel des mauvaises doctrines pénétra dans les mœurs, la Bociété en rinl à un tel point d'hostilité, qu'elle sembla vouloir romtpre enttèfemenl avec les institutions chrétiennes. 1 philosophes «lu dernier siècle contribuèrent grandement à déchaîner ce Qéan sur la France, quand, infatués d'une fausse •. ils entreprirent de renverser les fondements de la vérité chrétienne et inventèrent un système bien propre à d< lopper encore l'amour déjà si ardent pour une liberté sans règle. Ce travail fut poursuivi par cas hommes, qu'une violente haine des choses divines retient enrôlés dans des sociétés criminelles et rend chaque jour plus ardemment désireux d'écraser le nom chrétien. Poursuivent-ils ce dessein en France avec plus d'acharnement qu'en d'autres contrées? Nul ne peut mieux que Vous en juger, Vénérables Frères.

» C'est pourquoi la charité paternelle dont Nous entourons toutes les nations, de môme qu'elle Nous a poussé naguère à exhorter, par des lettres que Nous leur avons adressées, les évéques d'Irlande, d'Espagne et d'Italie, à rappeler leurs peuples à leur devoir; ainsi à l'heure présente, Nous sommes déterminé, mû par le même sentiment, à dire à la France Notre pensée et à lui ouvrir Notre cœur. — En effet, les complots précités ne nuisent pas seulement à la religion, mais ils sont encore funestes et pernicieux à l'État. Il est impossible, en effet, que la prospérité règne dans une nation où la religion ne garde pas son influence. L'homme perd-il le respect de Dieu? Aussitôt croule le plus ferme appui de la justice sans laquelle on ne peut bien gérer la chose publique, au jugement même des sages du paganisme. L'autorité des princes n'aura plus dès lors son prestige nécessaire; les lois seront sans force suffisante. Chacun préférera l'utile à l'honnête, les droits perdront

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leur foi cet . l'ils n'ont d'autre m le que la ci ainlede Liments. Ci ux qui commandent ie laisseï ont empoi à la tyrannie, si ceui qui obéissent i la i wlte 1 i i la édition. — D'ailleurs, comme il n'j b aucun bien dan • hu •••• qu'elles ne l'aient reçu de la bonté divine, toute ociéù hu maine qui prétend exclure Dieu de nstitution et de gouvernement, refuse, autant qu'il est en ell< >ui

bienfaits divins, et se rend absolument indigne de la pn du Ciel. Aussi, quelles que soient en apparence ses richesses, elle porte dans ses entrailles un principe si de mort et ne peut espérer une longue durée. C'est que, poui les individus, autant il est salutaire de servir les dessein* Dieu, autant il est dangereux de s'en écarter; et d'ordinaire, on voit les États, à mesure qu'ils se montrent plus fldèl Dieu et à l'Église, monter comme naturellement au sommet de la prospérité, et pencher vers la décadence quand ils s'éloignent de cette conduite. L'histoire Nous montre dans la suite dos siècles ces alternatives et Nous pourrions en citer des exemples récents dans Votre pays lui-même, si Nous prenions le temps de rappeler ce qui s'est vu au siècle passé, alors que les foules, emportées par l'audace de la révolte, ébranlaient jusque dans ses fondements la France terrifiée, et enveloppaient les choses sacrées et profanes dans une même catastrophe.

» Au contraire, il est facile d'éloigner ces causes de ruine en observant les préceptes de la religion catholique dans la constitution et dans le gouvernement, soit de la famille, soit de l'État; car ils sont admirablement propres au maintien de Tordre public et à la conservation des sociétés.

» Et d'abord, en ce qui regarde la famille, il importe souverainement que les enfants nés de parents chrétiens soient, de bonne heure, instruits des préceptes de la foi, et que l'instruction religieuse s'unisse à l'éducation, par laquelle on a coutume de préparer l'homme et de le former dans le premier âge. Séparer Tune de l'autre, c'est vouloir, eu réalité, que, lors-

qu'il devoirs envers Dieu, l'enfance reste neuti

me mensoo er, système par-deasui tout désastreux dans un âge aussi tendre, puisqu'il ouvre, dans les », la porte de l'athéisme et la ferme i la religion. Il faut absolument que les pèrea el mères dignes de ce oom veillent à ce que leurs enfants, parvenus i l'âge d'apprendre, reçoivent l'enseignement religieux, et ne rencontrent dans l'école rien qui ble l.i loi ou la pureté des mœurs. Cette sollicitude pour l'éducalion <lc leurs enfants, c'est la loi divine, de concert avec la loi naturelle qui l'impose aux parents; et rien ne saurait les dispenser. L'Église gardienne et vengeresse de l'intégrité d< i i. et <iui, en vertu de la mission qu'elle a renie de Dieu, son auteur, doit appeler à la vérité chrétienne toutes les nations et surveiller avec soin les enseignements donnés à la jeunesse placée sous son autorité, l'Église a toujours condamné ouvertement les écoles appelées mixtes ou neutres, et a maintes fois averti les pères de famille, afin que, sur ce point si important, ils demeurassent toujours vigilants, toujours sur leurs gardes. Obéir ici à l'Église, c'est faire œuvre d'intérêt social, et pourvoir excellemment au salut commun. En effet, ceux dont la première éducation n'a pas ressenti l'influence de la religion grandissent sans avoir aucune notion des plus hautes vérités, de celles qui peuvent seules entretenir dans l'homme l'amour de la vertu et l'aider à dominer ses passions mauvaises. Telles sont les notions qui affirment un Dieu créateur, juge et vengeur, les récompenses et les châtiments de la vie future, les secours célestes que Jésus-Christ Nous offre pour l'accomplissement consciencieux et saint de tous Nos devoirs. Sans cet enseignement, toute culture des intelligences restera une culture malsaine. Des jeunes gens, auxquels on n'aura point inspiré la crainte de Dieu, ne pourront supporter aucune des règles desquelles dépend l'honnêteté de la vie; ne sachant rien refusera leurs passions, ils se laisseront facilement entraîner à jeter le trouble dans l'État.

CHAPIT1 m

.. Considéroo maintenant le mi 61 alul i établis entre l'autorité ipiritaelle el fautorii temporelle pai

un rch.iii •(• i.'(-i|ii(ti|iit' des droite el des devoii De m< ne qu'il j i ici-bas deux grande civile, qui I |

lin prochaine de procurer an genre humain les biens de l'oi temporel el terrestre, el la Bociété reli ieuse, donl le bal de conduire les bommes au vrai bonheur, rnHIe

cité du ciel pour laquelle ils ool été i de même il j s deui puissances, soumises l'une «it l'autre à la loi naturelle el i nelle, et chargées de pounroirj chacune dan phère, ;niv choses soumises a leur empire. Mais toutes les fois qu'il i de régler ce qui, à îles titres divers el pour des motifs divers aussi, intéresse les deui pouvoirs, le bien public demanda

e qu'un accord s'établisse entre eux. nue cel accord vienne à disparaître, aussitôt se produit une sorte d'inquiétudt • d'instabilité qui ne peut se concilier avec la sécurité de l'Église, ni avec celle «le l'État, et voilà pourquoi, lorsqu'un ordre de choses a été publiquement établi au moyen de conventi entre la puissance ecclésiastique el la puissance civile, l'intérél public, non moins que l'équité, exige que l'accord demeure entier: car si des deux côtés on se rend de mutuels servi des deux côtés aussi on recueille le bénéfice de cette entente réciproque.

» En France, au commencement de ce siècle, au sortir i grandes agitations et du régime de la Terreur, les chefs du gouvernement eux-mêmes comprirent que le meilleur moyen de relever la société fatiguée de tant de ruines était de rétablir la religion catholique. En prévision désavantages futurs. Pie Vil. Notre prédécesseur, se prêta aux désirs du premier consul, poussant la condescendance et l'indulgence aussi loin que le devoir de sa charge le lui permit. — On convint des points principaux, on posa des fondements et on ouvrit une voie sûre aurétablissement de la religion et à son affennissement progressif. Et, en effet, de cette époque et dans la suite, plusieurs me-

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sûres que conseillai! la prudence furent adoptées pour la sûreté el l'honneur de l'Église. Il en résulta de grands avantaj d'autant plus appréciables qu'en France, les intérêts religieui étaient auparavant plus compromis et presque désespérés. La dignité de la religion Fut de nouveau publiquement boni les institutions chrétiennes reprirent rie. Hais, en même temps, la patrie recueillit de ce fait seul de menreilleui avantages. Sortant à peine des agitations de la tempête, dans son ardent désir de fonder solidement la tranquillité el l'ordre de l'État, elle comprit que la religion catholique lui offrait heureusement ces avantages, et la pensée d'un Concordat fut alors celle d'un

e politique, habile à pourvoir au bien public. A défaut donc d'autres raisons, il suffirait aujourd'hui, pour maintenir la paix, des motifs qui l'ont autrefois fait conclure. Car, dans cette ardeur générale qui pousse aux nouveautés, de toute sorte, dans cette attente inquiète d'un avenir inconnu, c'est commettre une capitale imprudence que de semer des germes de discorde entre les deux pouvoirs et de mettre obstacle à la bienfaisante action de l'Église.

» Et pourtant, en ces derniers temps, Nous voyons avec anxiété apparaître ce péril; car il y a déjà des actes et d'autres se préparent, opposés au bien de l'Église, tandis que des ennemis de la religion s'acharnent à rendre le catholicisme suspect et odieux, en le signalant comme l'ennemi de l'État. Le dessein de ceux qui aspirent a la séparation de l'Église et de l'État, et veulent rompre tôt ou tard l'accord salutaire et légalement conclu avec le Siège Apostolique, ne Nous cause pas moins de sollicitude et d'angoisse.

» Dans ces circonstances, Nous n'avons, de Notre coté, rien omis, de ce que les temps semblaient réclamer. Nous avons ordonné, aussi souvent qu'il le parut nécessaire à Notre Nonce apostolique, de porter des réclamations et ceux qui gouvernent la chose publique ont attesté les recevoir avec des dispositions équitables. Nous-mème, quand fut porté le décret de suppres-

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